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viernes, 20 de junio de 2014

Felipe VI, nouveau roi et renouveau royal en Espagne

Les cérémonies de couronnement du nouveau roi d'Espagne se sont déroulées hier, 19 juin. Felipe VI a prêté serment et fait son discours d'intronisation devant le Parlement à Madrid. Il s'est employé à séduire alors qu'il hérite de la lourde tâche de redorer le blason de la monarchie espagnole.
Felipe VI, Letizia et les infantas Leonor et Sofia.
Le message clé : renouvellement
La monarchie est encore loin d'être enterrée puisqu'une majorité d'Espagnols y est semble-t-il attachée, mais les déboires de Juan Carlos sur son yacht, ou à la chasse à l'éléphant ainsi que la mise en examen de l'infante Cristina après celle de son handballeur de mari ont ébranlé la popularité de la Casa Real. Ce désamour est particulièrement notable auprès des jeunes et des électeurs de gauche.

Dans ce contexte, il était vital que Felipe VI montre une volonté de rupture avec le passé, au moment de monter sur le trône. Bon, évidemment, ça fait 40 ans que le petit Felipe se prépare pour devenir roi et on ne risquait pas de le voir faire la révolution et envoyer balader toutes les convenances... Comme le protocole l'imposait, il a prêté serment en uniforme militaire et a reçu de son père la ceinture rouge de capitaine général des armées, mais quand même, pour les observateurs avertis, il semblerait qu'un air frais souffle au Palais.

Sans aucun doute conscient de l'enjeu de l'exercice, Felipe VI a multiplié les signes de cette volonté de "renouveau" :
1) la cérémonie a été laïque, et contrairement à ce qui s'était passé pour son père il y a 39 ans, il n'y a pas eu de messe célébrée à la cathédrale.

2) Seule Elena, une des deux "infantas", soeurs du nouveau roi a assisté à la cérémonie, avec son fils Froilan : Cristina et sa famille n'étaient pas présents.

3) Par un effet bienvenu de l'organisation des cérémonies, Juan Carlos n'était pas présent lorsque Felipe a prêté serment puisqu'il l'a laissé au Palais de la Zarzuela où le père avait remis la ceinture rouge au fils.

4) Prenant ses distances avec les affaires, il a promis "une monarchie intègre, honnête et transparente".

5) A part le gimmick lui-même de "monarchie renouvelée pour des temps nouveaux" déjà martelé auparavant et visiblement le message que la Casa Real voulait imposer dans les esprits, Felipe VI a filé la métaphore en déclarant aborder son règne avec "l'esprit ouvert et novateur qui inspire les hommes et des femmes de [sa] génération", tout au long d'un discours qui se voulait résolument ancré dans son siècle, où ont eu droit de cité nouvelles technologies, environnement et rôle de la femme dans la société.

6) Last but not least, à en croire les commentateurs de la chaîne antena 3, c'est ce même désir de renouveau et de proximité avec le peuple qui a amené Felipe à effectuer debout dans une voiture découverte le chemin qui l'a amené du Congrès des Députés au Palais Royal...
S'il ne fallait qu'un tour en voiture découverte pour se rapprocher du peuple, je pense qu'on verrait plus souvent nos gouvernants se balader en décapotable (en France c'est ptet plus hasardeux, vu les conditions météo du dernier début de mandat!)), mais ce n'est que mon avis !

Dans les boutiques, drapeau et photo du couple royal: 
moderne, non?

Féminisme et modernité!
Les commentateurs voient dans cette modernité et humilité affichées l'influence de sa femme, Letizia Ortiz, une "roturière", ex-présentatrice télé et divorcée! Letizia, issue de la classe moyenne, avec qui Felipe s'est marié par amour (ça c'est moderne!) souhaiterait, disent-ils, oeuvrer pour rapprocher la monarchie de ses sujets et de leurs préocupations.
La rumeur court notamment que le couple royal prendrait comme première mesure la suppression de la révérence pour les dames... Hé ouais, on y pense pas assez, mais il est vrai que c'est une injustice criante : on a vu Mesdames les ministres esquisser cette petite génuflexion devant le roi puis hésiter devant Letizia, tandis que Messieurs les ministres leur tendaient la main normalement.

En 2014, c'est vrai que c'est un peu has-been, alors pourquoi pas supprimer la révérence, ça coûte rien et ça fait moderne. En revanche, si je puis me permettre, ce n'est peut-être pas la première préoccupation des Espagnols...

Le discours du Roi en intégralité  

miércoles, 11 de junio de 2014

Felipe de Asturias sera Felipe VI

Depuis l'abdication de Juan Carlos I, le 2 juin, le processus de succession est en cours au sein des institutions espagnoles, qui se préparent pour permettre la proclamation du nouveau roi, Felipe VI, le 19 juin, au Parlement à Madrid.
Evidemment, le sujet occupe l'espace public et les débats sur le processus lui-même s'étendent au bien-fondé et à l'avenir de la monarchie parlementaire.

Ce qui a frappé la Française que je suis, tellement habituée à la République et à voter pour élire son président, que devenir chef d'Etat parce qu'on est né dans la bonne famille au bon moment, paraît une aberration doublée d'une injustice héritée d'un autre âge, c'est le nombre de gens comme vous et moi, les pieds bien dans le XXIe siècle, sans jabot ou perruque poudrée, et pas forcément grenouilles de bénitier ou va-t-en-guerre, qui sont plutôt favorables à ce que Felipe succède à son père, Juan Carlos.

La monarchie espagnole en crise? 
- Oui il y a eu des manifestations en faveur de la République, le 2 juin dernier, et ce dimanche, les photos ci-dessous ont tourné côte-à-côte sur les réseaux sociaux, pour tourner en ridicule la poignée de monarchistes qui a souhaité faire une contre-manifestation "en faveur de la constitution espagnole et de la monarchie parlementaire", samedi 7 juin.
http://www.huffingtonpost.es/2014/06/02/fotos-republica_n_5434110.html?utm_hp_ref=spain
En faveur de la République - GTRES

En faveur de la Monarchie, samedi 7/6/2014




- Oui, une semaine après l'abdication, dans 40 villes d'Espagne, des milliers de personnes manifestaient à nouveau pour un référendum et le droit de décider si oui ou non Felipe doit monter sur le trône.


- Oui, il y a une érosion de la popularité des Bourbons, comme le montre le graphique ci-dessous
http://www.eldiario.es/agendapublica/nueva-politica/monarca-debera-escuchar-jovenes-izquierda_0_266674440.html
Moyenne de "confiance dans l'Institution Monarchique". Echelle d'autopositionnement idéologique. Source CIS.

- Oui, il y a eu des remous lorsque le journal satirique El jueves s'est vu censurer une "une" jugée trop "sans-culotte" (à droite ci-dessous, le roi remet une couronne nauséabonde à son fils) par sa maison d'édition

http://www.elperiodico.com/es/noticias/politica/dibujantes-jueves-acusan-rba-censura-portada-rey-3292359

Une majorité d'Espagnols en faveur de la monarchie 

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne voient pas d'un mauvais oeil que l'Espagne demeure une monarchie parlementaire, à commencer par les deux principaux partis, Partido Popular (PP) et Partido socialista obrero espagnol (PSOE, parti socialiste), qui vont voter au Parlement la loi organique nécessaire à la succession et dont les leaders ont été impliqués dans la préparation de l'abdication.

Alors... que le PP, qui rassemble les différents courants de la droite, parmi lesquels les plus conservateurs, les héritiers du franquisme, les monarchistes, les catholiques, etc... soit un bastion de la monarchie, ça paraît logique, mais que le Parti socialiste ouvrier espagnol y soit favorable (seuls deux députés PSOE ont réclamé la liberté de vote pour le vote de la loi organique d'abdication, et s'ils rompent la discipline du parti, ils recevront une amende de 400€) vous avouerez que ce n'est pas totalement évident...

