Etre couvert par la sécurité sociale française pour des soins urgents quand on est en vacances ou pour des soins programmés en Espagne, c'est faisable et possible. MAIS quand on veut accoucher, alors? en principe, on est pas
venue en vacances et ce ne sont pas vraiment des soins programmés, parce
qu'il est rare qu'on "programme" un accouchement...
ALORS ON FAIT COMMENT?? Si on veut un accouchement en Espagne, alors qu'on est couverte par la sécurité sociale française ?
1e cas: vous habitez en France et souhaitez accoucher en Espagne.
Vous avez le droit de passer votre congé maternel dans un autre pays de l'UE et d'y accoucher, pour des raisons personnelles. Vous allez voir votre agence de CPAM ou appelez le 3646 pour demander quels
papiers il faut, on vous répond que c'est le service des relations
interationales qui gère ces cas. Ce service, si vous arrivez à le
joindre, vous dira qu'en présentant votre carte de sécurité européenne,
les hôpitaux devraient accepter de vous prendre en charge. Les hôpitaux
ok, donc ok pour l'accouchement en tant que tel. En revanche, c'est impossible
d'avoir un rdv dans un centre de soins public madrilène avec une sage-femme ou un
gynécologue et faire le suivi normal et non urgent de la grossesse avec
cette carte, foi d'expat un peu hypocondriaque.
La carte de sécurité européenne est acceptée dans le public pour des urgences.
L'accouchement étant considéré comme une procédure d'urgence, il est
possible que si vous vous présentez dans un hôpital public avec votre
carte française, on ne vous renvoie pas chez vous, ni ne vous demande de
payer.
MAIS pour un suivi de fin de grossesse normal, je vous le dis de suite, la carte d'assurance européenne ne vous servira à rien! Il va vous falloir obtenir le formulaire S2,
d'autorisation préalable pour des soins programmés dans un autre pays de l'UE. Le S2 n'est pas prévu pour les accouchements qui ne sont pas à proprement parlé des soins programmés, mais la CPAM de Paris me l'a délivrée pour mon accouchement, lorsque j'ai expliqué exactement cette situation: qu'en Espagne, la carte
européenne n'est pas acceptée pour des rendez-vous de suivi de
grossesse...
Le service des relations internationales de la caisse
d'assurance maladie devrait vous fournir le S2, dans le mois qui suit. Le S2
indique la date présumée d'accouchement et que vous êtes prise en
charge pour tous les soins que cet accouchement pourrait vous amener à
avoir, aussi bien pendant la période de congé maternel, que pendant les semaines qui
suivent.
- Dans le public, le S2 vous permet d'obtenir une tarjeta de sanidad provisoire auprès du centre de santé (voir post précédent), à la suite de quoi, vous serez traitée exactement comme un Espagnol cotisant, pour toute la durée du S2. Pas d'avance de frais.
- Si vous allez dans le privé, vous devrez avancer les frais et enverrez ensuite les factures avec leur traduction, accompagnées du formulaire de soins survenus à l'étranger et de la photocopie du S2, à votre caisse d'assurance maladie française, qui vous remboursera en principe, dans la limite des tarifs conventionnés.
2e cas, si on veut accoucher en Espagne en s'y installant plus longuement, il est possible que le formulaire S1 soit plus approprié. Le formulaire européen S1 permet de bénéficier du maintien de droit à l'assurance maladie pendant un an après le départ à l'étranger.
Le formulaire S1 s'obtient aussi auprès du service des relations internationales de votre caisse d'assurance maladie, et il doit être présenté à l'administration locale de la sécurité sociale du pays d'expatriation.
Ayant renoncé à chercher du travail en France pour me consacrer à mon premier bébé en décembre 2013, je n'étais plus inscrite auprès de Pôle Emploi depuis cette date, j'ai donc pu faire la demande du formulaire S1 à partir du moment où j'avais été radiée, en janvier 2014.
Je ne l'ai faite qu'en été 2014 mais le formulaire a une durée maximale d'un an. Il portait donc la date de maintien de droits de janvier 2014 à janvier 2015. A Madrid, je suis allée à l'antenne de la sécurité sociale du quartier de Salamanca, où une fonctionnaire m'a aussi demandé mon certificat d'empadronamiento et mon passeport et m'a fait rédiger un courrier d'accompagnement pour transmission à l'antenne provinciale. Ces services m'ont renvoyé mon
S1 au bout d'un mois
avec un récépissé en espagnol, précisant que j'étais couverte pour tous les soins qui pourraient survenir jusqu'en janvier 2015.
Je me suis rendue dans le
centre de santé le plus proche de mon domicile espagnol, j'ai présenté le récépissé, le S1, mon NIE et mon passeport et on m'a
établi un certificat "tarjeta de sanidad de residente de la UE", au
titre de mes cotisations françaises, valable jusqu'à expiration du S1.
Pour tous mes rendez-vous au dispensaire et dans les centres de spécialité, j'ai présenté ce papier tenant lieu de carte de
santé et j'ai pu bénéficier de soins au même titre que les Espagnols qui cotisent. C'est-à-dire gratuitement : on ne m'a rien demandé pour toutes les échographies, visites et analyses
que j'ai faites dans le public pendant cette période.
En revanche, si j'étais allée dans le
privé, ce serait exactement comme pour un Espagnol, il aurait fallu que je
paye directement le médecin et la CPAM ne me rembourserait pas. Mes
soins en France ont été remboursés en revanche.
Et si on a pas de S1 ou de S2 ?
Mon formulaire S1 est arrivé à échéance en janvier, sans que j'y prenne vraiment garde. En décembre, la gynécologue avait programmé les rendez-vous des semaines suivantes, dont l'échographie et une prise de sang pour la 20e semaine d'aménorrhée, qui tombait début février.
