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viernes, 20 de junio de 2014

Felipe VI, nouveau roi et renouveau royal en Espagne

Les cérémonies de couronnement du nouveau roi d'Espagne se sont déroulées hier, 19 juin. Felipe VI a prêté serment et fait son discours d'intronisation devant le Parlement à Madrid. Il s'est employé à séduire alors qu'il hérite de la lourde tâche de redorer le blason de la monarchie espagnole.
Felipe VI, Letizia et les infantas Leonor et Sofia.
Le message clé : renouvellement
La monarchie est encore loin d'être enterrée puisqu'une majorité d'Espagnols y est semble-t-il attachée, mais les déboires de Juan Carlos sur son yacht, ou à la chasse à l'éléphant ainsi que la mise en examen de l'infante Cristina après celle de son handballeur de mari ont ébranlé la popularité de la Casa Real. Ce désamour est particulièrement notable auprès des jeunes et des électeurs de gauche.

Dans ce contexte, il était vital que Felipe VI montre une volonté de rupture avec le passé, au moment de monter sur le trône. Bon, évidemment, ça fait 40 ans que le petit Felipe se prépare pour devenir roi et on ne risquait pas de le voir faire la révolution et envoyer balader toutes les convenances... Comme le protocole l'imposait, il a prêté serment en uniforme militaire et a reçu de son père la ceinture rouge de capitaine général des armées, mais quand même, pour les observateurs avertis, il semblerait qu'un air frais souffle au Palais.

Sans aucun doute conscient de l'enjeu de l'exercice, Felipe VI a multiplié les signes de cette volonté de "renouveau" :
1) la cérémonie a été laïque, et contrairement à ce qui s'était passé pour son père il y a 39 ans, il n'y a pas eu de messe célébrée à la cathédrale.

2) Seule Elena, une des deux "infantas", soeurs du nouveau roi a assisté à la cérémonie, avec son fils Froilan : Cristina et sa famille n'étaient pas présents.

3) Par un effet bienvenu de l'organisation des cérémonies, Juan Carlos n'était pas présent lorsque Felipe a prêté serment puisqu'il l'a laissé au Palais de la Zarzuela où le père avait remis la ceinture rouge au fils.

4) Prenant ses distances avec les affaires, il a promis "une monarchie intègre, honnête et transparente".

5) A part le gimmick lui-même de "monarchie renouvelée pour des temps nouveaux" déjà martelé auparavant et visiblement le message que la Casa Real voulait imposer dans les esprits, Felipe VI a filé la métaphore en déclarant aborder son règne avec "l'esprit ouvert et novateur qui inspire les hommes et des femmes de [sa] génération", tout au long d'un discours qui se voulait résolument ancré dans son siècle, où ont eu droit de cité nouvelles technologies, environnement et rôle de la femme dans la société.

6) Last but not least, à en croire les commentateurs de la chaîne antena 3, c'est ce même désir de renouveau et de proximité avec le peuple qui a amené Felipe à effectuer debout dans une voiture découverte le chemin qui l'a amené du Congrès des Députés au Palais Royal...
S'il ne fallait qu'un tour en voiture découverte pour se rapprocher du peuple, je pense qu'on verrait plus souvent nos gouvernants se balader en décapotable (en France c'est ptet plus hasardeux, vu les conditions météo du dernier début de mandat!)), mais ce n'est que mon avis !

Dans les boutiques, drapeau et photo du couple royal: 
moderne, non?

Féminisme et modernité!
Les commentateurs voient dans cette modernité et humilité affichées l'influence de sa femme, Letizia Ortiz, une "roturière", ex-présentatrice télé et divorcée! Letizia, issue de la classe moyenne, avec qui Felipe s'est marié par amour (ça c'est moderne!) souhaiterait, disent-ils, oeuvrer pour rapprocher la monarchie de ses sujets et de leurs préocupations.
La rumeur court notamment que le couple royal prendrait comme première mesure la suppression de la révérence pour les dames... Hé ouais, on y pense pas assez, mais il est vrai que c'est une injustice criante : on a vu Mesdames les ministres esquisser cette petite génuflexion devant le roi puis hésiter devant Letizia, tandis que Messieurs les ministres leur tendaient la main normalement.

En 2014, c'est vrai que c'est un peu has-been, alors pourquoi pas supprimer la révérence, ça coûte rien et ça fait moderne. En revanche, si je puis me permettre, ce n'est peut-être pas la première préoccupation des Espagnols...

