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viernes, 20 de junio de 2014

Felipe VI, nouveau roi et renouveau royal en Espagne

Les cérémonies de couronnement du nouveau roi d'Espagne se sont déroulées hier, 19 juin. Felipe VI a prêté serment et fait son discours d'intronisation devant le Parlement à Madrid. Il s'est employé à séduire alors qu'il hérite de la lourde tâche de redorer le blason de la monarchie espagnole.
Felipe VI, Letizia et les infantas Leonor et Sofia.
Le message clé : renouvellement
La monarchie est encore loin d'être enterrée puisqu'une majorité d'Espagnols y est semble-t-il attachée, mais les déboires de Juan Carlos sur son yacht, ou à la chasse à l'éléphant ainsi que la mise en examen de l'infante Cristina après celle de son handballeur de mari ont ébranlé la popularité de la Casa Real. Ce désamour est particulièrement notable auprès des jeunes et des électeurs de gauche.

Dans ce contexte, il était vital que Felipe VI montre une volonté de rupture avec le passé, au moment de monter sur le trône. Bon, évidemment, ça fait 40 ans que le petit Felipe se prépare pour devenir roi et on ne risquait pas de le voir faire la révolution et envoyer balader toutes les convenances... Comme le protocole l'imposait, il a prêté serment en uniforme militaire et a reçu de son père la ceinture rouge de capitaine général des armées, mais quand même, pour les observateurs avertis, il semblerait qu'un air frais souffle au Palais.

Sans aucun doute conscient de l'enjeu de l'exercice, Felipe VI a multiplié les signes de cette volonté de "renouveau" :
1) la cérémonie a été laïque, et contrairement à ce qui s'était passé pour son père il y a 39 ans, il n'y a pas eu de messe célébrée à la cathédrale.

2) Seule Elena, une des deux "infantas", soeurs du nouveau roi a assisté à la cérémonie, avec son fils Froilan : Cristina et sa famille n'étaient pas présents.

3) Par un effet bienvenu de l'organisation des cérémonies, Juan Carlos n'était pas présent lorsque Felipe a prêté serment puisqu'il l'a laissé au Palais de la Zarzuela où le père avait remis la ceinture rouge au fils.

4) Prenant ses distances avec les affaires, il a promis "une monarchie intègre, honnête et transparente".

5) A part le gimmick lui-même de "monarchie renouvelée pour des temps nouveaux" déjà martelé auparavant et visiblement le message que la Casa Real voulait imposer dans les esprits, Felipe VI a filé la métaphore en déclarant aborder son règne avec "l'esprit ouvert et novateur qui inspire les hommes et des femmes de [sa] génération", tout au long d'un discours qui se voulait résolument ancré dans son siècle, où ont eu droit de cité nouvelles technologies, environnement et rôle de la femme dans la société.

6) Last but not least, à en croire les commentateurs de la chaîne antena 3, c'est ce même désir de renouveau et de proximité avec le peuple qui a amené Felipe à effectuer debout dans une voiture découverte le chemin qui l'a amené du Congrès des Députés au Palais Royal...
S'il ne fallait qu'un tour en voiture découverte pour se rapprocher du peuple, je pense qu'on verrait plus souvent nos gouvernants se balader en décapotable (en France c'est ptet plus hasardeux, vu les conditions météo du dernier début de mandat!)), mais ce n'est que mon avis !

Dans les boutiques, drapeau et photo du couple royal: 
moderne, non?

Féminisme et modernité!
Les commentateurs voient dans cette modernité et humilité affichées l'influence de sa femme, Letizia Ortiz, une "roturière", ex-présentatrice télé et divorcée! Letizia, issue de la classe moyenne, avec qui Felipe s'est marié par amour (ça c'est moderne!) souhaiterait, disent-ils, oeuvrer pour rapprocher la monarchie de ses sujets et de leurs préocupations.
La rumeur court notamment que le couple royal prendrait comme première mesure la suppression de la révérence pour les dames... Hé ouais, on y pense pas assez, mais il est vrai que c'est une injustice criante : on a vu Mesdames les ministres esquisser cette petite génuflexion devant le roi puis hésiter devant Letizia, tandis que Messieurs les ministres leur tendaient la main normalement.

En 2014, c'est vrai que c'est un peu has-been, alors pourquoi pas supprimer la révérence, ça coûte rien et ça fait moderne. En revanche, si je puis me permettre, ce n'est peut-être pas la première préoccupation des Espagnols...

Le discours du Roi en intégralité  

miércoles, 11 de junio de 2014

Felipe de Asturias sera Felipe VI

Depuis l'abdication de Juan Carlos I, le 2 juin, le processus de succession est en cours au sein des institutions espagnoles, qui se préparent pour permettre la proclamation du nouveau roi, Felipe VI, le 19 juin, au Parlement à Madrid.
Evidemment, le sujet occupe l'espace public et les débats sur le processus lui-même s'étendent au bien-fondé et à l'avenir de la monarchie parlementaire.

Ce qui a frappé la Française que je suis, tellement habituée à la République et à voter pour élire son président, que devenir chef d'Etat parce qu'on est né dans la bonne famille au bon moment, paraît une aberration doublée d'une injustice héritée d'un autre âge, c'est le nombre de gens comme vous et moi, les pieds bien dans le XXIe siècle, sans jabot ou perruque poudrée, et pas forcément grenouilles de bénitier ou va-t-en-guerre, qui sont plutôt favorables à ce que Felipe succède à son père, Juan Carlos.

La monarchie espagnole en crise? 
- Oui il y a eu des manifestations en faveur de la République, le 2 juin dernier, et ce dimanche, les photos ci-dessous ont tourné côte-à-côte sur les réseaux sociaux, pour tourner en ridicule la poignée de monarchistes qui a souhaité faire une contre-manifestation "en faveur de la constitution espagnole et de la monarchie parlementaire", samedi 7 juin.
http://www.huffingtonpost.es/2014/06/02/fotos-republica_n_5434110.html?utm_hp_ref=spain
En faveur de la République - GTRES

En faveur de la Monarchie, samedi 7/6/2014




- Oui, une semaine après l'abdication, dans 40 villes d'Espagne, des milliers de personnes manifestaient à nouveau pour un référendum et le droit de décider si oui ou non Felipe doit monter sur le trône.


- Oui, il y a une érosion de la popularité des Bourbons, comme le montre le graphique ci-dessous
http://www.eldiario.es/agendapublica/nueva-politica/monarca-debera-escuchar-jovenes-izquierda_0_266674440.html
Moyenne de "confiance dans l'Institution Monarchique". Echelle d'autopositionnement idéologique. Source CIS.

- Oui, il y a eu des remous lorsque le journal satirique El jueves s'est vu censurer une "une" jugée trop "sans-culotte" (à droite ci-dessous, le roi remet une couronne nauséabonde à son fils) par sa maison d'édition

http://www.elperiodico.com/es/noticias/politica/dibujantes-jueves-acusan-rba-censura-portada-rey-3292359

Une majorité d'Espagnols en faveur de la monarchie 

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne voient pas d'un mauvais oeil que l'Espagne demeure une monarchie parlementaire, à commencer par les deux principaux partis, Partido Popular (PP) et Partido socialista obrero espagnol (PSOE, parti socialiste), qui vont voter au Parlement la loi organique nécessaire à la succession et dont les leaders ont été impliqués dans la préparation de l'abdication.

Alors... que le PP, qui rassemble les différents courants de la droite, parmi lesquels les plus conservateurs, les héritiers du franquisme, les monarchistes, les catholiques, etc... soit un bastion de la monarchie, ça paraît logique, mais que le Parti socialiste ouvrier espagnol y soit favorable (seuls deux députés PSOE ont réclamé la liberté de vote pour le vote de la loi organique d'abdication, et s'ils rompent la discipline du parti, ils recevront une amende de 400€) vous avouerez que ce n'est pas totalement évident...