Je me suis rendue comme prévu, à l'échographie et à la consultation avec la gynécologue et le secrétariat a fixé mes rendez-vous suivants, en rentrant le numéro de "carte" inscrit sur mon papier, sans vérifier à quelle date ma couverture santé arrivait à échéance. MAIS! Le service économique de l'hôpital Santa Cristina, où j'avais fait ces examens, m'a contactée dans les semaines suivantes et envoyé un courrier en recommandé pour me demander d'apporter la preuve que je suis toujours couverte par la sécurité sociale en France, pour ces soins survenus après l'expiration du S1.
Le service économique de l'hôpital accepté de prendre en compte ma nouvelle carte d'assurance maladie européenne, que j'ai demandée sur ameli.fr fin février, dès que j'ai réalisé que le S1 était arrivé à échéance. Mais sans elle, ils m'auraient envoyé la facture.
Une couverture sociale, une fois arrivé le S1 à échéance?
- La CPAM à qui j'ai exposé ma situation, m'a expliqué que le S1 n'était pas renouvelable car je ne cotisais plus depuis janvier 2014 en France et m'a recommandé de me faire rattacher à la couverture sociale de mon conjoint, détaché par une entreprise française en Espagne. C'est exclu pour moi, puisque nous rentrons en France en mai, et que je ferai la suite du suivi de grossesse à Paris, mais je vous livre cette expérience dans son intégralité...
- Enfin, sachez que la loi protège les femmes enceintes et les mineurs présents sur le sol espagnol, et que ces deux populations ont le droit d'être pris en charge dans le public, quelle que soit leur situation de résidence en Espagne. Je ne vous recommande pas d'invoquer cette loi, mais c'est toujours bon à savoir! Ce sont les fonctionnaires espagnols eux-mêmes qui me l'ont appris, lorsque j'étais en pleine procédure pour obtenir le formulaire S2 de France pour
ma première grossesse, et qu'enceinte de 8 mois, j'expliquais en pleurs à la sécurité sociale ou au dispensaire, que je
souhaitais simplement accoucher à Madrid, près du Papa... Une sans-papier peut bénéficier de soins et accoucher légalement dans un hôpital madrilène, et le nouveau-né sera suivi comme un Espagnol "légal". Ayant cotisé 5 ans en Espagne et 5 ans en France, cela m'aurait attristée d'en arriver là, mais si vraiment toutes les démarches auprès de la sécurité sociale française échouent, sachez qu'on ne vous laissera pas totalement démunie!
chroniques madrilènes: les aventures d'une Française à Madrid et autres histoires espagnoles. Vida cotidiana de una francesa en Madrid.
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viernes, 20 de marzo de 2015
jueves, 19 de marzo de 2015
Comment se faire soigner en Espagne quand on est Français
Quand on est expatrié, le sujet de la santé est souvent un casse-tête... et quand on est enceinte, il prend parfois des proportions assez kafkaïenne, qu'on préfèrerait éviter.
Au cours de ces 7 années de vie à Madrid, j'ai eu plusieurs statuts sociaux: j'ai été chômeuse française, salariée espagnole, puis "en maintien de droits français"... J'ai déjà largement traité du sujet santé en Espagne dans ce blog, mais cette fois, j'aimerais synthétiser le côté pratique et partager mon expérience de l'administration européenne de la santé, qui prouve, même si elle est un peu desespérante, qu'au final, on s'en sort, on est soigné et dans la plupart des cas, merci l'Union Européenne, on est couvert !
Avant de m'adresser spécifiquement aux femmes enceintes et traiter du cas particulier de l'accouchement en Espagne, je vais faire un petit post de rappel sur la prise en charge des soins pour les Français(e) en Espagne (à Madrid en l'occurence).
Pour que les frais de santé soient pris en charge en tant que Français en Espagne (ou dans les autres pays de l'Union Européenne), on a plusieurs options:
1) Si on est en vacances, ou pour une durée de moins de 3 mois en Espagne, alors qu'on travaille ou qu'on est chômeur et donc couvert(e) par la sécurité sociale française:
- On présente sa carte européenne d'assurance maladie et si c'est une urgence et dans un hôpital public (en Espagne) on bénéficie de soins gratuits, c'est ensuite l'administration de l'hôpital qui se mettra en relation avec l'administration française pour régulariser les coûts.
- Si c'est dans le privé, on paye les frais en totalité (ça peut être très cher, attention!), on doit présenter au médecin un formulaire français qu'il doit remplir et tamponner, et ensuite en rentrant, on envoie à la sécu la facture, le formulaire (en gardant bien les photocopies, conseil d'amie!) et on attend que la sécurité sociale nous rembourse (ou nous envoie une demande de complément d'information, cas le plus fréquent ;) (formulaire de soins reçus à l'étranger téléchargeable ici)
2) Si on travaille et on cotise en Espagne, bon ben là, pas de problème: on va dans le public et on présente sa carte de santé et hop, on est soigné et tout est pris en charge. (pour obtenir la tarjeta de sanidad il faut présenter son NIE, son certificat d'empadronamiento, sa carte d'identité et un papier de la sécurité sociale qui dit qu'on travaille et qu'on cotise, voir post sur la tarjeta de sanidad)
3) Si on travaille, on cotise en Espagne et en plus on paye une mutuelle privée: on va dans l'un des établissements qui a un accord avec la mutuelle en question, et hop, on est soigné, on paye ou non les soins en partie ou en totalité, en fonction de la mutuelle.
4) S'il s'agit de soins programmés : on décide de se faire soigner dans un pays x ou y pour x ou y raison: il faut d'abord obtenir l'accord de la sécurité sociale française. Et demander à sa caisse primaire d'assurance maladie le formulaire S2 qui permet à une personne assurée dans un pays de l'Union européenne(1) de prouver qu'elle est autorisée à recevoir un traitement médical.
"You have a right to medical treatment in another EU country on the same terms and at the same cost as people living in that country." (cad dans le public hein...)
- Pour la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM, la sécu quoi!), il faut se mettre en relation avec le service des relations internationales pour obtenir le S2. Attention! Prenez-vous y à temps: Il est impossible de les joindre directement: ils sont saisis de la question par les opérateurs du 3646 ou du mail via ameli.fr et se mettent en contact avec vous, dans la semaine suivante, s'ils s'estiment compétents. Une fois joints, et si la question rentre dans leurs cases, c'est assez facile: ils vous envoient le papier mentionnant les dates des soins prévus, à votre domicile, dans les quinze jours.