Et selon un sondage metroscopia pour El País, une majorité des Espagnols serait favorable à un référendum (62%), mais près de la moitié des interviewés déclare être, dans ce cas, disposés à voter pour une monarchie et pour Felipe comme roi. Et même chez les votants socialistes, on compte plus de potentiels votants pour la monarchie que pour la république (46% vs 43% respectivement)!

"Un référendum devrait-il être organisé pour que les Espagnols décident s'ils préfèrent que l'Espagne demeure une monarchie?" 
Sondage Metroscopia pour EL PAIS

Dans le cadre d'un référendum où vous seriez appelés à choisir entre une monarchie avec Don Felipe comme roi et une République présidée par une figure publique d'importance, que choisiriez-vous? 

http://elpais.com/elpais/2014/06/06/media/1402074496_679180.html
Sondage Metroscopia pour EL PAIS
49% une monarchie avec Don Felipe comme roi (79% chez les votants PP, 46% votants PSOE; 7% votants IU)
36% une république présidée par une figure publique d'importance. (11% PP, 43% PSOE; 86% IU)
PP: Parti Populaire; PSOE: Parti socialiste; IU: Izquierda Unida, gauche unie. 


5 raisons du soutien des Espagnols à la monarchie

1) D'abord la popularité de la monarchie a tenu au rôle et à la personnalité de Juan Carlos, et pendant longtemps, on a compté plus de juancarlistas, dont j'ai déjà parlé dans mon post sur l'abdication du roi, que de monarchistes en Espagne. Des 2 bords, certains voyaient en lui un rempart contre leur pire cauchemar: rempart contre le retour de la dictature militaire pour les uns, rempart contre la "chienlit" dont parlait un grand démocrate bien de chez nous, pour les autres.   

2) Le roi est une figure publique stable, une institution, par définition: l'homme incarne la fonction, il devient un symbole de l'unité d'une nation, comme le drapeau, ou l'hymne, et il est bon que la représentation de l'Etat-nation s'inscrive dans la durée.

3) Le roi est une figure apolitique, disent les partisans de la monarchie parlementaire, une figure publique, qui représente l'Etat espagnol dans la continuité, indépendament des orientations partisanes et sans être soumis à la temporalité des débats politiques.

3 bis) Dans sa fonction de représentation, il incarne l'Etat "sans arrières-pensées", et peut intervenir dans des moments de communion nationale, aussi bien festifs de tragiques, sans être soupçonné de vouloir récupérer l'événement pour des raisons électoralistes.

3 ter) Il voit justement ses pouvoirs limités à des fonctions de représentation, qu'il remplit aussi bien que n'importe qui, voire mieux puisqu'il parle a priori plus de langues que nos élus, et a été formé au protocole et n'empochera pas le stylo qui a servi à signer l'accord intergouvernemental devant les caméras du monde entier...

4) Le roi dans une monarchie parlementaire est contrôlé par le Parlement, par les élus, et c'est donc le peuple, qui décide in-fine des pouvoirs, du traitement et des droits qui sont accordés au souverain et à sa famille. Cela évite d'une part, les dérives d'un Président issu de la majorité qui pourrait, se faire voter des pouvoirs extraordinaires, ou, suivez mon regard, une augmentations de salaire, et d'autre part, le risque d'abus de biens...

5) Se sachant sur un siège éjectable, dépendant de la volonté du peuple, mais sans être totalement légitimé par un suffrage universel, le roi, par une sorte de mécanisme d'auto-censure, agirait dans le cadre de ses pouvoirs limités, de manière plus modérée, et dans l'intérêt réel et à long-terme du pays, alors qu'un Président issu d'un mouvement politique et qui connaîtrait la fin de son mandat, serait plus tenté de profiter au maximum des ors de la République, personnellement, ou dans l'intérêt de son parti.

Des arguments qui peuvent être débattus et pour certains retournés facilement mais qui prêtent à réfléchir à notre Ve République et aux garde-fous du pouvoir, non?

Plus d'infos et d'avis sur la question (pour les hispanophones):
Luis Arroyo: Para que sirve un rey
Agenda Pública: La legitimidad de Felipe VI pasa por la izquierda y los jóvenes
El País: La mayoría de Españoles desea una consulta sobre el modelo de Estado
Dossier de El País sur l'abdication du roi 


lunes, 2 de junio de 2014

Le Roi Juan Carlos I a abdiqué le 2 juin 2014

Le Roi Juan Carlos I a abdiqué aujourd'hui, lundi 2 juin 2014, au profit de son fils, Felipe, Prince d'Asturies. Mariano Rajoy, chef du gouvernement, a fait l'annonce de la décision du roi dans la matinée, et Juan Carlos s'est exprimé à la télévision et à la radio à 13 heures pour expliquer les raisons d'une décision qu'il dit "motivée par des raisons politiques et le besoin de renouveau  de l'Espagne".

http://s2.lemde.fr/image/2014/06/02/534x267/4430239_3_0845_le-prince-felipe-prendra-la-succession-de-son_36a53a128fc3af811ef43728df0108d7.jpg

Décidément!!!! la Roja qui remporte la coupe d'Europe, puis du monde, la crise économique du siècle, le mouvement des indignés du 15M, la fin du bipartisme, la démission du Pape (oops, je m'emballe...), j'ai été témoin en 6 ans en Espagne d'événements historiques sans précédents!

Evidemment, vu de France, la monarchie paraît un brin obsolète, et on pourrait ne voir dans ce roi qui abdique qu'une anedcote, une rémanence folklorique coûteuse au pire, un archaïsme au charme surrané et exotique au mieux.
 
Mais le départ de Juan Carlos est un événement important non seulement en raison du rôle qu'il a joué dans l'histoire de la démocratie espagnole, que même ses détracteurs reconnaissent comme fondamental, mais aussi de par les interrogations qu'il ouvre pour l'avenir de la monarchie dans une Espagne en crise.

Un symbole de stabilité et d'unité du "royaume d'Espagne" qui disparaît
Le Roi Juan Carlos I, arrivé sur le trône en 1975, à la mort de Franco qui l'avait désigné comme son successeur, a longtemps eu des partisans dans tous les camps politiques et dans toutes les couches de la population. On compte des "carlistas" (partisans de Juan Carlos) à droite bien sûr, mais aussi parmi à gauche, chez les Républicains(!) car beaucoup considèrent qu'il a agi, dans la transition démocratique, comme un rempart contre un coup d'état militaire et un retour de la dictature. Son rôle dans la crise du "23F" en 1981, tentative de putsch raté, qu'il a contribué à faire échouer en n'apportant pas son soutien aux putschistes, explique notamment sa popularité.

Une autre raison est qu'il a su trouver le ton juste dans son rôle de chef d'Etat: maniant l'humilité sans être dépourvu de ce qu'on pourrait appeler un certain "panache", à différents moments (cherchez par exemple "por qué no te callas" sur google, la phrase a fait son petit effet...) , assumant son rôle de représentation sans interférer dans les politiques menées par les gouvernements successifs, mais en assurant une place à l'Espagne dans le concert des Nations. La sympathie dont il a bénéficié viendrait aussi de son côté proche du peuple, paradoxalement. D'un côté, on ridiculise volontiers "los Borbones" (les Bourbons), de l'autre, on salue la simplicité bonhomme du roi.