Et selon un sondage metroscopia pour El País, une majorité des Espagnols serait favorable à un référendum (62%), mais près de la moitié des interviewés déclare être, dans ce cas, disposés à voter pour une monarchie et pour Felipe comme roi. Et même chez les votants socialistes, on compte plus de potentiels votants pour la monarchie que pour la république (46% vs 43% respectivement)!

"Un référendum devrait-il être organisé pour que les Espagnols décident s'ils préfèrent que l'Espagne demeure une monarchie?" 
Sondage Metroscopia pour EL PAIS

Dans le cadre d'un référendum où vous seriez appelés à choisir entre une monarchie avec Don Felipe comme roi et une République présidée par une figure publique d'importance, que choisiriez-vous? 

http://elpais.com/elpais/2014/06/06/media/1402074496_679180.html
Sondage Metroscopia pour EL PAIS
49% une monarchie avec Don Felipe comme roi (79% chez les votants PP, 46% votants PSOE; 7% votants IU)
36% une république présidée par une figure publique d'importance. (11% PP, 43% PSOE; 86% IU)
PP: Parti Populaire; PSOE: Parti socialiste; IU: Izquierda Unida, gauche unie. 


5 raisons du soutien des Espagnols à la monarchie

1) D'abord la popularité de la monarchie a tenu au rôle et à la personnalité de Juan Carlos, et pendant longtemps, on a compté plus de juancarlistas, dont j'ai déjà parlé dans mon post sur l'abdication du roi, que de monarchistes en Espagne. Des 2 bords, certains voyaient en lui un rempart contre leur pire cauchemar: rempart contre le retour de la dictature militaire pour les uns, rempart contre la "chienlit" dont parlait un grand démocrate bien de chez nous, pour les autres.   

2) Le roi est une figure publique stable, une institution, par définition: l'homme incarne la fonction, il devient un symbole de l'unité d'une nation, comme le drapeau, ou l'hymne, et il est bon que la représentation de l'Etat-nation s'inscrive dans la durée.

3) Le roi est une figure apolitique, disent les partisans de la monarchie parlementaire, une figure publique, qui représente l'Etat espagnol dans la continuité, indépendament des orientations partisanes et sans être soumis à la temporalité des débats politiques.

3 bis) Dans sa fonction de représentation, il incarne l'Etat "sans arrières-pensées", et peut intervenir dans des moments de communion nationale, aussi bien festifs de tragiques, sans être soupçonné de vouloir récupérer l'événement pour des raisons électoralistes.

3 ter) Il voit justement ses pouvoirs limités à des fonctions de représentation, qu'il remplit aussi bien que n'importe qui, voire mieux puisqu'il parle a priori plus de langues que nos élus, et a été formé au protocole et n'empochera pas le stylo qui a servi à signer l'accord intergouvernemental devant les caméras du monde entier...

4) Le roi dans une monarchie parlementaire est contrôlé par le Parlement, par les élus, et c'est donc le peuple, qui décide in-fine des pouvoirs, du traitement et des droits qui sont accordés au souverain et à sa famille. Cela évite d'une part, les dérives d'un Président issu de la majorité qui pourrait, se faire voter des pouvoirs extraordinaires, ou, suivez mon regard, une augmentations de salaire, et d'autre part, le risque d'abus de biens...

5) Se sachant sur un siège éjectable, dépendant de la volonté du peuple, mais sans être totalement légitimé par un suffrage universel, le roi, par une sorte de mécanisme d'auto-censure, agirait dans le cadre de ses pouvoirs limités, de manière plus modérée, et dans l'intérêt réel et à long-terme du pays, alors qu'un Président issu d'un mouvement politique et qui connaîtrait la fin de son mandat, serait plus tenté de profiter au maximum des ors de la République, personnellement, ou dans l'intérêt de son parti.

Des arguments qui peuvent être débattus et pour certains retournés facilement mais qui prêtent à réfléchir à notre Ve République et aux garde-fous du pouvoir, non?

Plus d'infos et d'avis sur la question (pour les hispanophones):
Luis Arroyo: Para que sirve un rey
Agenda Pública: La legitimidad de Felipe VI pasa por la izquierda y los jóvenes
El País: La mayoría de Españoles desea una consulta sobre el modelo de Estado
Dossier de El País sur l'abdication du roi 


lunes, 2 de junio de 2014

Le Roi Juan Carlos I a abdiqué le 2 juin 2014

Le Roi Juan Carlos I a abdiqué aujourd'hui, lundi 2 juin 2014, au profit de son fils, Felipe, Prince d'Asturies. Mariano Rajoy, chef du gouvernement, a fait l'annonce de la décision du roi dans la matinée, et Juan Carlos s'est exprimé à la télévision et à la radio à 13 heures pour expliquer les raisons d'une décision qu'il dit "motivée par des raisons politiques et le besoin de renouveau  de l'Espagne".

http://s2.lemde.fr/image/2014/06/02/534x267/4430239_3_0845_le-prince-felipe-prendra-la-succession-de-son_36a53a128fc3af811ef43728df0108d7.jpg

Décidément!!!! la Roja qui remporte la coupe d'Europe, puis du monde, la crise économique du siècle, le mouvement des indignés du 15M, la fin du bipartisme, la démission du Pape (oops, je m'emballe...), j'ai été témoin en 6 ans en Espagne d'événements historiques sans précédents!

Evidemment, vu de France, la monarchie paraît un brin obsolète, et on pourrait ne voir dans ce roi qui abdique qu'une anedcote, une rémanence folklorique coûteuse au pire, un archaïsme au charme surrané et exotique au mieux.
 
Mais le départ de Juan Carlos est un événement important non seulement en raison du rôle qu'il a joué dans l'histoire de la démocratie espagnole, que même ses détracteurs reconnaissent comme fondamental, mais aussi de par les interrogations qu'il ouvre pour l'avenir de la monarchie dans une Espagne en crise.

Un symbole de stabilité et d'unité du "royaume d'Espagne" qui disparaît
Le Roi Juan Carlos I, arrivé sur le trône en 1975, à la mort de Franco qui l'avait désigné comme son successeur, a longtemps eu des partisans dans tous les camps politiques et dans toutes les couches de la population. On compte des "carlistas" (partisans de Juan Carlos) à droite bien sûr, mais aussi parmi à gauche, chez les Républicains(!) car beaucoup considèrent qu'il a agi, dans la transition démocratique, comme un rempart contre un coup d'état militaire et un retour de la dictature. Son rôle dans la crise du "23F" en 1981, tentative de putsch raté, qu'il a contribué à faire échouer en n'apportant pas son soutien aux putschistes, explique notamment sa popularité.

Une autre raison est qu'il a su trouver le ton juste dans son rôle de chef d'Etat: maniant l'humilité sans être dépourvu de ce qu'on pourrait appeler un certain "panache", à différents moments (cherchez par exemple "por qué no te callas" sur google, la phrase a fait son petit effet...) , assumant son rôle de représentation sans interférer dans les politiques menées par les gouvernements successifs, mais en assurant une place à l'Espagne dans le concert des Nations. La sympathie dont il a bénéficié viendrait aussi de son côté proche du peuple, paradoxalement. D'un côté, on ridiculise volontiers "los Borbones" (les Bourbons), de l'autre, on salue la simplicité bonhomme du roi.

La fin d'une ère, un changement... 
... de génération? 
Pourtant cette popularité s'est émoussée et l'abdication marque aussi la fin d'une ère, avec le départ d'un homme dont les frasques récentes (parties de chasse en Afrique et maîtresse connue de tous, installée sur la propriété du roi...) ont fait perdre une grande part du respect que les Espagnols portaient à la monarchie. Les affaires touchant son gendre, Urdangarin et sa fille, l'infante Cristina, ont contribué également à ouvrir une faille dans l'estime dont bénéficiait la famille royale.
Juan Carlos explique d'ailleurs son départ au nom du "renouveau" dont l'Espagne a besoin, et annonce qu'"une nouvelle génération est prête [...] pour affronter les défis de demain".
Son fils se prépare à affronter non seulement cette crise de désamour, mais aussi le possible éclatement de l'Espagne, avec les projets de la Communauté autonome de Catalogne de consulter les Catalans sur l'autonomie de leur région. 