Le discours du Roi en intégralité  

miércoles, 11 de junio de 2014

Felipe de Asturias sera Felipe VI

Depuis l'abdication de Juan Carlos I, le 2 juin, le processus de succession est en cours au sein des institutions espagnoles, qui se préparent pour permettre la proclamation du nouveau roi, Felipe VI, le 19 juin, au Parlement à Madrid.
Evidemment, le sujet occupe l'espace public et les débats sur le processus lui-même s'étendent au bien-fondé et à l'avenir de la monarchie parlementaire.

Ce qui a frappé la Française que je suis, tellement habituée à la République et à voter pour élire son président, que devenir chef d'Etat parce qu'on est né dans la bonne famille au bon moment, paraît une aberration doublée d'une injustice héritée d'un autre âge, c'est le nombre de gens comme vous et moi, les pieds bien dans le XXIe siècle, sans jabot ou perruque poudrée, et pas forcément grenouilles de bénitier ou va-t-en-guerre, qui sont plutôt favorables à ce que Felipe succède à son père, Juan Carlos.

La monarchie espagnole en crise? 
- Oui il y a eu des manifestations en faveur de la République, le 2 juin dernier, et ce dimanche, les photos ci-dessous ont tourné côte-à-côte sur les réseaux sociaux, pour tourner en ridicule la poignée de monarchistes qui a souhaité faire une contre-manifestation "en faveur de la constitution espagnole et de la monarchie parlementaire", samedi 7 juin.
http://www.huffingtonpost.es/2014/06/02/fotos-republica_n_5434110.html?utm_hp_ref=spain
En faveur de la République - GTRES

En faveur de la Monarchie, samedi 7/6/2014




- Oui, une semaine après l'abdication, dans 40 villes d'Espagne, des milliers de personnes manifestaient à nouveau pour un référendum et le droit de décider si oui ou non Felipe doit monter sur le trône.


- Oui, il y a une érosion de la popularité des Bourbons, comme le montre le graphique ci-dessous
http://www.eldiario.es/agendapublica/nueva-politica/monarca-debera-escuchar-jovenes-izquierda_0_266674440.html
Moyenne de "confiance dans l'Institution Monarchique". Echelle d'autopositionnement idéologique. Source CIS.

- Oui, il y a eu des remous lorsque le journal satirique El jueves s'est vu censurer une "une" jugée trop "sans-culotte" (à droite ci-dessous, le roi remet une couronne nauséabonde à son fils) par sa maison d'édition

http://www.elperiodico.com/es/noticias/politica/dibujantes-jueves-acusan-rba-censura-portada-rey-3292359

Une majorité d'Espagnols en faveur de la monarchie 

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne voient pas d'un mauvais oeil que l'Espagne demeure une monarchie parlementaire, à commencer par les deux principaux partis, Partido Popular (PP) et Partido socialista obrero espagnol (PSOE, parti socialiste), qui vont voter au Parlement la loi organique nécessaire à la succession et dont les leaders ont été impliqués dans la préparation de l'abdication.

Alors... que le PP, qui rassemble les différents courants de la droite, parmi lesquels les plus conservateurs, les héritiers du franquisme, les monarchistes, les catholiques, etc... soit un bastion de la monarchie, ça paraît logique, mais que le Parti socialiste ouvrier espagnol y soit favorable (seuls deux députés PSOE ont réclamé la liberté de vote pour le vote de la loi organique d'abdication, et s'ils rompent la discipline du parti, ils recevront une amende de 400€) vous avouerez que ce n'est pas totalement évident...

Et selon un sondage metroscopia pour El País, une majorité des Espagnols serait favorable à un référendum (62%), mais près de la moitié des interviewés déclare être, dans ce cas, disposés à voter pour une monarchie et pour Felipe comme roi. Et même chez les votants socialistes, on compte plus de potentiels votants pour la monarchie que pour la république (46% vs 43% respectivement)!

"Un référendum devrait-il être organisé pour que les Espagnols décident s'ils préfèrent que l'Espagne demeure une monarchie?" 
Sondage Metroscopia pour EL PAIS

Dans le cadre d'un référendum où vous seriez appelés à choisir entre une monarchie avec Don Felipe comme roi et une République présidée par une figure publique d'importance, que choisiriez-vous? 

http://elpais.com/elpais/2014/06/06/media/1402074496_679180.html
Sondage Metroscopia pour EL PAIS
49% une monarchie avec Don Felipe comme roi (79% chez les votants PP, 46% votants PSOE; 7% votants IU)
36% une république présidée par une figure publique d'importance. (11% PP, 43% PSOE; 86% IU)
PP: Parti Populaire; PSOE: Parti socialiste; IU: Izquierda Unida, gauche unie. 