La fin d'une ère, un changement... 
... de génération? 
Pourtant cette popularité s'est émoussée et l'abdication marque aussi la fin d'une ère, avec le départ d'un homme dont les frasques récentes (parties de chasse en Afrique et maîtresse connue de tous, installée sur la propriété du roi...) ont fait perdre une grande part du respect que les Espagnols portaient à la monarchie. Les affaires touchant son gendre, Urdangarin et sa fille, l'infante Cristina, ont contribué également à ouvrir une faille dans l'estime dont bénéficiait la famille royale.
Juan Carlos explique d'ailleurs son départ au nom du "renouveau" dont l'Espagne a besoin, et annonce qu'"une nouvelle génération est prête [...] pour affronter les défis de demain".
Son fils se prépare à affronter non seulement cette crise de désamour, mais aussi le possible éclatement de l'Espagne, avec les projets de la Communauté autonome de Catalogne de consulter les Catalans sur l'autonomie de leur région. 

"La révolution ne sera peut-être pas télévisée", mais l'abdication du roi a été twitée! 
La Casa Real a annoncé sur twitter l'abdication en images et aussitôt, les hashtags sur le départ du roi se sont multipliés, certains ironiques, d'autres respectueux. #Gracias Majestad, #el ReyAbdica...

... de régime ? 
Très vite, les twittos ont relayé l'information que 3 formations politiques de gauche appelaient à un référendum pour décider de la suite à donner à cette abdication. En principe, les textes prévoient qu'avec un Conseil des Ministres exceptionnel et une loi, la succession du Prince Felipe sur le trône soit assurée dans les semaines qui viennent. Mais Podemos, Izquierda Unida et Equo, partis de gauche et écologistes, réclament l'organisation d'un référendum pour en décider, souhaitant que le Prince Felipe se soumette à la volonté du peuple exprimée par les urnes.

Ce soir, la Puerta del Sol de Madrid est devenue une fois de plus l'épicentre des manifestations organisées dans toute l'Espagne par ceux qui réclament le changement : changement en faveur de la République et pour l'organisation d'un référendum pour que les Espagnols puissent décider s'ils veulent encore de la Monarchie. Les drapeaux de la République Espagnole (rouge,or et violet, drapeau de la IIe République, de 1931 à 1939) flottaient sur la place, tandis que les hashtags #IIIRepublica et "#AporlaTerceraRepublica sont devenus trending topics sur twitter!

Affaire à suivre! 

PS: Voir le photorama du figaro pour plus d'infos sur le règne de Juan Carlos Ie en images. 

domingo, 7 de junio de 2009

Voter (ou pas) aux élections du parlement européen en Espagne


J'ai hésité à appeler cet article "épisode 3 de Kafka chez les toros"... mais finalement je devrais titrer ainsi tous les articles qui parlent de mes relations à l'administration espagnole, alors, à force, ce serait lassant !

Aussi lassantes que les turpitudes de l'administration peuvent l'être finalement.

Aujourd'hui, "je suis colère" et je n'ai pas envie de modérer mes propos : par la faute d'une administration absurde et inefficace, je n'ai pas pu voter aux élections du parlement européen.
J'ai fait 3 bureaux de vote, avant de trouver le colegio electoral où j'aurais dû voter, mais je n'ai pas pu, je n'apparaissais sur aucune liste.

3 conditions pour pouvoir voter aux élections européennes en Espagne ce 7 juin :

  1. être citoyen espagnol ou ressortissant de l'Union Européenne
  2. être inscrit sur le registre municipal (le padron), c'est à dire être "empadronado" avant le 1e février 2009
  3. dans le cas des ressortissants de l'Union, avoir exprimé sa volonté de voter avant le 27 avril.

Cela paraît clair et assez simple.
Sauf... que le 3e point m'a été communiqué aujourd'hui...

Je suis "empadronée" depuis le 26 janvier 2009 à Madrid, et Française, et évidemment je souhaitais voter.

Sauf que... j'ignorais totalement qu'il fallait que je manifeste mon désir de voter. Il semblerait que j'aurais dû recevoir un courrier suite à mon empadronamiento, me demandant quelles étaient mes intentions et que j'aurais dû alors le renvoyer en cochant la case oui.
Sauf que... je n'ai jamais reçu ce courrier, ni aucun document relatif au vote.

Soyons sincères, je pensais ne pas avoir le droit de voter, dans la mesure où je m'étais empadronée après le 31 décembre 08. Mais de savoir que j'étais dans les temps et que j'aurais pu le faire si l'administration avait bien fait son travail, ça passe mal.

Alors même que la seule certitude dans tous les médias autour de ces élections était l'abstention, alors que depuis des semaines, on ne parle que de ça et que toute la classe politique se plaint du manque d'intérêt des citoyens européens pour leurs représentants au parlement... j'avoue que je l'ai un peu "saumâtre".

C'était le coup de gueule d'une Européenne frustrée au soir des élections du parlement européen... alors qu'effectivement l'abstention a été plus haute qu'en 2004 et que le PP (Partido Popular) a remporté 23 sièges (escaños) d'euro-députés soit 2 de plus que le PSOE (Parti Socialiste, au pouvoir) qui enverra 21 députés à Bruxelles et Strasbourg.

Triste soirée !

PS : Euronews a créé une page pour voir les résultats pays par pays et comparer avec 2004 et 1999.

viernes, 15 de mayo de 2009

Marseillaise versus marche royale: l'hymne espagnol sifflé et censuré


La finale de la Copa del Rey (coupe du roi) de football ce mercredi 13 mai, a mis sur le devant de la scène un sujet que j'avais eu envie de traiter ici, et a apporté un élément de réponse aux questions que je me posais sur l'hymne national espagnol.

Vous vous souvenez peut-être, le 11 mars, me rendant à mon bureau, je traversais la place de la Puerta del Sol et été témoin de la cérémonie en hommage aux victimes de l'attentat d'Atocha, à laquelle assistait Esperanza Aguirre. Ce dont je n'ai pas parlé dans mon post à ce sujet, c'est de la bande sonore d'une telle cérémonie : le requiem de Mozart suivi de l'hymne espagnol.

Tandis que je passais sous le regard de "la Espe", sur la Puerta del Sol s'élevaient les notes de ce marche, ce morceau de musique classique, sans parole, appelée "la marcha real" ou "la marcha granadera". Tous s'étaient figés et j'avais limite dû marcher sur les pieds d'un militaire au garde-à-vous, pour passer.

Toute la journée qui a suivi, je me suis surprise à fredonner cet air "Papa papa papapapapa pa..." (en écoute sur wikipedia c'est ptet plus parlant). Vous m'imaginez en train de fredonner la marseillaise ? Ben moi non, rien que d'y penser j'en ai des frissons.

La marseillaise, un hymne national qui cristallise les passions
Je ne me vois pas siffloter gaiement la marseillaise, d'abord parce que c'est un air sanguinaire et archaïque dans lequel je ne me reconnais pas, ensuite parce que, bien qu'un brin chauvine quand il s'agit de défendre le camembert au lait cru, le champagne (bien meilleur que le cava, toutes mes confuses à mes amis catalans), les médias, la richesse du patrimoine culturel, historique, gastronomique, et j'en passe et des meilleurs ;o) de la France, je rejette assez en bloc les symboles susceptibles de fleurer le nationalisme.

Mais là c'est pas pareil, l'hymne espagnol est muet, c'est une marche militaire, de la musique classique, martiale certes, mais mélodique.

La musique (sans paroles) adoucit les mœurs
Et je me suis demandé ce que pouvaient ressentir les Espagnols à entendre leur hymne, s'ils avaient ce même rejet potentiel de ce symbole de la nation. Peut-on totalement détester des accords de musique classique, qui n'incitent pas à la haine contre de supposés ennemis héréditaires ?