"La révolution ne sera peut-être pas télévisée", mais l'abdication du roi a été twitée! 
La Casa Real a annoncé sur twitter l'abdication en images et aussitôt, les hashtags sur le départ du roi se sont multipliés, certains ironiques, d'autres respectueux. #Gracias Majestad, #el ReyAbdica...

... de régime ? 
Très vite, les twittos ont relayé l'information que 3 formations politiques de gauche appelaient à un référendum pour décider de la suite à donner à cette abdication. En principe, les textes prévoient qu'avec un Conseil des Ministres exceptionnel et une loi, la succession du Prince Felipe sur le trône soit assurée dans les semaines qui viennent. Mais Podemos, Izquierda Unida et Equo, partis de gauche et écologistes, réclament l'organisation d'un référendum pour en décider, souhaitant que le Prince Felipe se soumette à la volonté du peuple exprimée par les urnes.

Ce soir, la Puerta del Sol de Madrid est devenue une fois de plus l'épicentre des manifestations organisées dans toute l'Espagne par ceux qui réclament le changement : changement en faveur de la République et pour l'organisation d'un référendum pour que les Espagnols puissent décider s'ils veulent encore de la Monarchie. Les drapeaux de la République Espagnole (rouge,or et violet, drapeau de la IIe République, de 1931 à 1939) flottaient sur la place, tandis que les hashtags #IIIRepublica et "#AporlaTerceraRepublica sont devenus trending topics sur twitter!

Affaire à suivre! 

PS: Voir le photorama du figaro pour plus d'infos sur le règne de Juan Carlos Ie en images. 

miércoles, 29 de septiembre de 2010

Grève générale en Espagne

Le célèbre Oso y Madroño, symbole de Madrid, arbore ce matin les couleurs de l'appel à la grève.
@claudioalvarez: Puerta del Sol, Madrid. (Foto: Claudio Álvarez)

Une grève, bonjour l'info, me direz-vous...
Ok, c'est rien de bien nouveau pour nous Français.
Mais tout de même, c'est différent : d'abord pour les débats provoqués depuis des semaines, faut-il y aller ou ne pas y aller?... N'est-ce pas pécher que de faire grève sous un gouvernement socialiste? Peut-on être créateur d'entreprise et éviter de condamner les personnes qui seront dans les manifs?

Des débats parfois vains, mais qui ont eu le mérite d'exister et rien que ça, c'est raffraichissant, pour nous les pros du mouvement social, habitués à être simplement divisés entre ceux qui font grève (les profs syndiqués, les fonctionnaires, les transports, et c'est à peu près tout, pour autant que je sache) et ceux qui la font pas (les autres), tout le monde étant toutefois d'accord que le droit de grève est inaliéable.

- Ensuite, les "piquets" existent ici, même en ville, par exemple devant le magasin Corte Inglés, l'insitution de la grande distribution ibérique. Et la police se place en face, pour protéger. Et ça, c'est impressionnant : on se croirait revenus au temps de la lutte des classes, au temps des corons, ou transportés à Berlin, pour les manifs du 1e mai à Prenzlauerberg...

Enfin, la différence c'est que les manifs (prévues à la fin de l'aprèm à Madrid) seront certainement un grand mélange de fête et de revendications.

Oui mais à quoi bon, entend-on... Qu'est-ce que ça changera?

Et effectivement on ne voit pas ce que pourrait modifier le gouvernement dans sa feuille de route, n'ayant aucune marge de manoeuvre. Mais comme dit un ami, il faut faire grève parce que c'est pire de pas la faire... la majorité des grèvistes suivront ce "mot d'ordre"
Ils sont grévistes pour envoyer un message de mécontentement au gouvernement. Parce qu'ils ont l'impression qu'on leur en fait subir de plus en plus, et qu'eux se laissent faire comme des moutons...
Ils sont grévistes à cause de cette envie de dire "Basta ya"... ça suffit!
Un geste, sans être dupe, sans espoir forcément de changer le monde, mais une manière de retrouver une dignité.

Bref, une grève qui ne fait peut-être pas rêver grand monde mais qui aura peut-être plus un accent de grand soir que ses cousines françaises désabusées.

lunes, 1 de marzo de 2010

La solution à la crise en Espagne


Ceux qui vivent en Espagne le savent, ici "la crisis" est omniprésente.
A mon arrivée à Madrid il y a deux ans, la crise commençait déjà à faire sentir ses effets. On en parlait beaucoup, mais elle restait pour beaucoup un concept abstrait. Aujourd'hui, il n'est plus possible de s'en cacher, on en voit le résultat partout et plus seulement dans les discours. 20 % de chômage et peu de perspectives pour que les choses s'améliorent, forcément le moral en prend un coup. Le secteur de la construction s'est effondré, les taxis se plaignent de ne plus avoir de clients, les entreprises ne recrutent plus que quand elles sont vraiment obligées, les restos et les bars trépignent et prient pour que la pluie ne décide pas de leur plomber un autre vendredi soir...

Bref, je laisse les infos déprimantes et les analyses économiques aux journaux...

Sur un site de recherche d'emplois, j'ai vu cette banière, au message plutôt symptomatique :
Hazte funcionario y fuera la crisis
"Deviens fonctionnaire et adieu la crise" !

Un peu de pégadogie s'impose : il s'agit d'un site qui vend des formations, de préparation aux concours de la fonction publique.

Mais pour la contemplatrice de la société espagnole que je suis, c'est le côté ironique de la situation qui prime : c'est un peu comme un deuxième effet kisscool de la crise... désormais, le fonctionnariat, tellement décrié en France, est à la mode en Espagne...

viernes, 18 de septiembre de 2009

Noche en Blanco 09 - 4e Nuit Blanche à Madrid

Ce samedi 19 septembre 2009, à Madrid, tout le monde devrait être dans la rue pour tenter d'apercevoir spectacles, projections et autres happenings gratuits dans les monuments et lieux publics madrilènes à l'occasion de la noche en blanco, 4e édition de la nuit blanche dans la capitale espagnole.


une nuit de septembre, Madrid dort moins que jamais
Et voici une 2e feuille à mon marronier, qui s'étoffe à mesure que l'année avance. L'an dernier je vous parlais de ma nuit blanche à Madrid qui avait lieu le 13 septembre 08 et où je découvrais les ballades du chanteur folk Remate sur la place de Tirso de Molina.

Une manifestation qui prend de l'ampleur
Cette année, je m'y prends plus tôt : la noche en blanco c'est demain, donc je ne peux pas vous raconter ma nuit et je ne vais pas non plus vous détailler le programme vu que noche en blanco à Madrid s'internationalise du fait de son succès et que son site a été traduit en français (et en anglais) !

Bel effort, qui fait que je n'ai pas grand chose à ajouter, si ce n'est vous recommander ce qui a retenu mon attention parmi les 100 concerts, spectacles et autres proposés par les institutions de la ville, le commissaire de la nuit blanche ou les centres culturels :
  • Envol de poèmes, un lâcher de ballons portant des textes des poètes Ajo et Benjamin Prado qui "remplira le ciel de poésie" sur la Plaza Mayor. de 21h à 3h
  • Dansez avec moi : la chorégraphe Blanca Li, tâchera de faire danser petits et grands autour de la fontaine de Cibeles. Projection et danse disco de 22h30 à 1h00 ; tous les styles de 1h00 à 1h30 ; DJ Roberta Marrero, de 1h30 à 3h30
  • L'exposition de la photographe Annie Leibovitz sera ouverte exceptionnellement jusqu'à minuit. Alcala 31.
  • La Troba Kungfu, groupe de rumba catalane, qui mixe allègrement folklore catalan, dub et rock sera en concert au centre culturel Blanquerna - Calle Alcalá, 44 - Métro Banco de españa ou Sevilla - de 21h à 23h
  • Circuits : les espaces culturels plus underground font aussi leur nuit blanche, avec notamment les concerts En Feminino, de plusieurs femmes-artistes représentantes de la scène folk dans le bel espace du Matadero. de 21h à 4h. Métro Legazpi. Circuits de la noche en blanco
  • Enfin toute la nuit, le chemin de lumière dans la Gran Vía fermée à la circulation devrait donner l'occasion d'une chouette balade dans la principale avenue du centre de Madrid, où les immeubles seront redessinés par les projections et les illuminations.
Bref, on aura que l'embarras du choix, parmi cette centaine d'événements ! Reste plus qu'à espérer que le temps se remette un peu au beau, que la pluie cesse et que les températures remontent ! Une belle nuit à tous !