- Une fois que vous avez le sésame en Espagne, pour vous faire soigner dans le public, il faut prendre rdv dans une antenne de la sécurité sociale de votre ville. Là, en principe ils doivent vous donner un récépissé en espagnol, avec lequel vous pouvez vous rendre directement dans le centre de santé dont dépend votre domicile. Dans mon cas, l'antenne de la sécu m'a directement renvoyée vers le centre de santé local, où j'ai présenté le S2. Passé l'émoi provoqué par ce formulaire européen peu commun pour un dispensaire de quartier, et une fois réparé le bug provoqué par mon existence préalable dans leurs fichiers (ben oui j'ai côtisé 5 ans en Espagne...), ils se sont renseignés en hauts lieux, et ont su où taper le numéro français de sécurité sociale pour me faire rentrer dans une case...
Bref, vous vous ferez remettre une Tarjeta de sanidad provisoire, qui indique que vous êtes couverts par votre sécurité sociale d'origine pour la durée des soins et vous pourrez avoir tout le suivi que vous voulez.
Dans le cas où vous préférez le privé, vous avancerez les frais, et remplirez ensuite le formulaire "soins reçus à l'étranger" en renvoyant toutes les factures originales avec leurs traductions et la photocopie du S2, de sorte que la CPAM vous rembourse (dans les 3 à 6 mois, patience!).
5) Si vous êtes détaché par votre entreprise et continuez en tant que tel à cotiser à la sécurité sociale française: voir le point 1. Dans le privé, vous avancez les frais et la CPAM vous rembourse a posteriori (si vous avez bien rempli tous les papiers ET traduit toutes les factures et notes d'honoraires).
L'intérêt d'une assurance complémentaire si vous allez dans le privé...
Dans le public, vous n'aurez rien à payer. Mais parfois les délais sont longs et les consultations sommaires. Il peut donc vous arriver de vouloir voir un spécialiste. Dans tous les cas où la CPAM vous rembourse les avances de frais, c'est sur la base des tarifs conventionnés: les tarifs des spécialistes espagnols les dépassent largement, alors si vous avez une mutuelle complémentaire, cela peut être très utile!
Les mutuelles complètent généralement les frais pris partiellement en charge par la sécurité sociale. Une fois remboursés par la CPAM, vous envoyez le décompte à la mutuelle complémentaire, et vous obtenez le remboursement à hauteur de ce que votre contrat prévoit.
Exemple: un rendez-vous chez le gynécologue dans le privé avec examens m'a coûté 185 € : 130€ de consultation et 55 € d'analyses. La sécurité sociale m'a remboursé la consultation sur la base des tarifs de spécialistes en France, soit 22€, à 100% puisque c'était dans le cadre d'une grossesse et dans les 10€ pour les analyses. Sans la mutuelle qui m'a remboursé les frais réels, j'en aurais eu pour 150€ de ma poche...
Au cours de ces 7 années de vie à Madrid, j'ai eu plusieurs statuts sociaux: j'ai été chômeuse française, salariée espagnole, puis "en maintien de droits français"... J'ai déjà largement traité du sujet santé en Espagne dans ce blog, mais cette fois, j'aimerais synthétiser le côté pratique et partager mon expérience de l'administration européenne de la santé, qui prouve, même si elle est un peu desespérante, qu'au final, on s'en sort, on est soigné et dans la plupart des cas, merci l'Union Européenne, on est couvert !
Avant de m'adresser spécifiquement aux femmes enceintes et traiter du cas particulier de l'accouchement en Espagne, je vais faire un petit post de rappel sur la prise en charge des soins pour les Français(e) en Espagne (à Madrid en l'occurence).
Pour que les frais de santé soient pris en charge en tant que Français en Espagne (ou dans les autres pays de l'Union Européenne), on a plusieurs options:
1) Si on est en vacances, ou pour une durée de moins de 3 mois en Espagne, alors qu'on travaille ou qu'on est chômeur et donc couvert(e) par la sécurité sociale française:
- On présente sa carte européenne d'assurance maladie et si c'est une urgence et dans un hôpital public (en Espagne) on bénéficie de soins gratuits, c'est ensuite l'administration de l'hôpital qui se mettra en relation avec l'administration française pour régulariser les coûts.
- Si c'est dans le privé, on paye les frais en totalité (ça peut être très cher, attention!), on doit présenter au médecin un formulaire français qu'il doit remplir et tamponner, et ensuite en rentrant, on envoie à la sécu la facture, le formulaire (en gardant bien les photocopies, conseil d'amie!) et on attend que la sécurité sociale nous rembourse (ou nous envoie une demande de complément d'information, cas le plus fréquent ;) (formulaire de soins reçus à l'étranger téléchargeable ici)
2) Si on travaille et on cotise en Espagne, bon ben là, pas de problème: on va dans le public et on présente sa carte de santé et hop, on est soigné et tout est pris en charge. (pour obtenir la tarjeta de sanidad il faut présenter son NIE, son certificat d'empadronamiento, sa carte d'identité et un papier de la sécurité sociale qui dit qu'on travaille et qu'on cotise, voir post sur la tarjeta de sanidad)
3) Si on travaille, on cotise en Espagne et en plus on paye une mutuelle privée: on va dans l'un des établissements qui a un accord avec la mutuelle en question, et hop, on est soigné, on paye ou non les soins en partie ou en totalité, en fonction de la mutuelle.
4) S'il s'agit de soins programmés : on décide de se faire soigner dans un pays x ou y pour x ou y raison: il faut d'abord obtenir l'accord de la sécurité sociale française. Et demander à sa caisse primaire d'assurance maladie le formulaire S2 qui permet à une personne assurée dans un pays de l'Union européenne(1) de prouver qu'elle est autorisée à recevoir un traitement médical.