5 raisons du soutien des Espagnols à la monarchie

1) D'abord la popularité de la monarchie a tenu au rôle et à la personnalité de Juan Carlos, et pendant longtemps, on a compté plus de juancarlistas, dont j'ai déjà parlé dans mon post sur l'abdication du roi, que de monarchistes en Espagne. Des 2 bords, certains voyaient en lui un rempart contre leur pire cauchemar: rempart contre le retour de la dictature militaire pour les uns, rempart contre la "chienlit" dont parlait un grand démocrate bien de chez nous, pour les autres.   

2) Le roi est une figure publique stable, une institution, par définition: l'homme incarne la fonction, il devient un symbole de l'unité d'une nation, comme le drapeau, ou l'hymne, et il est bon que la représentation de l'Etat-nation s'inscrive dans la durée.

3) Le roi est une figure apolitique, disent les partisans de la monarchie parlementaire, une figure publique, qui représente l'Etat espagnol dans la continuité, indépendament des orientations partisanes et sans être soumis à la temporalité des débats politiques.

3 bis) Dans sa fonction de représentation, il incarne l'Etat "sans arrières-pensées", et peut intervenir dans des moments de communion nationale, aussi bien festifs de tragiques, sans être soupçonné de vouloir récupérer l'événement pour des raisons électoralistes.

3 ter) Il voit justement ses pouvoirs limités à des fonctions de représentation, qu'il remplit aussi bien que n'importe qui, voire mieux puisqu'il parle a priori plus de langues que nos élus, et a été formé au protocole et n'empochera pas le stylo qui a servi à signer l'accord intergouvernemental devant les caméras du monde entier...

4) Le roi dans une monarchie parlementaire est contrôlé par le Parlement, par les élus, et c'est donc le peuple, qui décide in-fine des pouvoirs, du traitement et des droits qui sont accordés au souverain et à sa famille. Cela évite d'une part, les dérives d'un Président issu de la majorité qui pourrait, se faire voter des pouvoirs extraordinaires, ou, suivez mon regard, une augmentations de salaire, et d'autre part, le risque d'abus de biens...

5) Se sachant sur un siège éjectable, dépendant de la volonté du peuple, mais sans être totalement légitimé par un suffrage universel, le roi, par une sorte de mécanisme d'auto-censure, agirait dans le cadre de ses pouvoirs limités, de manière plus modérée, et dans l'intérêt réel et à long-terme du pays, alors qu'un Président issu d'un mouvement politique et qui connaîtrait la fin de son mandat, serait plus tenté de profiter au maximum des ors de la République, personnellement, ou dans l'intérêt de son parti.

Des arguments qui peuvent être débattus et pour certains retournés facilement mais qui prêtent à réfléchir à notre Ve République et aux garde-fous du pouvoir, non?

Plus d'infos et d'avis sur la question (pour les hispanophones):
Luis Arroyo: Para que sirve un rey
Agenda Pública: La legitimidad de Felipe VI pasa por la izquierda y los jóvenes
El País: La mayoría de Españoles desea una consulta sobre el modelo de Estado
Dossier de El País sur l'abdication du roi 


jueves, 29 de octubre de 2009

C'est déjà Noël à Madrid

ça y est, noël approche !

non je vous promets je ne suis pas totalement gaga, mais un des premiers signaux de l'approche des fêtes de las navidades s'est déclenché : on achète les billets de loterie.

Depuis quelques jours déjà, sur le pavé de la Gran via, on attend patiemment son tour devant l'échoppe de loterie de Doña Manolita. Ce week-end sur les chaînes nationales, on a pu voir les traditionnels reportages autour de la frénésie de la Lotería de la Navidad (Loterie de Noël), la plus grosse cagnotte de l'année qui a lieu le 22 décembre, surnommée El Gordo (le gros).



Je ne vous resortirai pas les savantes explications sur les decimos, le Gordo, la loterie du niño (de l'enfant)... (voir post de 2008) Non, en revanche, je vous annonce que cette année les numéros les plus convoités sont les 2020, 2016 et 1918.