Tout le programme : site de la nuit blanche 09 à Madrid , le plan
Le métro circulera exceptionnellement jusqu'à 3h du matin.

Photo : Edificio España par Contando Estrellas

viernes, 15 de mayo de 2009

Marseillaise versus marche royale: l'hymne espagnol sifflé et censuré


La finale de la Copa del Rey (coupe du roi) de football ce mercredi 13 mai, a mis sur le devant de la scène un sujet que j'avais eu envie de traiter ici, et a apporté un élément de réponse aux questions que je me posais sur l'hymne national espagnol.

Vous vous souvenez peut-être, le 11 mars, me rendant à mon bureau, je traversais la place de la Puerta del Sol et été témoin de la cérémonie en hommage aux victimes de l'attentat d'Atocha, à laquelle assistait Esperanza Aguirre. Ce dont je n'ai pas parlé dans mon post à ce sujet, c'est de la bande sonore d'une telle cérémonie : le requiem de Mozart suivi de l'hymne espagnol.

Tandis que je passais sous le regard de "la Espe", sur la Puerta del Sol s'élevaient les notes de ce marche, ce morceau de musique classique, sans parole, appelée "la marcha real" ou "la marcha granadera". Tous s'étaient figés et j'avais limite dû marcher sur les pieds d'un militaire au garde-à-vous, pour passer.

Toute la journée qui a suivi, je me suis surprise à fredonner cet air "Papa papa papapapapa pa..." (en écoute sur wikipedia c'est ptet plus parlant). Vous m'imaginez en train de fredonner la marseillaise ? Ben moi non, rien que d'y penser j'en ai des frissons.

La marseillaise, un hymne national qui cristallise les passions
Je ne me vois pas siffloter gaiement la marseillaise, d'abord parce que c'est un air sanguinaire et archaïque dans lequel je ne me reconnais pas, ensuite parce que, bien qu'un brin chauvine quand il s'agit de défendre le camembert au lait cru, le champagne (bien meilleur que le cava, toutes mes confuses à mes amis catalans), les médias, la richesse du patrimoine culturel, historique, gastronomique, et j'en passe et des meilleurs ;o) de la France, je rejette assez en bloc les symboles susceptibles de fleurer le nationalisme.

Mais là c'est pas pareil, l'hymne espagnol est muet, c'est une marche militaire, de la musique classique, martiale certes, mais mélodique.

La musique (sans paroles) adoucit les mœurs
Et je me suis demandé ce que pouvaient ressentir les Espagnols à entendre leur hymne, s'ils avaient ce même rejet potentiel de ce symbole de la nation. Peut-on totalement détester des accords de musique classique, qui n'incitent pas à la haine contre de supposés ennemis héréditaires ?

J'ai bien sûr posé la question à mon spécialiste es-Espagne et société espagnole personnel.
Je traduirai un jour dans ce blog en espagnol, les paroles de la marseillaise qui n'ont pas manqué de faire leur effet. Le bon goût français se pose là... Mais lorsque je lui parlais des sifflets et de la mauvaise relation qu'ont beaucoup de Français avec leur hymne, il n'a trouvé comme exemple de défiance que les couplets de l'hymne espagnol dans leur version enfantine. Rien de bien méchant !

A la recherche de la lettre perdue

Après quelques recherches, j'ai découvert que différentes "letras", paroles, avaient été ajoutées au long de l'histoire, qui portent les stigmates de leur époque. Récemment encore, dans une volonté de donner un sentiment d'unité plus fort aux Espagnols en leur donnant la possibilité d'entonner leur hymne (notamment aux sportifs, qui ne peuvent que l'écouter en silence lors des compétitions sportives), le comité olympique espagnol a lancé un concours pour donner des paroles à l'hymne. Sans succès : les propositions furent écartées (voir article sur rue89).

Hymne et identité nationale
La relation qu'on a avec son hymne, symbole national, ne vient évidemment pas seulement d'un problème de paroles, mais bien plutôt de son histoire et de la relation que chaque personne a avec l'Etat-nation auquel il appartient.

Défiance en France...
On ne peut que comprendre la réaction de djeunes (de banlieues ou non), issus de l'immigration ou simplement en rébellion contre le symbole d'un Etat national qui ne les traite que par la peur ou le mépris, contre la Marseillaise.

Symptôme plutôt que solution, une commission ad-hoc, créée après les derniers incidents dans des stades, s'apprêtait il y a quelques semaines à créer un délit pour sanctionner de 15000€ d'amende et d'une peine de prison ceux qui auraient sifflé ou conspué la Marseillaise.

Et en Espagne ?

Depuis que je vis en Espagne, il ne m'avait pas semblé noter une telle défiance envers l'hymne national.

... Jusqu'à cette semaine et la finale de la Copa del Rey. Voilà que tout à coup, j'apprends que l'hymne a été sifflé avant le match qui opposait le FC Barça à l'Athleti Bilbao (voir article du monde à ce sujet) et cette séquence de sifflets censurée par la télévision nationale espagnole (TVE).

Dans le stade se sont retrouvés face à face parmi les supporters des 2 équipes, les nationalistes en rouge et blanc (Bilbao) et nationalistes blaugrana (Barcelone) qui, pour certains, à part leur amour du foot, n'ont en commun que la haine de la monarchie et le rejet des symboles du pouvoir central espagnol.

Au moment où a résonné la marche royale, c'est le stade entier, à quelques exceptions près, qui s'est mis à vibrer de sifflets. Le responsable des programmes sportifs de la TVE a décidé de faire un décrochage en région pour ne pas diffuser ce moment à l'Espagne entière devant son poste. Accusé de censure, a été limôgé dans les jours qui ont suivi.

Alors, on siffle autant la Marseillaise que la Marcha Real ?
Que cette décision fasse débat, c'est certain. Fallait-il ou non retransmettre ce moment de liesse collective dirigé contre l'Etat espagnol ? Faire entendre cette réalité ou la masquer ? Il semble que les réactions ont été nettement en faveur de la faire entendre et la TVE a tranché.

Pourtant, je reste assez certaine que les Espagnols en général n'entretiennent pas de relation conflictuelle avec leur hymne : les sifflets de la Copa del Rey différent des sifflets français, ils traduisent plus les relations conflictuelles que 2 régions à l'histoire et à l'identité affirmée entretiennent avec le pouvoir central espagnol, qu'un malaise des Espagnols vis-à-vis d'un symbole national. Pour les Espagnols qui ne sont pas de ces régions, il me semble que c'est encore un consensus ou une relative indifférence qui fait loi.

Amis Espagnols, Catalans, Basques ou Castillans : qu'en pensez-vous ?

PS : au fait, le Barça a gagné ;o)
Plus d'infos : Article de Libération ; article sur les sifflets contre la marseillaise sur rue89

domingo, 26 de abril de 2009

Sarkozy ou la dipomatie à la veille d'une visite en Espagne

De retour de vacances, j'apprends en une seule phrase les dernières péripéties franco-espagnoles : on me dit que Sarkozy a traité Zapatero d'imbécile et que Sainte Ségolène avait à nouveau fait le coup du "pardonne lui il ne sait pas ce qu'il fait" en notre nom à tous en présentant ses excuses au président du gouvernement espagnol pour ces insultes. (Même pas eu le temps d'avoir honte, que déjà j'étais excusée... quelle efficacité !)