"You have a right to medical treatment in another EU country on the same terms and at the same cost as people living in that country." (cad dans le public hein...)
- Pour la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM, la sécu quoi!), il faut se mettre en relation avec le service des relations internationales pour obtenir le S2. Attention! Prenez-vous y à temps: Il est impossible de les joindre directement: ils sont saisis de la question par les opérateurs du 3646 ou du mail via ameli.fr et se mettent en contact avec vous, dans la semaine suivante, s'ils s'estiment compétents. Une fois joints, et si la question rentre dans leurs cases, c'est assez facile: ils vous envoient le papier mentionnant les dates des soins prévus, à votre domicile, dans les quinze jours.
- Une fois que vous avez le sésame en Espagne, pour vous faire soigner dans le public, il faut prendre rdv dans une antenne de la sécurité sociale de votre ville. Là, en principe ils doivent vous donner un récépissé en espagnol, avec lequel vous pouvez vous rendre directement dans le centre de santé dont dépend votre domicile. Dans mon cas, l'antenne de la sécu m'a directement renvoyée vers le centre de santé local, où j'ai présenté le S2. Passé l'émoi provoqué par ce formulaire européen peu commun pour un dispensaire de quartier, et une fois réparé le bug provoqué par mon existence préalable dans leurs fichiers (ben oui j'ai côtisé 5 ans en Espagne...), ils se sont renseignés en hauts lieux, et ont su où taper le numéro français de sécurité sociale pour me faire rentrer dans une case...
Bref, vous vous ferez remettre une Tarjeta de sanidad provisoire, qui indique que vous êtes couverts par votre sécurité sociale d'origine pour la durée des soins et vous pourrez avoir tout le suivi que vous voulez.
Dans le cas où vous préférez le privé, vous avancerez les frais, et remplirez ensuite le formulaire "soins reçus à l'étranger" en renvoyant toutes les factures originales avec leurs traductions et la photocopie du S2, de sorte que la CPAM vous rembourse (dans les 3 à 6 mois, patience!).
5) Si vous êtes détaché par votre entreprise et continuez en tant que tel à cotiser à la sécurité sociale française: voir le point 1. Dans le privé, vous avancez les frais et la CPAM vous rembourse a posteriori (si vous avez bien rempli tous les papiers ET traduit toutes les factures et notes d'honoraires).
L'intérêt d'une assurance complémentaire si vous allez dans le privé...
Dans le public, vous n'aurez rien à payer. Mais parfois les délais sont longs et les consultations sommaires. Il peut donc vous arriver de vouloir voir un spécialiste. Dans tous les cas où la CPAM vous rembourse les avances de frais, c'est sur la base des tarifs conventionnés: les tarifs des spécialistes espagnols les dépassent largement, alors si vous avez une mutuelle complémentaire, cela peut être très utile!
Les mutuelles complètent généralement les frais pris partiellement en charge par la sécurité sociale. Une fois remboursés par la CPAM, vous envoyez le décompte à la mutuelle complémentaire, et vous obtenez le remboursement à hauteur de ce que votre contrat prévoit.
Exemple: un rendez-vous chez le gynécologue dans le privé avec examens m'a coûté 185 € : 130€ de consultation et 55 € d'analyses. La sécurité sociale m'a remboursé la consultation sur la base des tarifs de spécialistes en France, soit 22€, à 100% puisque c'était dans le cadre d'une grossesse et dans les 10€ pour les analyses. Sans la mutuelle qui m'a remboursé les frais réels, j'en aurais eu pour 150€ de ma poche...
viernes, 13 de junio de 2014
Accoucher dans le public à Madrid : l'accouchement à la maternité O'Donnell
Cela fait près de 3 ans que je n'avais pas écrit dans ce blog. J'ai expliqué en partie le pourquoi de ce silence prolongé dans mon post sur l'expat à long terme, mais une autre raison et non des moindres est l'arrivée dans ma vie d'un p'tit bout de 3,3 kg, en décembre dernier. Tout à coup, il y a un peu plus d'un an, c'est terriblement banal et horriblement ennuyeux pour les non-parents, ma vie s'est trouvée bouleversée et centrée presqu'exclusivement sur la grossesse, la préparation de l'accouchement et la venue au monde d'Emmanuel.
Aujourd'hui je ne vous raconterai pas l'Odyssée pour obtenir le sésame administratif pour accoucher à Madrid, j'irai droit au sujet qui intéresse les futures mamans: comment est la Maternité et comment s'y passe l'accouchement!
J'ai accouché à la Maternité de l'Hôpital Gregorio Marañon de Madrid, plus connue comme Maternité O'donnell, le 12 décembre 2013.
Il y aurait beaucoup à raconter et me connaissant je pourrais écrire un roman, alors je vais essayer d'être synthétique et de rassembler les principales questions en 5 points.
1- La maternité :
Située près du Retiro, sur l'avenue O'donnell, vous ne pouvez pas la rater : "c'est marqué dessus c'est comme sur le port-salut"! Le bâtiment a fière allure, c'est un modèle du genre : très moderne (le bâtiment date de moins de 10 ans), les installations sont parfaitement équipées (le service de néonatologie est tout neuf et très réputé), les salles et les couloirs ont de la lumière naturelle, et bien que ce soit un très grand hôpital universitaire qui accueille beaucoup beaucoup de mamans (j'y reviendrai), on ne se sent pas dans une usine.
Avant : vous pouvez la visiter sans problème, il y a des visites organisées 2 fois par semaine, des membres de l'équipe de gynécologie vous présenteront l'hôpital, vous expliqueront les procédures et vous feront visiter les endroits que vous verrez ensuite dans le feu de l'action.
Y accoucher : vous pouvez choisir d'y accoucher sans souci , en revanche, ne vous attendez pas à y faire le suivi de la grossesse : celui-ci se fait dans vos centres de santé et de spécialités dont vous dépendez. Vous n'y serez suivie que si vous habitez juste à côté ou pour des cas particuliers qui nécessitent une prise en charge spécifique.