Ces chiffres ont tous une signification importante pour les superstitieux : 1918 par exemple est l'année où une grande épidémie de grippe terrassa l'Europe, l'analogie avec la grippe A étant tout à fait évidente, non ?

Quoi qu'il en soit, le tirage sera retransmis à la télé comme chaque année le 22 décembre, et on verra les petits enfants chanter les résultats, comme chaque année (voir photo). Il y a des choses comme ça, qui font que l'Espagne reste l'Espagne "de toda la vida".

Bon sur ce, je m'en vais acheter le billet pour les membres de la famille de mon bel hidalgo, qui, comme la quasi-totalité des Espagnols, espèrent bien que cette année ce ne sera pas leur voisin mais bien eux, qui ne seront pas obligés d'aller travailler, après les festivités !

martes, 27 de octubre de 2009

Douceurs de la Toussaint : les beignets

L'an dernier je vous parlais des os de saint, los huesos de santo, petits rouleaux de pâte d'amande, une des patisseries typiques de la Toussaint en Espagne.

L'époque étant à nouveau à la "fête des morts", je viens de découvrir qu'on mange aussi une autre douceur, que nous connaissons bien cette fois mais que je n'aurais pas imaginé spécialité de Toussaint : les buñuelos qu'on traduit par beignets mais qui m'ont paru plus proche de nos choux patissiers, comme ceux qu'on verrait dans les pièces montées.

Il semblerait qu'ils soient d'origine de Jaén (en Andalousie), mais on les trouve en ce moment dans les patisseries artisanales de Madrid, à côté des huesos de santo en pâte d'amande ou en chocolat. J'ai pu en déguster d'une patisserie "de toda la vida*" de Palencia (en Castill : légers, fondants, fourrés de crème chantilly, une bouchée et on se croirait au paradis... On les voit sur la photo ci-dessous, en haut à droite.



Autant pendant l'année, la patisserie espagnole me paraît de bien piètre qualité, grasse et peu élaborée, autant pour les événements ponctuels, les spécialités me surprennent agréablement.

Et ça n'en finit pas de me séduire cette idée de la Toussaint gourmande : on se souvient des absents, qui nous ont quittés, mais on ne se laisse pas abattre ! Et un peu de douceur en ce début d'automne n'est pas mal venue !!

* l'expression "de toda la vida" (de toute la vie) fait référence à des éléments traditionnels de la société espagnole, qui n'ont pas changé depuis longtemps. On l'utilise pour parler de personnes, de familles ou de commerces, par exemple, qui sont devenues des institutions. Parfois, cela peut prendre le sens péjoratif de vieillot ou de conservateur.

viernes, 9 de octubre de 2009

Puente del pilar, le pont du pilier et les piliers des ponts

Diantre mais cela fait bientôt 3 semaines que je n'ai pas écrit!!

Bon il faut dire que je n'ai pas chômé ces derniers temps : je suis allée à Vichy pour le boulot (et ben ouais à Vichy y a pas que des gens qui font trempette ou boivent de l'eau à bulles) en passant par la Lorraine avec mes sabots par Lyon, et en revenant par Paris, histoire de revoir ma Normandie mes amis !

Et voilà, je suis claquée mais vous inquiétez pas pour moi (en dépit de mes blagounettes qui en disent long sur mon état de fatigue) : je profite une nouvelle fois des bonheurs du calendrier laboral espagnol et d'un nouveau pont-que-personne-sait-pourquoi-c'est-férié... aussi connu comme "arrête de poser des questions idiotes, et prends la voiture : on va se faire un week-end à la campagne".


Du coup en ce week-end de Puente del Pilar, la DGT (Dirección General de Tráfico) prévoit 4,8 millions de déplacements ! Ce qui signifie un bon paquet de bouchons aux entrées et sorties de Madrid et des grands centres urbains...
Et ben si c'est comme ça, moi je reste chez moi et je profite de la douceur angevine madrilène pour 3 jours !

Pour ceux qui auraient pas compris, le puente del pilar c'est le pont du pilier.

Voilà, ça méritait bien un jour férié les piliers... au moins autant que la fête des pères !

- Nan en vrai me dit mon spécialiste es-Espagne, c'est férié parce que le 12 octobre c'est leur 14 juillet : el dia de l'hispanidad, le jour de l'hispanité, la fête nationale.