A la veille de la visite d’Etat du président (hélas) des Français dans la capitale espagnole, une telle histoire m'a paru du meilleur effet, un vrai stimulant pour les relations franco-espagnoles.



Comme Nicolas Sarkozy sera en Espagne les 27 et 28 avril (demain donc), ça me paraissait assez peu subtil comme sortie ! Non pas qu'il nous ait habitués à des prouesses de finesse et de délicatesse, le nain à la talonnette aussi épaisse que son égo, mais de là à se mettre "son copain" à dos à 2 jours de sa visite, et risquer d'être reçu comme un chien dans un jeu de quilles, y a des limites.

Avec un peu de retard, j'ai donc cherché à en savoir plus sur cette histoire et comment cette sympathique remarque avait été prise ici. Petit compte-rendu :

"Zapatero n'est peut-être pas très intelligent, mais il gagne les élections"
Le 16 avril, Libération rapportait les propos que Sarkozy aurait tenu au cours d'un déjeuner avec des parlementaires à l'Elysée la veille, où il aurait sympathiquement taclé les autres grands (façon de parler) de ce monde, entre autres, Obama, Merkel et Zapatero.

Au milieu d'un numéro d'auto-congratulations, Sarkozy n'aurait pas caché son contentement, de voir Zapatero, pourtant socialiste, "s'inspirer de lui" pour supprimer la publicité à la télévision publique. Ce à quoi Emmanuelli aurait répondu "chez Zapatero, il y a à prendre et à laisser". Réplique de Sarkozy : "Il n’est peut être pas très intelligent, mais lui, au moins, il gagne les élections. J’en connais des beaucoup plus intelligents, qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle."

Madame K2R en action
Ni une ni deux, Ségolène Royal, dont ça devient l'habitude, après avoir présenté ses excuses le 6 avril à Dakar pour les propos de Sarko sur l'homme africain, a envoyé un courrier pour s'excuser à Jose Luis Zapatero, pour ce qu'elle qualifie de «propos injurieux». J'aime beaucoup le surnom que lui a trouvé l'éditorialiste du Dauphiné Libéré à ce sujet : Ségo, c'est Madame K2R, qui efface toutes les souillures !

Les propos rapportés à Libération ont été démentis par l'Elysée. Vrais ou faux, injurieux ou élogieux, en Espagne les propos ont fait mal. Qu'un président étranger insulte l'un des plus hauts représentant de l'Espagne, ça n'a pas beaucoup plu. Malgré tout le mal qu'ont pu en dire les dirigeants du Partido Popular, Zapatero reste le chef du gouvernement.

Les réactions en Espagne : le PP s'emporte, Zapatero apaise
Selon le correspondant de Radio France à Madrid, "les propos attribués à Nicolas Sarkozy ont ému. Ils ont franchement vexé les gens, toutes tendances politiques confondues. La presse en a abondamment parlé, en regrettant, en dénonçant plutôt, de telles paroles blessantes à l’égard du Président du gouvernement d’un pays voisin et théoriquement ami!"

Responsable de la communication de l'opposition, Esteban González Pons a commencé par estimer que «Sarkozy pourrait avoir raison» avant de rectifier, précisant que «Zapatero est notre Président et, quoi qu'il arrive, s'il est attaqué de l'étranger, nous serons amené à le défendre».

Mathieu de Taillac journaliste français qui vit en Espagne, confirme sur slate.fr : les réactions ont été parfois plus violentes. "«Mais qu'est-ce que tu veux, le nain». La réplique de cour d'école n'est pas issue du Parti socialiste (PSOE) de Zapatero, mais des rangs même de l'opposition de droite, de la bouche du député européen du Parti Populaire (PP) Luis Herrero."

L'ensemble des réactions ont été d'autant plus vives que les Espagnols ne portent pas, historiquement, un grand amour à nos dirigeants, ni même aux Français en général. Nous sommes régulièrement accusés, de ce côté des Pyrénées, de suffisance, d'un complexe de supériorité et de condescendance à l'égard des Espagnols.

Quant à la sortie de Soeur Ségolène, elle n'a récolté qu'ironie ou indifférence.

Au final, le seul qui soit resté zen, c'est encore le plus directement concerné : Zapatero n’a pas voulu entrer dans la polémique. Il a déclaré au Monde «Je connais bien Nicolas Sarkozy. Il a toujours été généreux dans la relation, et élogieux. Il n’y a donc aucun problème. Cela n’appelle aucune explication avec moi».

Intelligent Jose Luis ?
Dans tous les cas, le président du gouvernement espagnol fait montre d’une sagesse, d’une retenue, dont certain(e)s feraient bien de s’inspirer !



Dans la presse espagnole :
- El periodico
- La vanguardia

Crédit photo : elperiodico / JUAN MANUEL PRATS

miércoles, 8 de abril de 2009

La semaine sainte en Espagne

Alors même les plus nuls en classe, même les non-hispanophones ont déjà entendu parler au moins une fois des fêtes de Pâques en Espagne...

Mais si, allez creusez vos méninges :
La semana santa, vous savez ? Les processions, les églises qui font trimballer des statues dans la ville à dos d'homme, les défilés de pénitents, les uns pieds nus, les autres en train de se flageller mais tous avec une cagoule à pointe (j'ai pas dit un casque !)...


Cette sainte semaine est certainement la plus belle démonstration de ce que peut être l'Espagne traditionnelle, avec son catholicisme doloriste revendiqué : ce qui importe et on se fait 2 jours de deuil, pardon 2 jours feriés au passage, c'est la mort du Christ, c'est sa crucifixion et la douleur que cette perte et ce péché supposent.

Dieu est mort, vive Dieu ! Oula, là je m'emballe... vla que je deviendrais nietzschienne à force de vivre dans le pays de la Sainte Inquisition (ok la nuit de la saint Barthélémy fut pas franchement une partie de rigolade pour les protestants sous nos latitudes, mais là n'est pas le sujet) et où encore en 2009 les cathos s'affichent sans vergogne.

Bref. ça m'avait jamais choquée mais c'est vrai qu'à Pâques, les catholiques gaulois célèbrent la résurrection. Le jeudi avant Pâques, le jour de la dernière cène est fêté vite fait, le vendredi on fait la gueule (on ne dit pas de messe, et y a qu'en Alsace que c'est ferié, héhé) et puis on fait la teuf parce qu'alleluïa Christ est résucité. Il nous faut le lundi pour nous remettre de la victoire de la vie sur la mort.

Une semaine de passion
Bon ben ici, non. Selon les villes, les célébrations commencent dès le dimanche des Rameaux, voire le vendredi d'avant (appelé Viernes de Dolores) et durent jusqu'au Samedi et dimanche de Pâques (d'où le concept de semana santa : une fois de plus les Espagnols font plus fort que nous !), mais c'est dans toute l'Espagne au plus tard le jeudi et le vendredi qu'on célèbre la passion et la mort du Christ, qu'on se met à genou et qu'on se flagelle pour expier le crime, pour montrer sa douleur.


Cofradias, Hermandades y pasos
Les confréries, groupes de fidèles laïcs, (cofradias), se mettent en 4 pour porter le christ, ses saints et le poids du monde sur leurs épaules. Ils portent en procession les pasos, ces autels richement décorés, dressés autour de groupes monumentaux qui représentent Jésus ou Marie sous toutes leurs formes : Cristo Rey, Cristo del Gran poder, Cristo el pobre, Virgen ceci ou Virgen cela.

Ces gens ne sont pas des membres du Kukluxclan mais des membres d'une cofradia.
Ces nazarenos portent la cagoule (le capirote), ici
à Séville.

Séville est très connue pour sa semaine sainte, mais toutes l'Espagne catholique participe et beaucoup se vantent d'avoir les plus belles ou les plus impressionnantes processions, citons notamment Valladolid, Zamora ou Palencia, sans oublier bien sûr Madrid.

Les pasos rivalisent de dorures et de moulures, de tissus chamoirés et de lumières (autant pour le voeu de piété...) Un étalage impressionnants de vierges aux habits de velours, portant couronnes et bijoux et aux yeux dégoulinants de larmes...