Y aller, les contacter : voir les téléphones et moyens de transport sur la page du site de l'Hôpital
2- L'inscription et l'accueil
L'accueil se fait aux urgences de la maternité, le jour J. On ne s'inscrit pas auparavant, il n'y a aucune formalité à accomplir en amont. L'accouchement est considéré comme une procédure d'urgence, c'est donc aux urgences qu'on se présente lorsque le moment est venu, quel que soit l'endroit où on a été suivie pendant la grossesse, et c'est à l'accueil desdites urgences que l'hôpital crée un dossier à notre nom. Les services n'ont pas accès aux données du suivi de grossesse, même s'il a été fait à Madrid dans le public. On vient avec son dossier médical bien sûr, mais de toutes façons, c'est l'équipe présente qui nous prend en charge et qui demande les examens nécessaires pour le bon déroulement de l'accouchement. Après le monitoring et l'auscultation, si c'est l'heure H, on vous pose l'intraveineuse et on vous donne vos habits de gala: une belle chemise de nuit aux couleurs de l'hôpital, plus un sac plastique où ranger vos vêtements, avant de vous transférer en chambre ou en salle d'accouchement.
3- Ce qu'il faut savoir sur l'accouchement-type à la Maternité O'donnell
Raconter mon accouchement à moi serait si long qu'il y aurait matière à un post entier, ici je vais me concentrer sur les principales caractéristiques d'un accouchement à la maternité d'O'donnell.
- On est dans le public : l'accouchement et le séjour à la maternité sont entièrement gratuits et tous les soins sont compris.
- L'hôpital est top du point de vue professionnalisme : les sages-femmes et l'ensemble des médecins sont ultra compétents et bienveillants, des urgences au transfert dans la chambre avec bébe. Mention spéciale au personnel de l'étage de surveillance prénatale : jeunes, sympas, prévenants et rassurants. Un peu moins aux urgences, où des internes s'y sont prises à 3 pour me poser l'intraveineuse...
- Il y a 9 salles d'accouchement, où l'on est installée dès qu'on est en travail, et on y reste jusqu'à deux heures après l'accouchement. Les sages-femmes passent toutes les 3 heures, le reste du temps on est seuls avec papa (ou la personne de notre choix), couchée sur le lit sur lequel on va accoucher.
- Type d'accouchement : C'est un gros hôpital universitaire, ce qui signifie qu'on y applique les protocoles à la lettre et qu'aucun risque n'est pris ni pour maman ni pour bébé.
Le point positif c'est qu'on se sent bien pris en charge et qu'on sait que sur le plan médical, on est totalement en sécurité, ce qui est le principal.
Le mauvais côté de la chose, c'est que si vous voulez un accouchement naturel, en revanche, il faudra repasser : on est dans un hôpital où se déroulent des tas d'accouchements, donc les protocoles priment sur les éventuels désirs particuliers de la patiente.
Rassurez-vous, l'essentiel est là : le papa est présent tout le temps (on lui demande de sortir pour une partie des soins, mais mon chéri a dit qu'il souhaitait être là), on fait le peau-à-peau avec bébé, mais aussi bien péridurale, qu'ocytocine qu'épisiotomie sont au programme quasi-obligé. L'ocytocine est forcément associée à la péridurale, c'est le protocole. Et l'épisiotomie est considérée comme préférable à une éventuelle déchirure. Pas de lavement, ni de rasage en revanche. Mais il n'y a pas de culture de prise en charge alternative de la douleur, on est monitorée en permanence et qui dit "péridurale" dit "bloquée sur le lit".
- La position une fois en salle d'accouchement est allongée, on ne m'a pas proposé d'en changer. Une fois dans les étriers, la sage-femme était concentrée sur la sortie et m'a positionnée sur le côté sans franchement me demander mon avis. On ne m'a pas non plus proposé de miroir, ni de sortir bébé. Peut-être d'autres l'ont-elles demandé et obtenu?
Quoi qu'il en soit, la sage-femme a été efficace et ses assistants aussi, et les échos que j'en avais eu avant étaient similaires, c'est le principal!
4- le séjour
- Le séjour dure 48 heures. Point. 5 jours si vous avez accouché par césarienne. Donc, sauf si on constate que vous allez mal, au bout de 2 jours vous rentrez chez vous.
le plus : on est vite rentrés et c'est tant mieux parce que le ballet incessant des médecins, infirmières, pédiatres, etc. qui omettent la plupart du temps de se présenter et de dire ce qu'ils viennent faire là, n'est pas spécialement reposant ni rassurant.
le moins : 2 jours de maternité c'est court, cela signifie qu'on ne vous enseigne rien, et qu'à la sortie il est probable que vous n'ayez pas encore eu de montée de lait. Et vous vous retrouvez un peu seule, lâchée dans la nature avec votre bébé tout neuf... Quand c'est le premier, on se sent un peu démunie...
. Pour éviter de trimbaler votre garde-robe et celle du ptit bout, et d'arriver avec une valise plus lourde que si vous partiez 15 jours aux sports d'hiver, sachez que les chemises de nuit de maman et les bodies de bébé sont fournis par l'hôpital. Les coupes budgétaires n'ont pas (encore?) eu raison de la qualité des services du service public : au Gregorio Marañon comme dans les maternités publiques de Madrid en général tout est fourni (même les serviettes hygiéniques et les couches de bébé!) pas besoin donc de vous prendre la tête sur quoi emporter : hormis des slips jetables, vos produits de beauté si le savon neutre ne vous convient pas et vos tenues de sortie respectives, inutile de se charger!
- Le séjour se fait en chambres individuelles et bébé dort dans la chambre.
Les visites sont autorisées 24h/24. Cela vaut aussi pour les conjoints bien.sûr, qui peuvent dormir dans la chambre, sur un fauteuil prévu pour... Pas super confortable à la base, en plus, le nôtre était cassé... mais bon, ce ne furent que quelques heures de sommeil de toutes façons.
- Le personnel en chambres est nettement moins sympathique que côté accouchement, les infirmières bourrues sont plus nombreuses que les gentilles... mais peut-être est-ce le hasard?