- Et ça s'appelle "pont du pilier" parce que ça coïncide avec le jour de la patronne de la région d'Aragón : la vierge du pilier, virgen del pilar, célébré à grand renfort de processions à Saragosse, la capitale de cette communauté autonome du nord-est de l'Espagne. Où on retrouve, une fois de plus l'influence catholique dans le langage et la vie courante des Espagnols...

Bon je vous laisse, vais profiter de mon looooooong week-end de 3 jours. Ah et ralez pas hein... je vous rappelle qu'on bosse 40 heures par semaine, qu'on a seulement 4 semaines de congés payés et qu'ici les RTT on sait pas ce que c'est !

sábado, 8 de agosto de 2009

Madrid en août : concerts et fiestas de San Cayetano, San Lorenzo et Virgen de la Paloma

Madrid se vide petit à petit de ses habitants, remplacés par les touristes qui cuisent dans la fournaise de l'été madrilène comme des homards dans l'eau bouillante (sympa l'expression, non ? ben je vous assure que c'est l'impression que ça donne ;o).

Pourtant, Madrid n'est pas un désert envahi par des hordes de touristes... la ville vit, derrière les persiennes pendant la journée, et le soir sur les terrasses où les places sont toujours aussi chères. Et les nuits sont aussi chaudes que les journées !

Concerts gratuits des étés de la ville

Hier soir, nous étions au temple de Debod, temple égyptien reconstruit dans un des nombreux parcs de la ville, pour un des concerts gratuits du festival Veranos de la villa qui propose plusieurs dizaines de spectacles de toutes les disciplines, théâtre, flamenco, concerts... Pour nous ce fut un moment hors du temps, musique traditionnelle grecque devant un temple égyptien au soleil couchant, un moment magique.


La Paloma, San Lorenzo, les fêtes les plus castizas de l'année

Plus typiques et populaires, les fêtes de quartier de la Latina et de Lavapiès animent également les nuits madrilènes en août.
Autour du 7 et jusqu'au 15 août, les fêtes de la San Cayetano (7 août), à Lavapiés, et celles de San Lorenzo (10 août) et de La Paloma (15 août), dans le quartier de La Latina, font vibrer les quartiers populaires du centre madrilène de musiques et de couleurs.


Les verbenas de la Paloma en particulier sont réputées pour être les plus typiquement madrilènes (l'adjectif castizo désigne les habitants madrilènes de souche dans le langage populaire) : de Cascorro, d'où part le rastro, marché aux puces du dimanche, à la Latina, les bals, les danses traditionnels et les concerts s'enchaînent. Le spectacle n'est pas que sur scène : beaucoup de gens portent à cette occasion le costume traditionnel madrilène qu'on voit aussi à la san Isidro. Sur les pelouses ou dans la rue, on mange, on rit, on boit, entouré de chulapos y chulapas en costumes.

Des fêtes d'origine religieuse devenues multiculturelles
En Espagne, la religion catholique n'est jamais loin. Comme le nom l'indique, l'origine de ces fêtes est religieuse : historiquement les habitants des quartiers de La Latina et de Lavapiés rendaient hommage à leurs saints patrons, Saint Gaëtan, Saint Laurent, et à la Vierge de la Paloma en revêtant ces costumes du 19 ème siècle typiques de Madrid et en descendant dans les rues.

Encore aujourd'hui, des processions religieuses sont organisées dans la soirée, même si ces fiestas sont désormais à l'image des habitants de ces quartiers, cosmopolites et populaires, et la date, tout simplement une occasion supplémentaire de faire la fête.

Infos sur le programme culturel à Madrid : esmadrid.com
Quelques images des fêtes de quartier à Madrid sur FlickR
Crédits photos: Le temple de Debod de R.Duran et chulapos y chulapas de alicetiara

martes, 28 de julio de 2009

La pedida de toros: on veut des taureaux à Tudela de Duero

Toros si ! Vacas No ! Vaches ou taureaux pour les fêtes du village ? Chaque année, à Tudela de Duero, la question revient sur le tapis et chaque année les habitants de ce village de Castille s'égosillent pour qu'on ne les prive pas de taureaux pour les fêtes du 15 août.