J'ai bien sûr posé la question à mon spécialiste es-Espagne et société espagnole personnel.
Je traduirai un jour dans ce blog en espagnol, les paroles de la marseillaise qui n'ont pas manqué de faire leur effet. Le bon goût français se pose là... Mais lorsque je lui parlais des sifflets et de la mauvaise relation qu'ont beaucoup de Français avec leur hymne, il n'a trouvé comme exemple de défiance que les couplets de l'hymne espagnol dans leur version enfantine. Rien de bien méchant !

A la recherche de la lettre perdue

Après quelques recherches, j'ai découvert que différentes "letras", paroles, avaient été ajoutées au long de l'histoire, qui portent les stigmates de leur époque. Récemment encore, dans une volonté de donner un sentiment d'unité plus fort aux Espagnols en leur donnant la possibilité d'entonner leur hymne (notamment aux sportifs, qui ne peuvent que l'écouter en silence lors des compétitions sportives), le comité olympique espagnol a lancé un concours pour donner des paroles à l'hymne. Sans succès : les propositions furent écartées (voir article sur rue89).

Hymne et identité nationale
La relation qu'on a avec son hymne, symbole national, ne vient évidemment pas seulement d'un problème de paroles, mais bien plutôt de son histoire et de la relation que chaque personne a avec l'Etat-nation auquel il appartient.

Défiance en France...
On ne peut que comprendre la réaction de djeunes (de banlieues ou non), issus de l'immigration ou simplement en rébellion contre le symbole d'un Etat national qui ne les traite que par la peur ou le mépris, contre la Marseillaise.

Symptôme plutôt que solution, une commission ad-hoc, créée après les derniers incidents dans des stades, s'apprêtait il y a quelques semaines à créer un délit pour sanctionner de 15000€ d'amende et d'une peine de prison ceux qui auraient sifflé ou conspué la Marseillaise.

Et en Espagne ?

Depuis que je vis en Espagne, il ne m'avait pas semblé noter une telle défiance envers l'hymne national.

... Jusqu'à cette semaine et la finale de la Copa del Rey. Voilà que tout à coup, j'apprends que l'hymne a été sifflé avant le match qui opposait le FC Barça à l'Athleti Bilbao (voir article du monde à ce sujet) et cette séquence de sifflets censurée par la télévision nationale espagnole (TVE).

Dans le stade se sont retrouvés face à face parmi les supporters des 2 équipes, les nationalistes en rouge et blanc (Bilbao) et nationalistes blaugrana (Barcelone) qui, pour certains, à part leur amour du foot, n'ont en commun que la haine de la monarchie et le rejet des symboles du pouvoir central espagnol.

Au moment où a résonné la marche royale, c'est le stade entier, à quelques exceptions près, qui s'est mis à vibrer de sifflets. Le responsable des programmes sportifs de la TVE a décidé de faire un décrochage en région pour ne pas diffuser ce moment à l'Espagne entière devant son poste. Accusé de censure, a été limôgé dans les jours qui ont suivi.

Alors, on siffle autant la Marseillaise que la Marcha Real ?
Que cette décision fasse débat, c'est certain. Fallait-il ou non retransmettre ce moment de liesse collective dirigé contre l'Etat espagnol ? Faire entendre cette réalité ou la masquer ? Il semble que les réactions ont été nettement en faveur de la faire entendre et la TVE a tranché.

Pourtant, je reste assez certaine que les Espagnols en général n'entretiennent pas de relation conflictuelle avec leur hymne : les sifflets de la Copa del Rey différent des sifflets français, ils traduisent plus les relations conflictuelles que 2 régions à l'histoire et à l'identité affirmée entretiennent avec le pouvoir central espagnol, qu'un malaise des Espagnols vis-à-vis d'un symbole national. Pour les Espagnols qui ne sont pas de ces régions, il me semble que c'est encore un consensus ou une relative indifférence qui fait loi.

Amis Espagnols, Catalans, Basques ou Castillans : qu'en pensez-vous ?

PS : au fait, le Barça a gagné ;o)
Plus d'infos : Article de Libération ; article sur les sifflets contre la marseillaise sur rue89

lunes, 27 de abril de 2009

La nouvelle révolution française ?

Ben dites moi !! Il s'en passe des choses en France en mon absence !!

On peut pas les laisser une semaine, à la recherche du soleil perdu (cherchez pas en Andalousie, il y est pas), qu'ils se déchaînent. Et je croule sous les idées de posts, de trucs à commenter, d'avis super importants à partager !

En dépit des sorties spirituelles de l'omni-président à talon et de sa consœur en humilité, j'ai des raisons d'être pas trop mécontente de ce qui se passe en France ou plutôt de ce qu'on en entend à l'étranger. Pour une fois, je ne suis pas honteuse d'être Française à l'étranger, ce qui assez rare pour que je vous en fasse profiter !

Les Français, ces éternels rebelles

Les grèves, les manifs, c'est du passé, les Français s'illustrent désormais par un nouveau mode de protestation : la séquestration de patrons. A période extrême, mesures extrêmes...

Loin de moi l'idée de justifier ces actions, mais il faut reconnaître, qu'entendre jour après jour les montants des bonus offerts à ceux-là mêmes qui sont responsables de la crise actuelle, en alternance avec les sommes hallucinantes englouties dans le système bourso-bancaire, ça vous transformerait en bolchévik sanguinaire le plus doux des agneaux ! Voire, ça pourrait même amener le meilleur ami des patrons du Cac 40 à dénoncer les abus des "banquiers voyoux" !

Il me semble que ces actions sont à la hauteur du sentiment d'injustice de ces employés qui vont se retrouver à la rue, tandis que les actionnaires des industries qui les mettent à la porte vont continuer ou reviendront très vite à engranger des bénéfices faramineux.

Dans tous les cas, notre réputation de râleurs a encore de belles années devant elle !

Vent de révolte et imagination

Même si tous ne vont pas jusqu'à la séquestration, les rangs des déçus et des contestataires grossissent à mesure que les réformes touchent les différents secteurs de la société française. Pas besoin de s'appeler Villepin pour sentir le "risque révolutionnaire".

Après les juges, les universitaires, les étudiants, les hôpitaux, les employés du secteur privé et du secteur public, ce sont les députés socialistes qui se décident à se mobiliser pour mettre leur grain de sable dans la machine sarkozyste.

L'échec (provisoire) de la Loi Hadopi
Partie en vacances le 8 avril, j'ai appris seulement à mon retour la victoire contre toute attente des opposants à la loi Création sur Internet. La très controversée loi "Hadopi" vise à lutter contre le piratage. Elle tient son nom de l'une de ses parties qui porte sur l'instauration d'une Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet. Après des mois de débats et des centaines d'amendements, la loi n'a pas pu être adoptée le 9 avril 2009, en raison de la présence insuffisante des députés de la majorité UMP, mis en minorité par des élus de gauche arrivés au dernier moment pour le vote.

Alors évidemment, ce n'est que partie remise, car dès cette semaine, le texte sera de retour à l'Assemblée. Evidemment, il faut des lois pour adapter le droit de la propriété intellectuelle aux enjeux d'Internet, mais ce grand moment de démocratie m'a fait plaisir, pourquoi bouder sa joie !?!

Le gouvernement qui avait fait de ce texte un symbole, en dépit des réticences et réserves de nombreux acteurs des nouvelles technologies, avait souhaité un mode d'adoption de la loi à main levé.