Les femmes aussi peuvent être membres de hermandades (nom donné aux confréries de femmes)
et porter les pasos.

Décrit comme ça et avec ces images, ça fait légèrement flipper mais bon en vrai, il faut quand même dire, (je prends le risque d'être excommuniée par amour de la vérité, quelle téméraire je suis!) qu'en 2009, le caractère pieux de l'événement prend le pas sur la carte postale et l'opportunité mercantile.

Crucifixion et tourisme font bon ménage
Il me semble que la tradition se perd (y a plus de saison ma brave dame), et que les processions ressemblent plus à des attractions supplémentaires pour les touristes, qu'à des démonstrations de foi. Dans les rangs du public venu admirer les processions, les gens ont plus le guide touristique que le chapelet à la main.

Cette impression me paraît confirmée par une pancarte vue récemment à Madrid, à l'entrée d'une église, qui appelait les volontaires à venir porter les pasos, quand, il fut un temps, cet honneur n'était réservé qu'aux plus fidèles d'entre les fidèles.



Acte de foi ou spectacle, dans tous les cas, la semana santa vaut le coup d'être vécue, au moins une fois, pour se faire sa propre opinion !

lunes, 6 de abril de 2009

Les cuisines du sommet de l'OTAN à Strasbourg

Un manifestant anti-OTAN à Strasbourg, le 3 avril 2009.
REUTERS/© Wolfgang Rattay / Reuters

Loin des émeutes, de la violence des affrontements entre forces de l'ordre et altermondistes, à mille lieux des grandes décisions politico-stratégiques des grands militaires de ce monde, ce que je retiendrai du sommet de l'OTAN qui s'est tenu les 3-4 avril à Strasbourg, c'est la petite histoire que m'a racontée une jeune personne qui a vécu une partie du sommet de très près.

Une de mes connaissances travaille en effet dans les cuisines d'un grand hôtel strasbourgeois, où était lôgée la délégation espagnole.

Mon petit doigt m'a dit qu'un haut dignitaire espagnol a voulu manger à l'heure espagnole...
et s'est retrouvé gros jean comme devant...

En Alsace, vous l'apprendrez, haut dignitaire ou non, on ne demande pas à déjeuner, même léger, après 13h30... et si on demande à déjeuner et que le restaurant réalise un plat, on ne peut pas non plus finalement demander simplement à ce que ce soit servi plus tard. Les horaires des repas c'est sacré en dehors des frontières de l'Espagne !

L'histoire ne dit pas si le monsieur a mangé au snack près de la gare pour calmer sa faim.

Le rythme espagnol oui, mais pas trop loin d'ici !

PS: c'était la rubrique "les dessous de l'histoire"selon Paquerette ! En espérant que vous ne me tiendrez pas rigueur de la futilité de ce post. Je vous renvoie pour plus d'infos sérieuses aux articles du post.fr et pour les images de Strasbourg en état de siège au site strastv.com

miércoles, 1 de abril de 2009

Le tailleur bleu d'Esperanza

Il y a quelques semaines, comme chaque matin, je traversais Sol, de son vrai nom La puerta del sol, sous le soleil comme il se doit, pour aller au travail.


Mais ce matin-là, il y avait quelque chose de différent ! J'ai traversé la place au son de l'hymne espagnol et sous le regard d'Esperanza Aguirre.

Enfin "sous le regard", je me comprends ! Elle ne me regardait pas moi évidemment, mais elle était au garde à vous, le regard fixe droit devant elle tandis que je passais là...

et je me suis fait plein de réflexions qui elles-même ont amené d'autres réflexions.

1. Qui est Esperanza Aguirre?

C'est dommage qu'elle soit pas Française, tiens, parce que ça me ferait plaisir de voir ce que le Canard Enchaîné ou Stéphane Guillon (sur France Inter, chronique quotidienne d'humeur politique) dirait de ce cadre du Partido Popular (PP), une femme fière, à la bouche pincée et à la peau tirée, qui est à la tête de la communauté de Madrid, où elle s'applique à démanteler les services publics.

Une femme de droite, bien rance, bien conservatrice et libérale mais qui se targue d'être moderne parce que femme en politique, justement (tiens, ça me rappelle quelqu'un).

Tout le monde la connaît pour ses déclarations tonitruantes et sa récente implication dans le feuilleton d'espionnage au sein du parti populaire.

2. Le tailleur bleu d'Esperanza
"On la voit de loin, Esperanza, dans son tailleur bleu vif" me suis-je dit en passant ce matin-là sur la place, alors que résonnait l'hymne espagnol. Et là, de suite, je pile. Comment est-ce possible que MOI, je m'attarde sur ce genre de détails futiles avant même de me demander ce qu'on célèbre ?

Je fustige les journalistes qui déblatèrent sur la couleur du tailleur de Ségolène et je suis tout aussi superficielle qu'eux dans la même situation.

Une femme en politique devrait seulement être jugée pour ses actes, tout comme jamais on ne va parler de la couleur de la cravate d'un homme politique...

Mais c'est vrai, en fait, que ça pète au milieu de ces costumes gris, un bleu roi comme ça !

Et puis, j'ai moins de scrupules parce que cette femme justement, a profité de la journée de la femme pour attaquer le parti socialiste au pouvoir en Espagne (elle est dans l'opposition, on peut la comprendre mais quand même) sur sa politique en faveur du droit à l'avortement. Alors si elle est basse, je vois pas pourquoi je le serais pas...

3 Que faisait-elle là ?
Elle était là pourquoi, alors, Esperanza Aguirre? C'était quoi cette cérémonie ?

Ce jour-là, c'était le 11 mars...
Je suis Française, je ne vis pas en Espagne depuis assez longtemps pour que cette date m'évoque grand chose. Pour un Espagnol évidemment ça aurait fait "schlink" (leur franc serait tombé comme dit mon ami belge).

Le 11 mars 2004 avait lieu l'attentat à la gare d'Atocha à Madrid, par où transitent chaque jour des milliers de madrilènes. Le 11M, comme disent les Espagnols, la dizaine de bombes déposées dans les trains de banlieue a tué près de 200 personnes et blessé 1400 autres.

Chaque 11 mars, on commémore le drame. Aguirre était venue, en compagnie du maire de Madrid, Gallardon (du PP aussi), déposer une couronne en hommage aux victimes, devant la plaque commémorative de la mairie.

Je ne rentrerai pas dans les détails du conflit entre gauche et droite qui a eu lieu à cette occasion.
Pour faire court, le Parti Socialiste de Madrid (PSM) avait annulé sa participation à la cérémonie pour protester contre la fermeture de l'enquête sur les affaires d'espionnage au sein du PP.

Disons simplement que la douce Esperanza a profité de l'occasion pour tailler un costume (bleu ou non) au PSM !

martes, 10 de marzo de 2009

Remate (et Paquerette :) à la télé

El sabado, salimos en la tele!
Samedi, on est passés à la télé !!

Nous avons assisté jeudi dernier au concert privé de Remate, auteur-compositeur-interprète folk dont j'ai déjà parlé ici, en compagnie d'une équipe de télé de la chaîne la 4.

Ce concert a attiré l'attention des médias parce qu'il a eu lieu chez un ami à nous, dans la banlieue de Madrid. Je vous arrête de suite, ce n'est pas parce que c'est un ami à nous que la chaîne de télé a voulu filmer le concert. Je ne suis pas encore tellement connue... (soupirs ;o)

Vous l'aurez compris, c'est parce que l'artiste jouait en dehors des circuits habituels de concerts, en l'occurence chez un particulier, que la télé a voulu filmer l'événement.

Vous connaissez peut-être les pièces de théâtre qui se jouent chez des gens, eh bien, il semble que certains musiciens, dont Remate, ont décidé d'appliquer le concept aux concerts. L'artiste madrilène paraît être un pionnier de la mode des "concerts à emporter" en Espagne. Et nous avons assisté au premier de ses "Take away show".