Vous vous souvenez d'Astérix en Hispanie ?
Dans la BD, dans chaque ville où passe Astérix et Obélix, il suffit d'un olé murmuré pour que tous les habitants se mettent à danser et à chanter. Vous vous souvenez ?
Eh bien, même si ça fait cliché, cette image de fiesta permanente me vient souvent à l'esprit depuis que j'habite en Espagne. Non que la vie à Madrid soit une fête perpétuelle mais il faut avouer que les fiestas sont fréquentes et surtout que tout est prétexte à faire la fête !

Tudela de Duero est un gros village de la province de Valladolid, et il n'a rien d'exceptionnel.
Sauf que...
Fin mai, c'est la fête de l'exaltation de l'asperge (déjà fallait y penser).
Le 15 août, c'est l'Assomption, comme en France et les autres pays de tradition catholique. Sauf qu'à Tudela, la fête de Nuestra Señora de Asuncion y San Roque débute la veille par une verbena (une "veillée", avec bal populaire et fête en bonne et due forme) et dure jusqu'au 18 août. 3 jours au cours desquels se succèdent verbenas, courses de taureaux dans les rues (encierros) et corridas. Et c'est justement pour préparer ces fêtes qu'on en fait une autre, la pedida de toros, qui s'est déroulée ce week-end dans ce gros bourg de 8 000 habitants.


La 'Pedida de toros' (la demande des taureaux) c'est tous les ans, le 24 juillet, veille du jour du saint patron de Tudela, Santiago. Vers une heure du matin, les habitants et les associations de voisins (peñas) se rassemblent sur la place principale. Le maire de Tudela arrive sur la scène à 1 heure et se lance dans un discours à ses chers concitoyens où il annonce que cette année, c'est la crise, que les caisses du village sont vides et qu'il faudra donc se contenter de vaches pour les encierros, les courses bovines du 15 août.

Les habitants le huent, protestent bruyamment et scandent «Toros sí, vacas no» : on veut pas de vaches, on veut des taureaux ! Après quelques simagrées, le maire finit par céder et promet qu'il n'y aura pas de pauvres vachettes pour les encierros mais bien de beaux et mâles toros.

Tous le village explose de joie et entonne le refrain habituel "ay, fogato, ay fogato, que paliza que te van a dar, por ir a pedir los toros, sabiendo que no los hay" et c'est parti pour le bal avec orchestre où jeunes et vieux se trémoussent sans complexes, enchaînant les copas (cocktails) et les paso dobles. Imaginez-vous un mariage avec sa chenille auquelle participerait tout un village... et ça, c'est seulement pour s'entraîner.

Un simulacre qui revient tous les ans, une tradition unique
Tous les ans, le maire refait son speech pour annoncer qu'il n'y aura que des vaches.
Et tous les ans le village fait semblant de le croire et demande des taureaux.
Et tous les ans ce sont des taureaux qui courent dans les rues du village barricadé, comme aux San Fermines à Pampelune.

Et quand on raconte cette tradition, nos amis Espagnols eux-mêmes hallucinent... Elle n'existe ou ne subsiste visiblement que dans quelques endroits et sous d'autres formes : dans la province de Zamora, par exemple, ou dans d'autres villes, ce sont les reines de beauté de l'année qui demandent au maire les taureaux pour les fêtes.

Flipa... comme ils disent !

jueves, 30 de octubre de 2008

Croque ton os

Je suis certainement entrée dans un continuum espace-temps parallèle, parce que nous voilà déjà à la veille de la Toussaint... alors qu'hier c'était la rentrée. Or wasn't it ?

Et c'est l'occasion pour moi de revenir sur l'une des spécificités de l'Espagne, qui partage avec la France le goût des bonnes choses...
enfin bonnes... chacun ses goûts!

Sans plus de blabla, puisque les jours raccourcissent, je vais aller, une fois n'est pas coutume, droit au but : les Espagnols célèbrent la Toussaint en... mangeant des os de saint!


Huesos de santo : une spécialité pour la fête des morts

Non, passés les Pyrénées, on est pas plus nécrophiles que dans l'hexagone...
On s'en serait douté, les huesos de santo sont une spécialité culinaire : il s'agit en fait d'une pâtisserie, ou plutôt d'une sucrerie. Faites de pâte d'amande, ces petites bouchées cylindriques blanchâtres sont façonnées en forme d'os de saints. Elles sont fourrées d'une crème très sucrée, ce sont des petits bombes énergétiques, parfaites pour aller rendre visite aux ancêtres dans les cimetières, sans craindre les frimas qui s'installent brutalement, en cette période de fête des morts...

Joyeux non ?