-La nourriture : c'est de la nourriture d'hôpital, elle est gratuite elle aussi et elle ne mérite aucun commentaire, elle est frugale et insipide. Prévoyez de l'eau en bouteille ou envoyez papa en chercher, parce qu'il fait chaud dans les chambres.
5 - Les soins du bébé
A la naissance, on le pose sur vous pour faire le peau-à-peau et "la tétée d'accueil", et en principe on vous laisse tranquilles pendant deux heures. Puis on lui fait les soins de la naissance, on le nettoie, et on lui fait les quelques tests qui prennent quelques minutes.
- Par défaut, on lui fait une injection de vitamine K et on le vaccine contre l'hépatite B dans les heures qui suivent - sauf si on s'y oppose, ce que je n'ai pas fait -.
- C'est le personnel qui donne le bain dans le lavabo prévu à cet effet dans la chambre et ce sont aussi les infirmières qui le changent.
- On vous encourage à allaiter au sein, en principe, mais on n'hésite pas à vous proposer un biberon ou une pipette de lait. A vous de juger...
- La pédagogie n'est pas le fort des infirmières et puéricultrices qui viennent voir bébé, le peser, lui prendre la température, le changer... Il faut parfois s'imposer pour exiger qu'on vous explique ce qui se passe et pourquoi. Un exemple : à 48h exactement, on vient chercher bébé pour lui faire des examens supplémentaires. Comme notre petit bout est né à 1h55 du matin, 2 infirmières sont arrivées à cette heure-là dans la nuit, nous ont tous réveillés en sursaut en parlant fort et en allumant la lumière, pour prendre bébé qui dormait dans son lit et l'emmener faire des tests avant de le ramener 15 minutes après, des tests dont le médecin a bien voulu nous expliquer le pourquoi le lendemain matin...
Voilà, je crois que j'ai abordé les principaux points qu'il faut connaître pour choisir la maternité où l'on va accoucher. Comme prévu, il me reste encore bien des choses à raconter sur ma propre expérience, alors ce sera pour un 2e post!
Conclusion : je recommande sans hésitation l'hôpital gregorio marañon et la maternité O'donnell pour y accoucher. A moins que vous ne souhaitiez à tout prix un accouchement le moins médicalisé possible... La maternité O'Donnell est vraiment un endroit agréable pour mettre votre bébé au monde et les petits accrochages avec le personnel en chambre, qui peuvent se produire aussi bien ailleurs, sont vite oubliés, du moment que bébé va bien.
Personnellement, pour le 2e, si je suis encore à Madrid, j'essaierai probablement d'aller dans une maternité un peu plus branchée médecines alternatives...
Voilà l'adresse d'un post qui date un peu mais reste valable je pense : un accouchement raconté par une Française à l'hôpital de La Paz en 2008.
Aujourd'hui je ne vous raconterai pas l'Odyssée pour obtenir le sésame administratif pour accoucher à Madrid, j'irai droit au sujet qui intéresse les futures mamans: comment est la Maternité et comment s'y passe l'accouchement!
J'ai accouché à la Maternité de l'Hôpital Gregorio Marañon de Madrid, plus connue comme Maternité O'donnell, le 12 décembre 2013.
Il y aurait beaucoup à raconter et me connaissant je pourrais écrire un roman, alors je vais essayer d'être synthétique et de rassembler les principales questions en 5 points.
1- La maternité :
Située près du Retiro, sur l'avenue O'donnell, vous ne pouvez pas la rater : "c'est marqué dessus c'est comme sur le port-salut"! Le bâtiment a fière allure, c'est un modèle du genre : très moderne (le bâtiment date de moins de 10 ans), les installations sont parfaitement équipées (le service de néonatologie est tout neuf et très réputé), les salles et les couloirs ont de la lumière naturelle, et bien que ce soit un très grand hôpital universitaire qui accueille beaucoup beaucoup de mamans (j'y reviendrai), on ne se sent pas dans une usine.
Avant : vous pouvez la visiter sans problème, il y a des visites organisées 2 fois par semaine, des membres de l'équipe de gynécologie vous présenteront l'hôpital, vous expliqueront les procédures et vous feront visiter les endroits que vous verrez ensuite dans le feu de l'action.
Y accoucher : vous pouvez choisir d'y accoucher sans souci , en revanche, ne vous attendez pas à y faire le suivi de la grossesse : celui-ci se fait dans vos centres de santé et de spécialités dont vous dépendez. Vous n'y serez suivie que si vous habitez juste à côté ou pour des cas particuliers qui nécessitent une prise en charge spécifique.
Y aller, les contacter : voir les téléphones et moyens de transport sur la page du site de l'Hôpital
2- L'inscription et l'accueil
L'accueil se fait aux urgences de la maternité, le jour J. On ne s'inscrit pas auparavant, il n'y a aucune formalité à accomplir en amont. L'accouchement est considéré comme une procédure d'urgence, c'est donc aux urgences qu'on se présente lorsque le moment est venu, quel que soit l'endroit où on a été suivie pendant la grossesse, et c'est à l'accueil desdites urgences que l'hôpital crée un dossier à notre nom. Les services n'ont pas accès aux données du suivi de grossesse, même s'il a été fait à Madrid dans le public. On vient avec son dossier médical bien sûr, mais de toutes façons, c'est l'équipe présente qui nous prend en charge et qui demande les examens nécessaires pour le bon déroulement de l'accouchement. Après le monitoring et l'auscultation, si c'est l'heure H, on vous pose l'intraveineuse et on vous donne vos habits de gala: une belle chemise de nuit aux couleurs de l'hôpital, plus un sac plastique où ranger vos vêtements, avant de vous transférer en chambre ou en salle d'accouchement.
3- Ce qu'il faut savoir sur l'accouchement-type à la Maternité O'donnell
Raconter mon accouchement à moi serait si long qu'il y aurait matière à un post entier, ici je vais me concentrer sur les principales caractéristiques d'un accouchement à la maternité d'O'donnell.