La scène du "concert à emporter", concert
accoustique de Remate, jeudi 5 mars
09
crédits photo: Ana Bolívar

Comment ça s'organise ?
ben c'est simple justement et c'est là le génie... via son blog et son myspace, l'artiste a invité ses fans à l'inviter... héhé. Il s'engageait à offrir un concert accoustique à domicile aux gagnants du tirage au sort.

Et c'est notre ami qui a gagné !! Il a donc reçu la visite du chanteur jeudi après-midi, avec sa guitare et son décor. Et les journalistes se sont invités pour le concert !

Notre ami a invité ses amis (donc nous) :
Nous étions parmi les 25 privilégiés qui ont eu droit à un concert privé !
Intime, non ? Remate nous a offert son meilleur folk, guitare-voix, en accoustique, superbe.

et samedi midi, un brin moins intime, les milliers de téléspectateurs qui assistaient au journal sur la 4, ont pu voir Paquerette et son bel hidalgo entrer chez leur ami :), et puis Paquerette et les amis du bel hidalgo apprécier et applaudir Remate, très beau pour l'occasion !

Plus d'infos sur les "take away shows" sur le blog de Remate (en espagnol et en anglais):
http://www.remate-diary.blogspot.com/

Actualisation 11/03 : Plus de photos, avec l'artiste, la caméra et tout le toutim, quoique aussi simplement de très belles images : rendez-vous sur le FlickR de canica roja.


martes, 17 de febrero de 2009

Toutes mes confuses

ce n'est pas de la mauvaise volonté...
c'est pas ma fauteuh... c'est pas ma faute à mOi!
c'est pas seulement de la paresse ! On me muselle !

C'est encore eux qui ont frappé...
1. mon éternel câble de mon éternel portable archaïque est encore mort, paix à son âme. Il n'attend que l'intervention de mon ingénieux ingénieur à moi... et l'opération de soudure, qui le ramènera à la vie... pour la 150e fois.

Et le portable dudit ingénieux ingénieur, me direz-vous? Non il n'est pas mort, quant à lui, on ne joue pas tant de malchance que ça. Il est juste incapable de trouver un quelconque site internet ces derniers jours...

c'est bien, vous avez compris...
je suis donc pour la 150e fois depuis mon 1e post sans internet à la maison par la faute de mon 2e coupable : j'ai nommé Bleu et ses coups bas, ses factures à 8000 euros (au bas mot) et ses services aléatoires pour ne pas dire autre chose...

Je reste calme, je respire... et vous prie de pardonner mon silence involontaire.

Tant qu'à me faire pardonner : faites un tour sur le site du lonelyplanet si vous avez deux minutes à perdre avant ce soir minuit (enfin avant le 18 février à midi heure de Melbourne, désolée, je sais pas quelle heure il sera ici)
et glissez vot' nom, vot' mail et le nom de ce blog dans la rubrique best french blog :)
http://lplabs.com/2009/01/06/les-candidatures-pour-le-2009-lp-blogger-awards-sont-ouvertes/
(c'est par simple curiosité, c'est pas de l'orgueil, je vous jure!!)

jueves, 29 de enero de 2009

La reine des peoples est espagnole

A la une de l'actualité ces dernières semaines en Espagne, il y a une people.

Mais attention, pas n'importe quelle people : certainement une des célébrités les plus âgées mais aussi les plus nobles de la planète, un monument qui fait partie du patrimoine de la nation espagnole : la duchesse d'Albe (Duquesa de Alba).


Laissez moi vous présenter Cayetana de Alba, la Duquesa, en quelques mots :

La Duchesse d'Albe a le plus grand nombre de titres au monde selon le Guiness des records !!
Elle est 5 fois duchesse, 18 fois marquise, mais aussi comtesse, archi-duchesse etc, et 20 fois Grande d'Espagne (la plus haute distinction d'Espagne, titre qui vient directement après les infants, de la famille royale). Elle a le sang tellement bleu du fait du nombre et de la qualité de ses titres de noblesse que si elle rencontre la reine d'Angleterre, c'est celle-ci qui est censée s'incliner sur son passage.

Âgée de 83 ans, Cayetana Fitz-James Stuart (excusez du peu) passe souvent à la télévision espagnole et dans les médias en général. A chaque réunion de la famille royale, mais aussi lors des événements mondains dans les cours européennes, on a le droit à un petit sourire et aux dernières nouvelles de la duchesse. Il y a quelques années, son mariage en 2e noce avec un jésuite défroqué a défrayé la chronique.

Un personnage populaire
C'est assez étrange de voir au milieu des rubriques people, entre deux stars de cinéma et une de télé, entre autres "Pénélopé" et Angelina, cette petite poupée fragile, en chaise roulante et fripée comme une pomme de Noël à la Toussaint suivante. Etrange aussi cette sympathie dont elle semble bénéficier, même auprès de ceux qui pourtant ne sont pas tendres avec la monarchie, la noblesse et ses représentants.

L'Espagne à son chevet
Les images récentes de cette mamie millionnaire passent encore plus à la télé ces derniers temps, car on s'inquiète pour sa santé : après un premier arrêt cardiaque en septembre dernier, elle a dû être transférée à l'hôpital le 13 janvier et, depuis, les dépêches sur son état de santé se multiplient, annonçant sa prochaine opération au cerveau puis la déprogrammation pour cause de médication contraire.

Souhaitons-lui de se remettre.

Petit clin d'oeil :
Cayetana n'est pas la première Duchesse d'Albe archi-connue en Espagne !
Il y quelque 200 ans avant celle d'aujourd'hui, une autre Duquesa de Alba défrayait la chronique... Mécène de Goya, on raconte qu'elle fut sa maîtresse et que c'est son corps qui servit de modèle pour ses toiles, les "majas", exposées aujourd'hui au musée du Prado à Madrid.



C'était la minute de culture espagnole de Paquerette !

viernes, 9 de enero de 2009

Il neige à Madrid !

oui je sais pour les Parisiens et les Français qui sont sous la neige depuis quelques temps, c'est pas très original...

Mais ici quand même faut avouer que c'est inattendu...
et c'est pas trois flocons, c'est sans arrêt depuis ce matin 8h30 !

Rien de plus à dire...
Si ce n'est que la neige a recouvert la terrasse du 9e étage où je travaille d'un blanc manteau assez épais, nous transformant les collègues et moi en enfants ravis, entre émerveillement, mini-bonhommes et boules de neige !

Pour l'instant c'est beau et j'en profite... avant d'aller faire les soldes dans le froid et la bouillasse...

Actualisation à 14.22 : vous vous doutez que la capitale est assez peu préparée à ce genre d'événements : l'aéroport de Barajas est fermé, des kilomètres de bouchons se sont formés à l'entrée et dans la ville et les bus ne circulent plus ! Je m'en fiche, j'habite près de mon bureau mais pour les Madrilènes c'est un peu la catastrophe... et il paraît que la neige va tomber jusqu'à demain soir.
Plus d'info : El País (en espagnol)

lunes, 5 de enero de 2009

Pas par Aznar ?

Je passe du côté obscur de la force...

Je cède à mes tendances langue de zorra*...

Il paraît que malgré le démenti formel et outré dont le moustachu s'était fendu, ce serait bien lui le Papa de l'enfant nouveau-né de Rachida Dati...

Et pour les râleurs qui seront ptet déçus de voir que je donne dans le pipolo-sensationalisme, je rappellerais tout de même que cette nouvelle a sa place dans la migrationdelacigogne :
si c'est pas une histoire de rapprochement franco-espagnol, ça, je sais pas!!

Source : http://www.bakchich.info

Bon je vais me coucher, en espérant que cet article ne me vaille pas le charbon de la part des rois mages. (Ce soir, les enfants espagnols doivent se coucher tôt, après avoir assisté à la cabalgata malgré le froid, et vont mettre leurs chaussures reluisantes sur le balcon ou sous l'arbre, qui seront garnies de cadeaux demain à leur réveil. Ceux qui n'ont pas été sages en revanche n'auront droit qu'au charbon...)