Cache-cache à l'Assemblée
Avant le vote, les députés étaient peu nombreux dans l'hémicycle (16 majorité, 8 opposition) et au dernier moment, 13 membres de la gauche prévenus par SMS sont sortis de derrière les colonnes, voire selon certaines sources, de derrière les rideaux de l'Assemblée. En petit nombre mais majoritaires, ils ont voté contre, réjoints par le seul député centriste présent et leurs voix ont suffit à faire capoter le vote. Au bout du compte, le texte a été rejeté avec six voix de majorité !

Cet acte de flibuste, assez peu représentatif de ce que devrait être une démocratie mature, me fait pourtant doucement rigoler, d'autant que je trouve que ça illustre bien le malaise que provoque cette loi rédigée par des personnes aussi calées en web que moi en physique quantique et qui votent ce que leur dictent les lobbies, sans se poser la question de l'applicabilité de ladite loi.

un échec cuisant qui a fait un buzz direct sur la toile, quasi-unanimement opposée à la loi Hadopi.

La semaine promet d'être riche, entre le retour d'Hadopi à l'Assemblée... et les défilés du 1e mai ! Avec un chômage à plus de 17%, l'Espagne est tétanisée. On aurait presqu'envie que râleurs et agitateurs essaiment des cortèges ici aussi !

Rêvons un peu : les socialistes enterrent la hache de guerre et leurs querelles d(e S)'égo. Les syndicats jouent l'unité et rebondissent sur la forte mobilisation pour entamer des négociations. Tous deviennent forces de proposition.
Ce serait déjà une vraie révolution !

Bon, après ces derniers posts très politiques et pas très madrilènes, je vous promets, je me remets très bientôt au tourisme et aux bons plans ibériques !

domingo, 26 de abril de 2009

Sarkozy ou la dipomatie à la veille d'une visite en Espagne

De retour de vacances, j'apprends en une seule phrase les dernières péripéties franco-espagnoles : on me dit que Sarkozy a traité Zapatero d'imbécile et que Sainte Ségolène avait à nouveau fait le coup du "pardonne lui il ne sait pas ce qu'il fait" en notre nom à tous en présentant ses excuses au président du gouvernement espagnol pour ces insultes. (Même pas eu le temps d'avoir honte, que déjà j'étais excusée... quelle efficacité !)

A la veille de la visite d’Etat du président (hélas) des Français dans la capitale espagnole, une telle histoire m'a paru du meilleur effet, un vrai stimulant pour les relations franco-espagnoles.



Comme Nicolas Sarkozy sera en Espagne les 27 et 28 avril (demain donc), ça me paraissait assez peu subtil comme sortie ! Non pas qu'il nous ait habitués à des prouesses de finesse et de délicatesse, le nain à la talonnette aussi épaisse que son égo, mais de là à se mettre "son copain" à dos à 2 jours de sa visite, et risquer d'être reçu comme un chien dans un jeu de quilles, y a des limites.

Avec un peu de retard, j'ai donc cherché à en savoir plus sur cette histoire et comment cette sympathique remarque avait été prise ici. Petit compte-rendu :

"Zapatero n'est peut-être pas très intelligent, mais il gagne les élections"
Le 16 avril, Libération rapportait les propos que Sarkozy aurait tenu au cours d'un déjeuner avec des parlementaires à l'Elysée la veille, où il aurait sympathiquement taclé les autres grands (façon de parler) de ce monde, entre autres, Obama, Merkel et Zapatero.

Au milieu d'un numéro d'auto-congratulations, Sarkozy n'aurait pas caché son contentement, de voir Zapatero, pourtant socialiste, "s'inspirer de lui" pour supprimer la publicité à la télévision publique. Ce à quoi Emmanuelli aurait répondu "chez Zapatero, il y a à prendre et à laisser". Réplique de Sarkozy : "Il n’est peut être pas très intelligent, mais lui, au moins, il gagne les élections. J’en connais des beaucoup plus intelligents, qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle."

Madame K2R en action
Ni une ni deux, Ségolène Royal, dont ça devient l'habitude, après avoir présenté ses excuses le 6 avril à Dakar pour les propos de Sarko sur l'homme africain, a envoyé un courrier pour s'excuser à Jose Luis Zapatero, pour ce qu'elle qualifie de «propos injurieux». J'aime beaucoup le surnom que lui a trouvé l'éditorialiste du Dauphiné Libéré à ce sujet : Ségo, c'est Madame K2R, qui efface toutes les souillures !

Les propos rapportés à Libération ont été démentis par l'Elysée. Vrais ou faux, injurieux ou élogieux, en Espagne les propos ont fait mal. Qu'un président étranger insulte l'un des plus hauts représentant de l'Espagne, ça n'a pas beaucoup plu. Malgré tout le mal qu'ont pu en dire les dirigeants du Partido Popular, Zapatero reste le chef du gouvernement.

Les réactions en Espagne : le PP s'emporte, Zapatero apaise
Selon le correspondant de Radio France à Madrid, "les propos attribués à Nicolas Sarkozy ont ému. Ils ont franchement vexé les gens, toutes tendances politiques confondues. La presse en a abondamment parlé, en regrettant, en dénonçant plutôt, de telles paroles blessantes à l’égard du Président du gouvernement d’un pays voisin et théoriquement ami!"

Responsable de la communication de l'opposition, Esteban González Pons a commencé par estimer que «Sarkozy pourrait avoir raison» avant de rectifier, précisant que «Zapatero est notre Président et, quoi qu'il arrive, s'il est attaqué de l'étranger, nous serons amené à le défendre».

Mathieu de Taillac journaliste français qui vit en Espagne, confirme sur slate.fr : les réactions ont été parfois plus violentes. "«Mais qu'est-ce que tu veux, le nain». La réplique de cour d'école n'est pas issue du Parti socialiste (PSOE) de Zapatero, mais des rangs même de l'opposition de droite, de la bouche du député européen du Parti Populaire (PP) Luis Herrero."

L'ensemble des réactions ont été d'autant plus vives que les Espagnols ne portent pas, historiquement, un grand amour à nos dirigeants, ni même aux Français en général. Nous sommes régulièrement accusés, de ce côté des Pyrénées, de suffisance, d'un complexe de supériorité et de condescendance à l'égard des Espagnols.

Quant à la sortie de Soeur Ségolène, elle n'a récolté qu'ironie ou indifférence.

Au final, le seul qui soit resté zen, c'est encore le plus directement concerné : Zapatero n’a pas voulu entrer dans la polémique. Il a déclaré au Monde «Je connais bien Nicolas Sarkozy. Il a toujours été généreux dans la relation, et élogieux. Il n’y a donc aucun problème. Cela n’appelle aucune explication avec moi».

Intelligent Jose Luis ?
Dans tous les cas, le président du gouvernement espagnol fait montre d’une sagesse, d’une retenue, dont certain(e)s feraient bien de s’inspirer !



Dans la presse espagnole :
- El periodico
- La vanguardia

Crédit photo : elperiodico / JUAN MANUEL PRATS

lunes, 6 de abril de 2009

Les cuisines du sommet de l'OTAN à Strasbourg

Un manifestant anti-OTAN à Strasbourg, le 3 avril 2009.
REUTERS/© Wolfgang Rattay / Reuters

Loin des émeutes, de la violence des affrontements entre forces de l'ordre et altermondistes, à mille lieux des grandes décisions politico-stratégiques des grands militaires de ce monde, ce que je retiendrai du sommet de l'OTAN qui s'est tenu les 3-4 avril à Strasbourg, c'est la petite histoire que m'a racontée une jeune personne qui a vécu une partie du sommet de très près.

Une de mes connaissances travaille en effet dans les cuisines d'un grand hôtel strasbourgeois, où était lôgée la délégation espagnole.

Mon petit doigt m'a dit qu'un haut dignitaire espagnol a voulu manger à l'heure espagnole...
et s'est retrouvé gros jean comme devant...