- On est dans le public : l'accouchement et le séjour à la maternité sont entièrement gratuits et tous les soins sont compris.
- L'hôpital est top du point de vue professionnalisme : les sages-femmes et l'ensemble des médecins sont ultra compétents et bienveillants, des urgences au transfert dans la chambre avec bébe. Mention spéciale au personnel de l'étage de surveillance prénatale : jeunes, sympas, prévenants et rassurants. Un peu moins aux urgences, où des internes s'y sont prises à 3 pour me poser l'intraveineuse...
- Il y a 9 salles d'accouchement, où l'on est installée dès qu'on est en travail, et on y reste jusqu'à deux heures après l'accouchement. Les sages-femmes passent toutes les 3 heures, le reste du temps on est seuls avec papa (ou la personne de notre choix), couchée sur le lit sur lequel on va accoucher.
- Type d'accouchement : C'est un gros hôpital universitaire, ce qui signifie qu'on y applique les protocoles à la lettre et qu'aucun risque n'est pris ni pour maman ni pour bébé.
Le point positif c'est qu'on se sent bien pris en charge et qu'on sait que sur le plan médical, on est totalement en sécurité, ce qui est le principal.
Le mauvais côté de la chose, c'est que si vous voulez un accouchement naturel, en revanche, il faudra repasser : on est dans un hôpital où se déroulent des tas d'accouchements, donc les protocoles priment sur les éventuels désirs particuliers de la patiente.
Rassurez-vous, l'essentiel est là : le papa est présent tout le temps (on lui demande de sortir pour une partie des soins, mais mon chéri a dit qu'il souhaitait être là), on fait le peau-à-peau avec bébé, mais aussi bien péridurale, qu'ocytocine qu'épisiotomie sont au programme quasi-obligé. L'ocytocine est forcément associée à la péridurale, c'est le protocole. Et l'épisiotomie est considérée comme préférable à une éventuelle déchirure. Pas de lavement, ni de rasage en revanche. Mais il n'y a pas de culture de prise en charge alternative de la douleur, on est monitorée en permanence et qui dit "péridurale" dit "bloquée sur le lit".
- La position une fois en salle d'accouchement est allongée, on ne m'a pas proposé d'en changer. Une fois dans les étriers, la sage-femme était concentrée sur la sortie et m'a positionnée sur le côté sans franchement me demander mon avis. On ne m'a pas non plus proposé de miroir, ni de sortir bébé. Peut-être d'autres l'ont-elles demandé et obtenu?
Quoi qu'il en soit, la sage-femme a été efficace et ses assistants aussi, et les échos que j'en avais eu avant étaient similaires, c'est le principal!
4- le séjour
- Le séjour dure 48 heures. Point. 5 jours si vous avez accouché par césarienne. Donc, sauf si on constate que vous allez mal, au bout de 2 jours vous rentrez chez vous.
le plus : on est vite rentrés et c'est tant mieux parce que le ballet incessant des médecins, infirmières, pédiatres, etc. qui omettent la plupart du temps de se présenter et de dire ce qu'ils viennent faire là, n'est pas spécialement reposant ni rassurant.
le moins : 2 jours de maternité c'est court, cela signifie qu'on ne vous enseigne rien, et qu'à la sortie il est probable que vous n'ayez pas encore eu de montée de lait. Et vous vous retrouvez un peu seule, lâchée dans la nature avec votre bébé tout neuf... Quand c'est le premier, on se sent un peu démunie...
. Pour éviter de trimbaler votre garde-robe et celle du ptit bout, et d'arriver avec une valise plus lourde que si vous partiez 15 jours aux sports d'hiver, sachez que les chemises de nuit de maman et les bodies de bébé sont fournis par l'hôpital. Les coupes budgétaires n'ont pas (encore?) eu raison de la qualité des services du service public : au Gregorio Marañon comme dans les maternités publiques de Madrid en général tout est fourni (même les serviettes hygiéniques et les couches de bébé!) pas besoin donc de vous prendre la tête sur quoi emporter : hormis des slips jetables, vos produits de beauté si le savon neutre ne vous convient pas et vos tenues de sortie respectives, inutile de se charger!
- Le séjour se fait en chambres individuelles et bébé dort dans la chambre.
Les visites sont autorisées 24h/24. Cela vaut aussi pour les conjoints bien.sûr, qui peuvent dormir dans la chambre, sur un fauteuil prévu pour... Pas super confortable à la base, en plus, le nôtre était cassé... mais bon, ce ne furent que quelques heures de sommeil de toutes façons.
- Le personnel en chambres est nettement moins sympathique que côté accouchement, les infirmières bourrues sont plus nombreuses que les gentilles... mais peut-être est-ce le hasard?
-La nourriture : c'est de la nourriture d'hôpital, elle est gratuite elle aussi et elle ne mérite aucun commentaire, elle est frugale et insipide. Prévoyez de l'eau en bouteille ou envoyez papa en chercher, parce qu'il fait chaud dans les chambres.
5 - Les soins du bébé
A la naissance, on le pose sur vous pour faire le peau-à-peau et "la tétée d'accueil", et en principe on vous laisse tranquilles pendant deux heures. Puis on lui fait les soins de la naissance, on le nettoie, et on lui fait les quelques tests qui prennent quelques minutes.
- Par défaut, on lui fait une injection de vitamine K et on le vaccine contre l'hépatite B dans les heures qui suivent - sauf si on s'y oppose, ce que je n'ai pas fait -.
- C'est le personnel qui donne le bain dans le lavabo prévu à cet effet dans la chambre et ce sont aussi les infirmières qui le changent.
- On vous encourage à allaiter au sein, en principe, mais on n'hésite pas à vous proposer un biberon ou une pipette de lait. A vous de juger...