* je m'autorise un petit jeu de mot, Zorra, féminin de zorro (renard) ayant en espagnol un sens figuré : "femme de petite vertu, qui couche avec beaucoup d'hommes et en change souvent"

domingo, 4 de enero de 2009

Reyes : les enfants rois

Les fêtes en Espagne sont interminables...
J'en ai déjà parlé, maintenant je le vis. Aujourd'hui, les rues du centre ville de Madrid étaient aussi bondées qu'une veille de Noël... et pour cause !

Les cadeaux des rois
Traditionnellement, ce sont Melchor, Gaspar et Balthasar (en espagnol) arrivés d'Orient pour honorer le Niño Jesus, qui apportent le 6 janvier les cadeaux aux enfants espagnols, bien que le Papa Noël soit en train de gagner du terrain sur les 3 rois Mages. Dans ma "belle-famille", les enfants, âgés de 33 et 35 ans ont écrit leur carta a los reyes (la lettre aux rois)... en disant à leur mère les cadeaux qui leur feraient plaisir. Et je vais recevoir un cadeau des rois, alors même que j'en ai reçus déjà plusieurs pour Noël (mais il faut dire que j'ai été très sage ;o)!!


Après Noël et le Nouvel An donc, pas encore remis des 15 derniers jours de repas pantagruéliques et de célébrations, les Espagnols repartent à l'assaut des grands magasins, pour acheter cette fois le cadeau de Reyes. Et tant qu'à faire, ils refont aussi la queue pour se procurer un billet de loterie, celle du Niño cette fois, dont le tirage se déroule le 5 janvier.

La Cabalgata de los Reyes Magos
Le 5 janvier également se déroule la cavalcade des rois mages : une sorte de défilé de carnaval, pour célébrer l'arrivée des 3 rois mages, qui se déroule à travers Madrid mais aussi dans toutes les villes et villages d'Espagne. Des milliers d'enfants et leurs familles suivent les chars d'où les rois, leurs pages ou leurs chameaux (pas chameaux) distribuent des bonbons.

Avec mes tendances légèrement agoraphobes, je ne suis pas une grande fanatique des manifestations qui attirent la foule, mais les Madrilènes disent que le spectacle vaut le détour.

Cette année à Madrid, la Cabalgata part de Nuevos Ministerios à 18h30 pour serpenter à travers la ville, passant Place du Docteur Marañón, puis Glorieta d' Emilio Castelar, Place de Colón et Paseo de Recoletos avant de finir à la fontaine de Cibeles.

Plus d'infos sur les fêtes en Espagne

sábado, 3 de enero de 2009

Le 7e ciel... de Madrid

Grâce à Karine d'Expatespagne et à son bon plan révélé dans Les toits de Madrid, j'ai découvert une des vues les plus impressionnantes de ma ville d'adoption.

Le Circulo Bella Artes, (cercle des Beaux-Arts), centre culturel situé en plein coeur de la ville, ouvre pour quelques jours encore l'accès à la terrasse située sur son toit.


Une occasion unique de (re-)découvrir la ville !


Le 7e étage de ce superbe bâtiment offre une vue à 360° pour admirer les toits de Madrid, les tours de la place de l'Europe, la tour de Colon, et les statues que l'on voit d'habitude d'en bas, au milieu des pots d'échappement sur la Gran via...





Dépêchez-vous !

c'est jusqu'au 8 janvier 09 de 11h à 14h et de 16h à 19h30
Tarif 2 € / 1 € pour les moins de 10 ans et carnet joven 1 €

Aller à Circulo Bella Artes










martes, 18 de noviembre de 2008

C'est du lourd (?)

Bon ben voilà, en coup de vent, juste pour vous communiquer ma déception et une consolation :

Ce ne sont pas mes chouchous les Moriarty qui ont remporté le prix Constantin hier à Paris.
C'est une jeunette qui chante des chansons dans l'air du temps qui a été récompensée. Je ne la connais pas et n'ai pas forcément envie de la connaître après avoir entendu un titre (un peu à la Ayo, ça s'écoute bien mais ce n'est rien de bouleversant ni de très innovant).

En revanche, j'ai entendu un ancien lauréat du Prix Constantin, la semaine dernière sur France Inter, Abd Al Malik, qui sort son troisième album intitulé Dante.

Abd Al Malik, c'est un Strasbourgeois Noir... eh ouais, un mélange étrange et qui revendique en prime ses origines et son amour pour la France. Un discours à contre-courant, rafraîchissant, troublant, qu'il nous sert au travers de ses mots justes, juste slammés.


Abd Al Malik a grandi au Neuhof. Pour les non-Alsaciens, qui n'ont donc pas encore les poils hérissés de trouille rien qu'à la lecture du mot, vous connaissez sans le savoir...
Le Neuhof c'est le quartier dont tout le monde parle le 31 décembre, car c'est la banlieue qui vaut à Strasbourg sa réputation de le fils d'immigrés congolais avait pas un avenir doré qui l'attendait en bas des HLM. Pourtant, après quelques détours sur les mauvais chemins, il a trouvé la foi, en la musique et en Dieu, à travers le soufisme.

Un slam inspiré donc, un rap intelligent, qui se nourrit de sa culture multiple, où l'on croise Juliette Gréco, Reggiani ou Spinoza, des titres qui racontent des histoires de toutes les couleurs, d'Alsace à l'Afrique, entre conte alsacien et complainte du fils d'immigrés et des banlieues (c'est du lourd).

Et moi qui suis tellement allergique aux bons sentiments en plus d'être réfractaire à beaucoup de raps, j'avoue qu'il m'émeut, que son discours slammé me touche à tel point qu'il m'en devient suspect... En plus n'est-il pas devenu par trop populaire, par trop politiquement correct, en se faisant décorer Chevalier des Arts et des Lettres en janvier 2008 ?

Je vous laisse vous faire votre opinion et me dire si "c'est du lourd"!?

domingo, 16 de noviembre de 2008

La loterie de Noël : le gros le plus populaire d'Espagne

Je reprends ici les première lignes d'un article que j'ai publié sur ExpatEspagne sur le phénomène de la loterie de Noël à Madrid.

Un spectacle inouï

Pour qui n’est jamais venu à Madrid pendant les semaines (j’oserais les mois) qui précèdent Noël, le spectacle a de quoi surprendre…


Nous ne sommes pas en Pologne dans les années 80, vous n’avez pas entendu d’annonce alarmiste de guerre nucléaire ou de fin du monde imminente, il n’y a pas non plus l’air d’avoir une promotion monstre pour liquidation totale avant cessation d’activité dans les parages et pourtant… Non, vous ne rêvez pas, la queue qui s’échappe de cette échoppe fait bien tout le tour du pâté de maison sur la Gran Via, une des avenues les plus fréquentées de la capitale espagnole. (et H&M c'est de l'autre côté de la rue...)

Pour qui ne compte aucun Espagnol parmi ses proches, pas moyen de comprendre. Pour celui qui en connaît personnellement en revanche, passée la surprise, la raison de l’attroupement apparaît rapidement.

- J’ai fini par m’habituer pour ma part au fait qu’un docteur en sciences soit capable de courir chaque vendredi soir pour arriver avant la fermeture des magasins, acheter, éreinté, un billet d’Euromillions, où il a (à peu près) 0,00000000013 chances sur mille de gagner, et ressortir du kiosque, délesté de 2 € mais plus riche, l’espace de quelques heures, de l’espoir de ne pas avoir à aller au bureau le lundi suivant.

- Je n’ai presque pas tiqué lorsque mon médecin a quitté la consultation pour apporter sa participation à la loterie que lui réclamaient ses collègues.

Alors, lorsque j’ai fini par lever le nez et apercevoir le logo de la française des jeux (enfin l'équivalent espagnol) sous le nom de la boutique, Doña Manolita, et que j'ai réalisé qu'on approchait de Noël, il ne m'a pas fallu faire beaucoup d'efforts (je suis blonde mais quand même) pour deviner que ce qui se vendait comme des petits pains étaient des billets de loto.

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