En Alsace, vous l'apprendrez, haut dignitaire ou non, on ne demande pas à déjeuner, même léger, après 13h30... et si on demande à déjeuner et que le restaurant réalise un plat, on ne peut pas non plus finalement demander simplement à ce que ce soit servi plus tard. Les horaires des repas c'est sacré en dehors des frontières de l'Espagne !

L'histoire ne dit pas si le monsieur a mangé au snack près de la gare pour calmer sa faim.

Le rythme espagnol oui, mais pas trop loin d'ici !

PS: c'était la rubrique "les dessous de l'histoire"selon Paquerette ! En espérant que vous ne me tiendrez pas rigueur de la futilité de ce post. Je vous renvoie pour plus d'infos sérieuses aux articles du post.fr et pour les images de Strasbourg en état de siège au site strastv.com

miércoles, 1 de abril de 2009

Le tailleur bleu d'Esperanza

Il y a quelques semaines, comme chaque matin, je traversais Sol, de son vrai nom La puerta del sol, sous le soleil comme il se doit, pour aller au travail.


Mais ce matin-là, il y avait quelque chose de différent ! J'ai traversé la place au son de l'hymne espagnol et sous le regard d'Esperanza Aguirre.

Enfin "sous le regard", je me comprends ! Elle ne me regardait pas moi évidemment, mais elle était au garde à vous, le regard fixe droit devant elle tandis que je passais là...

et je me suis fait plein de réflexions qui elles-même ont amené d'autres réflexions.

1. Qui est Esperanza Aguirre?

C'est dommage qu'elle soit pas Française, tiens, parce que ça me ferait plaisir de voir ce que le Canard Enchaîné ou Stéphane Guillon (sur France Inter, chronique quotidienne d'humeur politique) dirait de ce cadre du Partido Popular (PP), une femme fière, à la bouche pincée et à la peau tirée, qui est à la tête de la communauté de Madrid, où elle s'applique à démanteler les services publics.

Une femme de droite, bien rance, bien conservatrice et libérale mais qui se targue d'être moderne parce que femme en politique, justement (tiens, ça me rappelle quelqu'un).

Tout le monde la connaît pour ses déclarations tonitruantes et sa récente implication dans le feuilleton d'espionnage au sein du parti populaire.

2. Le tailleur bleu d'Esperanza
"On la voit de loin, Esperanza, dans son tailleur bleu vif" me suis-je dit en passant ce matin-là sur la place, alors que résonnait l'hymne espagnol. Et là, de suite, je pile. Comment est-ce possible que MOI, je m'attarde sur ce genre de détails futiles avant même de me demander ce qu'on célèbre ?

Je fustige les journalistes qui déblatèrent sur la couleur du tailleur de Ségolène et je suis tout aussi superficielle qu'eux dans la même situation.

Une femme en politique devrait seulement être jugée pour ses actes, tout comme jamais on ne va parler de la couleur de la cravate d'un homme politique...

Mais c'est vrai, en fait, que ça pète au milieu de ces costumes gris, un bleu roi comme ça !

Et puis, j'ai moins de scrupules parce que cette femme justement, a profité de la journée de la femme pour attaquer le parti socialiste au pouvoir en Espagne (elle est dans l'opposition, on peut la comprendre mais quand même) sur sa politique en faveur du droit à l'avortement. Alors si elle est basse, je vois pas pourquoi je le serais pas...

3 Que faisait-elle là ?
Elle était là pourquoi, alors, Esperanza Aguirre? C'était quoi cette cérémonie ?

Ce jour-là, c'était le 11 mars...
Je suis Française, je ne vis pas en Espagne depuis assez longtemps pour que cette date m'évoque grand chose. Pour un Espagnol évidemment ça aurait fait "schlink" (leur franc serait tombé comme dit mon ami belge).

Le 11 mars 2004 avait lieu l'attentat à la gare d'Atocha à Madrid, par où transitent chaque jour des milliers de madrilènes. Le 11M, comme disent les Espagnols, la dizaine de bombes déposées dans les trains de banlieue a tué près de 200 personnes et blessé 1400 autres.

Chaque 11 mars, on commémore le drame. Aguirre était venue, en compagnie du maire de Madrid, Gallardon (du PP aussi), déposer une couronne en hommage aux victimes, devant la plaque commémorative de la mairie.

Je ne rentrerai pas dans les détails du conflit entre gauche et droite qui a eu lieu à cette occasion.
Pour faire court, le Parti Socialiste de Madrid (PSM) avait annulé sa participation à la cérémonie pour protester contre la fermeture de l'enquête sur les affaires d'espionnage au sein du PP.

Disons simplement que la douce Esperanza a profité de l'occasion pour tailler un costume (bleu ou non) au PSM !

sábado, 31 de enero de 2009

Pas d'objection à la citoyenneté

Le Tribunal Suprême a tranché le 28 janvier : les Espagnols ne pourront pas objecter à l'éducation à la citoyenneté.



"L'éducation à la citoyenneté et aux droits de l'homme" est enseignée aux élèves des dernières années du primaire et durant tout le secondaire (de 12 à 16 ans). Mis en place en 2006, à la suite d'une directive européenne de 2002, ce cours vise à transmettre des valeurs démocratiques et constitutionnelles.

Un cours controversé
Certains parents choqués que l'école puisse prendre en charge une certaine transmission de valeurs morales ont refusé que leurs enfants assistent à ces cours, invoquant l'objection de conscience, au motif que cette matière constitue un endoctrinement de leur progéniture, contraire à leurs croyances.

Le Partido Popular s'est battu aux côtés des associations de parents en question(catholiques pour la plupart), depuis la mise en place de cette matière à l'école, pour la rendre optionnelle ou la vider d'une partie de son contenu. Le parti d'opposition considère que cette matière viole la liberté d'opinion et de religion des parents : transmettre des valeurs aux enfants relève de la sphère familiale, disent les représentants du PP, et l'enseignement délivré par l'école pourrait aller à l'encontre des valeurs éthiques, morales ou religieuses des parents.

Des associations conservatrices ont appelé aux boycott affirmant que l'enseignement de cette matière était une attaque contre les fondements de la civilisation chrétienne.

Pourquoi tant de haine ?
Pendant ces cours, les élèves entendent parler de démocratie, de droits de l'homme, mais aussi de sexualité, d'amour et de la famille.

Depuis 3 ans l'éducation à la citoyenneté était une pomme de discorde entre la droite et la gauche, un combat emblématique, un peu comme en France les débats entre les défenseurs de l'école publique et de l'école privée.

Je passe sur les débats enflammés, les tentatives d'aménagement, les petits arrangements entre amis avec cours en anglais de "citizenship" aux élèves d'Alicante, les couacs entre tribunaux (en Asturies, on déboutait des parents catholiques, en Andalousie, une autre famille se voyait reconnaître son droit d'objection de conscience). Je ne rentrerai pas non plus dans les détails des positions ubuesques selon que les communautés autonomes étaient dirigées par la droite ou la gauche (l'Espagne est divisée en communautés autonomes qui sont notamment en charge de l'éducation primaire et secondaire).
A présent les choses sont claires.

Dénouement
Le Tribunal Suprême a donc confirmé que ce cours est conforme à la constitution, qu'il est bien obligatoire et que les parents ne pouvaient pas faire usage de leur droit d'objecter pour refuser que leurs enfants y assistent.

Les élèves espagnols ne pourront donc plus sécher impunément et passeront l'examen comme pour n'importe quelle autre matière.

Plus d'informations (en espagnol) : article d'El Pais.
Crédits photo : Gorka Lejarcegi

martes, 27 de enero de 2009

Utopia, ma révélation : Leo Bassi

Alors évidemment je vais de nouveau passer pour une inculte aux yeux des plus branchés de mes lecteurs, en faisant part de ma dernière découverte et de mon dernier émerveillement...
Tant pis ! Je me lance : il y a quelques jours, je suis tombée sous le charme de Leo Bassi.


Là j'entends déjà les voix des blasés et autres intellos de gauche :
- hAn, l'aut', elle connaît pas Leo Bassi ! Elle sort d'où ?

Pire encore, si je me mets à dire que j'ai adoré Utopia à des Espagnols qui connaissent les spectacles précédents de ce clown anarcho-laïciste et empêcheur de penser droit :
-Como ? Le ha gustado esta obra superfloja... y eso que el Bassi ya no es el que era...

Pour les gens qui comme moi ne connaissent pas Leo Bassi, sachez qu'il est un artiste circassien (un clown pour faire plus clair) et fait partie de ce qu'on appelle "les artistes engagés" (donc de gauche). Bref, Leo Bassi est un clown politique qui présente ses critiques acerbes et drôles sur les scènes du monde entier. En France on l'a vu au Festival d'Aurillac notamment.

Un clown agitateur de pensées
Depuis des années, cet italien, fils, petit-fils, petit-petit fils d'artistes du cirque joue de l'humour pour passer un message, à moins que ce ne soit l'inverse et qu'il ne parle de politique et de concepts philosophiques pour déclencher l'hilarité ?

En tous cas, il titille, agace, appuie la où ça fait mal. Et toujours avec des grands gestes extravagants. Il dénonce les injustices et les incohérences du monde capitaliste, exècre les mous et les tièdes mais aussi l'hypocrisie de l'Eglise catholique. Il pousse la provocation à son paroxysme, allant jusqu'à manger des excréments à la télé ou à en balancer sur son auditoire.

Il dérange visiblement et allègrement.

Lancé en 2005, son spectacle La révélation va encore plus loin. Le spectacle traite alors entre autres des dérives des 3 religions monothéistes (christianisme, islamisme, judaïsme mais aussi sectes et autres églises évangélistes). Voir une page en français présentant le spectacle

Petit extrait : Nous vivons un énorme paradoxe. Jamais nous n'avons eu autant recours à la technologie, jamais la science n'est allée si loin mais pour autant cela faisait bien longtemps qu'on ne s'était pas tourné vers la pensée obscurantiste des sectes (scientologie, etc.), des fondamentalismes et des différents ésotérismes avec tant de force.

Le ton passe mal auprès des Catholiques d'Espagne dont la frange extrémiste franquiste tente de faire taire le bouffon : il reçoit insultes et menaces de mort.

Le 1e mars 2006, une bombe artisanale est déposée avant la représentation de la révélation, dans la salle du théâtre de l'Alfil à Madrid. Les forces de police arrivent sur les lieux, le spectacle est annulé, mais Bassi improvise une déclaration à la presse, disant qu'il ne renoncera pas. D'autres représentations sont annulées à la même époque dans le reste du pays, en raison des protestations des autorités religieuses ou de menaces d'attentat.

Leo Bassi a peut-être été choqué autant qu'il a choqué, mais il n'en montre rien. Au contraire, même s'il a été forcé de prendre des gardes du corps, il continue de manier les mots et l'humour féroce.

Dans son dernier spectacle Utopia (page en espagnol), Bassi nous parle de la crise, de la chute du système libéralo-capitaliste mais aussi des valeurs humanistes, d'Aznar et d'homosexualité. Il endosse le costume du clown blanc pour critiquer le relativisme ambiant et jeter des ponts entre le cirque et la politique, entre la salle et la rue, la scène et la réalité.

Il paraît qu'il s'est calmé, assagi, que ses éclats n'ont plus rien à voir avec ceux du passé, qui ont provoqué l'ire des fascistes. Les critiques le voient "moins clown et plus métaphysique" (article de El Pais en espagnol).
Il ne balance plus d'excréments mais des confettis ! Il n'empêche, on passe du rire aux larmes, du désespoir à la révolte et à l'envie de changer le monde. Par la révolution, pas la violente, celle qui passe par chacun de nous, celle de l'humanité et du rire.

Leo Bassi revient au théâtre Alfil avec Utopia pendant tout le mois de février.

Pour les hispanophones, je vous conseille de jeter un œil au blog de Leo Bassi, qui retrace jour après jour les aventures de ce clown bouleversant et invite au débat sur l'actualité artistique, sociale et politique...

lunes, 19 de enero de 2009

Bus athées contre bus religieux en Espagne

Dieu n'existe probablement pas. Arrête de t'inquiéter et profite de la vie !

Il y a une dizaine de jours, ces messages athées aux couleurs acidulées ont fleuri sur deux lignes de bus du centre ville de Barcelone.

Après la Grande-Bretagne et avant l'Italie, la campagne d'affichage montée par une association athée, l'Union des athées et agnostiques rationalistes, déclenche les controverses dans une société espagnole où modernité ne rime pas avec laïcité.

Réponse des évangélistes : SI ! Dieu existe !

La réponse ne s'est pas fait attendre : l'archevêché de Barcelone a déclaré dans un communiqué de presse que pour les catholiques, "la foi en Jésus n'était pas un obstacle à pour profiter honnêtement de la vie".

Plus agressif, le responsable d'une association catalane de promotion des valeurs familiales a dénoncé une campagne basée selon lui sur la haine de la religion.

L'Observatorio Antidifamación Religiosa (l'observatoire anti-diffamation religieuse) a qualifié cette campagne d'illégale (info en espagnol : 20minutos.es)

Ne voulant pas rester les bras croisés, avant même l'arrivée prévue pour la fin du mois de ces publicités sur les bus de Madrid, une église évangéliste a réagi et acheté des espaces publicitaires pour placer ses propres messages sur deux lignes de transport publique madrilène (voir ci-contre) affirmant Si, Dieu existe : profite de la vie en Jésus.



Je ne peux pas m'empêcher d'être surprise par cette bataille de bus. Ma première réaction face à la campagne athée serait de sourire... Je ne suis pas croyante, j'y vois surtout un message d'optimisme et une campagne contre le défaitisme ambiant. Pourtant, quand j'y pense, je me demande si je ne me sentirais pas atteinte dans mes convictions si j'étais croyante...

La surenchère des évangélistes me paraît logique en ce sens. Ce qui me laisse le plus perplexe, passé le sourire, ce sont les motivations des athées.

Au-delà de la provocation, quel besoin ont des athées en 2009 de proclamer leur absence de foi de cette manière ? Si c'est pour faire réagir et parler d'eux, le but est atteint.

Mais on peut lire dans les médias que la campagne a été lancée en Grande-Bretagne, en réaction aux messages apocalyptiques promettant l'enfer à toutes les brebis égarées, si elles ne retrouvaient pas le droit chemin rapidement (et ne versaient pas 1000€ pour ce faire à l'église, j'imagine).

Si j'aime leur invitation à plus de légèreté et la touche d'humour, je m'interroge... les athées se sentent-ils donc menacés pour avoir besoin de réagir ainsi et de proclamer publiquement leur croyance (en l'occurrence en l'absence de dieu), en ayant recours, au passage, aux méthodes qu'ils dénoncent ?

Pour une Française habituée à la séparation de l'Église et de l'État, un de pilier de la société française, n'en déplaise à notre Président, les proportions que prend cette nouvelle croisade est pour le moins surprenante sinon surréaliste. Pour moi, l'hypothèse de l'existence du divin relève de la sphère personnelle, un point c'est tout.

Croire ou ne pas croire, c'est mon problème.
En France. Pas en Espagne.


Replaçons les bus dans le contexte du pays : la religion a longtemps structuré et structure encore la société espagnole. Le temps où la dictature s'appuyait sur l'Eglise et inversement n'est pas si loin et même si la monarchie parlementaire actuelle a rompu avec l'héritage du franquisme, l'institution religieuse occupe toujours une place importante dans la politique du pays.

Il faut savoir que l'immense majorité des Espagnols est baptisée et entre 76% et 85% d'entre eux se déclarent catholiques, pratiquants ou non. ll fut un temps où l'apostasie (ou renonciation publique à sa religion, mot que j'ai découvert ici au passage et je m'en vante pas), en plus d'être considérée comme un péché mortel, était tout bonnement impossible.

Certes, le souvenir cette époque s’efface : près de 50 % des 15-24 ans se déclarent non-croyants contre 22 % en 1994.

Pourtant, au moment des élections de mars 2008, j'ai été particulièrement choquée par les références que faisait le parti populaire (Partido Popular, de droite) à la religion et encore plus par la prise de position de l'église catholique. Les évêques espagnols ont appelé publiquement à voter contre Zapatero et le gouvernement socialiste sortant, au motif que celui-ci avait négocié avec les terroristes de l'E.T.A.

Le plus surprenant pour moi est que les uns sont d'accord, les autres non, certains s'en moquent mais personne n'est surpris...

Dans ce contexte, notamment parce qu'ils représentent la plus grande minorité religieuse du pays (selon les propos d'Albert Riba, président catalan de l’Union des athées et libres-penseurs) les athées ont tout intérêt à se faire entendre en Espagne !

Plus d'infos : LeMonde.fr ; ibere espace
actualisation : sur lepetitjournal madrid aussi on en parle : le bus qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas.

lunes, 5 de enero de 2009

Pas par Aznar ?

Je passe du côté obscur de la force...

Je cède à mes tendances langue de zorra*...

Il paraît que malgré le démenti formel et outré dont le moustachu s'était fendu, ce serait bien lui le Papa de l'enfant nouveau-né de Rachida Dati...

Et pour les râleurs qui seront ptet déçus de voir que je donne dans le pipolo-sensationalisme, je rappellerais tout de même que cette nouvelle a sa place dans la migrationdelacigogne :
si c'est pas une histoire de rapprochement franco-espagnol, ça, je sais pas!!

Source : http://www.bakchich.info

Bon je vais me coucher, en espérant que cet article ne me vaille pas le charbon de la part des rois mages. (Ce soir, les enfants espagnols doivent se coucher tôt, après avoir assisté à la cabalgata malgré le froid, et vont mettre leurs chaussures reluisantes sur le balcon ou sous l'arbre, qui seront garnies de cadeaux demain à leur réveil. Ceux qui n'ont pas été sages en revanche n'auront droit qu'au charbon...)

* je m'autorise un petit jeu de mot, Zorra, féminin de zorro (renard) ayant en espagnol un sens figuré : "femme de petite vertu, qui couche avec beaucoup d'hommes et en change souvent"

viernes, 5 de diciembre de 2008

6 décembre : jour de la constitution

Pour moi, le 6 décembre est important car c'est la St Nicolas... souvenirs de l'enfance, d'effluves douces et sucrées dans les froides journées de décembre en Alsace.

Ici, en Espagne, le 6 décembre est également important, c'est même un jour férié. Comme il y a beaucoup de jours feriés, je n'ai pas fait tellement attention à sa signification. Mais il se trouve que le 6 décembre est suivi du 8 décembre ferié également, ce qui provoque un pont, voire un aqueduc dans certains cas.

Je suis donc en congés pour un we prolongé, et la moindre des choses que je pouvais faire, c'était vous faire partager ma découverte quant au pourquoi de ce jour férié :

Le 6 décembre 1978, trois ans après la mort de Franco, la nouvelle Constitution est promulguée, marquant le début de la Transición Española qui transforma l'État autoritaire de 1975 en Monarchie parlementaire.

Cette année cela fait donc 30 ans exactement que la constitution espagnole a été promulguée.

lunes, 20 de octubre de 2008

La honte : j'ai lu Voici !

Heureusement que mon blog ne fonctionne pas encore comme facebook! Parce que sinon, je vais me griller à vie auprès de tous mes amis et connaissances...
En effet, je dis ça parce que j'ai découvert récemment les conséquences de la nouvelle version de facebook : j'ai posté naïvement un mot sur le "wall" (tu sais maman, la page publique) de ma petite soeur en lui donnant l'adresse de lamigrationdelacigogne, et pof je me suis retrouvée avec des amis qui me disaient qu'ils avaient découvert mon blog via facebook...

J'ai ha-llu-ci-né (comme disent les djeunes)!

J'en suis ravie hein, notez bien, mais tout de même, je n'en reviens encore pas de la manière dont circule l'information, qu'on le veuille ou non...
Bien que chargée de communication online (avec des racines blondes toujours...), il faut croire que je ne maîtrise pas encore toutes les potentialités des réseaux sociaux en ligne et autres outils interactifs !

Bref, tout ça pour dire que oui, j'avoue, un peu honteuse, j'ai lu Voici* pour la première fois de ma vie. Honteuse pas parce que c'est la première fois, mais parce que pour la snobinarde intello de gauche que je me targue d'être, lire un de ces déchets de la presse people et populo, c'est un peu comme de voter Sarkozy ou de manger au MacDo... vous jugerez de l'importance du traumatisme !

Non, je vous rassure, pour ceux qui me connaissent, Paquerette a toujours ses fleurs dans la tête, "non, yé né pas changé", (et non je ne cherche pas d'excuses!!): le magazine est arrivé au bureau car l'entreprise pour laquelle je travaille y bénéficie d'un encart, et je n'ai pas pu résister à la tentation des gossips... j'ai commencé par jeter un oeil avec dédain et me suis retrouvée quelques minutes plus tard absorbée dans la description de la transformation de Ségo** pour son show au Zénith, avant d'emporter le numéro à la maison dans l'intention d'y décrypter mon horoscope... pour le reste des pages, je vous dirais, pas de risque que je devienne accro, je connais pas la moitié des gens!

voici, voilà, mea culpa...

ps : encore un post qui sert à rien et qui va m'attirer les foudres des bien-pensants (j'en ferais autant alors vous gênez pas), si ce n'est pas du masochisme ça...

* para los Españoles que no entienden, Voici es un equivalente un poco menos amarillo de Hola.
** para los Españoles tambien, Ségo es el diminutivo de Ségolène Royal, la candidata socialista a las elecciones presidenciales de 2007. Despues de su fracaso total y viendo su popularidad bajar mas deprisa que los saltos del Niagara, ha decidido cambiar de estilo. Hace tres semanas, hizo un gran show a la americana, donde aparecio con vaqueros y camisa amplia, con 5 kilos menos... Despues de 45 minutos de discursos apasionados, hubo conciertos...
Impresionante, pero poco eficaz a la hora de ganar partidarios...

jueves, 4 de septiembre de 2008

Le RSA financé par les petits épargnants

trouvé ce matin sur rue89...
un article qui décrypte le plan de financement du RSA par une taxe sur le capital.

Cette déclaration faite par Sarkozy a réjoui et surpris plus d'une personne de gauche...
Un bel effet d'annonce, mais comme le montre cet article, en fait de "capital", la taxe de 1,1% sur l'épargne touchera les classes moyennes, le bouclier fiscal mis en place par le même Sarkozy protégeant comme il se doit les grandes fortunes qui en avaient bien besoin.

allez rions... jaune !
bonne journée quand même !