- La pédagogie n'est pas le fort des infirmières et puéricultrices qui viennent voir bébé, le peser, lui prendre la température, le changer... Il faut parfois s'imposer pour exiger qu'on vous explique ce qui se passe et pourquoi. Un exemple : à 48h exactement, on vient chercher bébé pour lui faire des examens supplémentaires. Comme notre petit bout est né à 1h55 du matin, 2 infirmières sont arrivées à cette heure-là dans la nuit, nous ont tous réveillés en sursaut en parlant fort et en allumant la lumière, pour prendre bébé qui dormait dans son lit et l'emmener faire des tests avant de le ramener 15 minutes après, des tests dont le médecin a bien voulu nous expliquer le pourquoi le lendemain matin...
Voilà, je crois que j'ai abordé les principaux points qu'il faut connaître pour choisir la maternité où l'on va accoucher. Comme prévu, il me reste encore bien des choses à raconter sur ma propre expérience, alors ce sera pour un 2e post!
Conclusion : je recommande sans hésitation l'hôpital gregorio marañon et la maternité O'donnell pour y accoucher. A moins que vous ne souhaitiez à tout prix un accouchement le moins médicalisé possible... La maternité O'Donnell est vraiment un endroit agréable pour mettre votre bébé au monde et les petits accrochages avec le personnel en chambre, qui peuvent se produire aussi bien ailleurs, sont vite oubliés, du moment que bébé va bien.
Personnellement, pour le 2e, si je suis encore à Madrid, j'essaierai probablement d'aller dans une maternité un peu plus branchée médecines alternatives...
Voilà l'adresse d'un post qui date un peu mais reste valable je pense : un accouchement raconté par une Française à l'hôpital de La Paz en 2008.
miércoles, 20 de abril de 2011
Voir un médecin en Espagne ou ravaler ses préjugés
Suite des posts "voir un médecin en Espagne... visite chez un spécialiste à Madrid"et"visite au centre de santé"
Après mes "récents" posts apocalyptiques (en tout cas pour moi), vous vous disiez peut-être que mon silence était lié à mon décès ou à mon retour en France pour cause de ras-le-bol du système de santé public. Eh bien non! Pas du tout! Réjouissez-vous (ou pas, mais comme je vous ai pas en face, je ne le saurai jamais), je suis en vie, toujours bien en Espagne, et ce d'autant plus que je suis sur le point de profiter de la semana santa et du week-end de 4 jours qu'elle suppose, 4 jours que les pauvres autochtones appellent "vacances de Pâques".
Je profite de cette période de calme pour rattraper mon retard et vous raconter l'épisode 3 de mes aventures chez les spécialistes espagnols.
Le 1e décembre donc, on m'annonce un frottis pour le lendemain et une échographie pour le 5 février, en réponse à mes douleurs plutôt fortes. Attendre 2 mois un diagnostic, c'est au-dessus de mes forces, je décide de consulter un 2e gynéco dans le privé et de voir si il peut accélérer les choses.
Comment j'ai choisi un gynéco privé?
J'ai d'abord demandé à mes amies et collègues espagnoles si elles étaient satisfaites du leur. Mais pour commencer aucune n'a SON gynéco comme ça peut être le cas en France. Entre le fait que dans le public on t'attribue celui qui est disponible et le prix d'une consultation privé, il n'y a pas vraiment de relation "intime", si j'ose dire avec un médecin en particulier. Me suis alors tourné vers mes copines expat, qui étaient toutes mitigées et m'annonçaient des tarifs exhorbitants (80 à 120 € la consultation sans examen). J'ai fini par regarder sur internet: on trouve des adresses et des commentaires de patients (malheureusement peu détaillés) sur les médecins, sur un site qui s'appelle masquemedicos.
Finalement, une savante équation entre "pas trop désagréable"+"fourchette basse (90€)"+"possibilité d'avoir un rdv rapidement" m'a amené deux jours plus tard, chez un monsieur d'un certain âge, dans un sous-sol, avec une salle d'attente digne d'une "clinique privée", comme on se l'imagine à prononcer cette expression, à en juger par le nombre de patientes, mais pas au vu de la tapisserie, qui avait connu des jours meilleurs, ni de la décoration, d'un design plutôt du goût de ma grand-mère.
Lorsque mon tour arrive, pas très longtemps après être arrivée (ici non plus, ça traîne pas), j'entre dans un bureau, avec une salle d'examen attenante. Nous sommes seuls dans le bureau (si!). A part la déco, pire encore que dans la salle d'attente, et l'âge du capitaine, je n'ai rien à redire. Le docteur est gentil, il m'interroge sans me presser, écoute patiemment mes petites histoires et mes grandes inquiétudes.
Puis il m'ausculte (SI!), avant de formuler plusieurs diagnostics possibles, à voix haute et des hypothèses pas franchement rassurantes. Il répond à mes questions, puis me prescrit un frottis et une échographie, à faire le plus vite possible, de l'autre côté de la rue, dans la clinique "la milagrosa" (pour les non-hispanophones: "la miraculeuse"). Une fois que j'aurai les résultats, je peux revenir directement sans prendre rendez-vous et demander à sa secrétaire dans la salle d'attente de le voir entre deux patients.
Il conclue par un "Bon courage ma petite" (O_o)
"N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions."
"Pour régler c'est également en sortant, chez ma secrétaire".
Le tout aura duré 10-15 minutes tout au plus. On est pas chez mémé, mais c'est tout de même plus du double qu'une consultation dans le public (et un passage par la case départ où je ne touche pas 1000 francs, mais me fais délester de 90 €), même si je ressors bien angoissée, au moins je me suis sentie prise au sérieux et pas (trop) traitée comme du bétail.
Voilà, ceci fut ma consultation chez un spécialiste dans le privé !
Et c'est bientôt le jeudi de la passion, je vous laisse en attendant les épisodes 4 et 5!
Après mes "récents" posts apocalyptiques (en tout cas pour moi), vous vous disiez peut-être que mon silence était lié à mon décès ou à mon retour en France pour cause de ras-le-bol du système de santé public. Eh bien non! Pas du tout! Réjouissez-vous (ou pas, mais comme je vous ai pas en face, je ne le saurai jamais), je suis en vie, toujours bien en Espagne, et ce d'autant plus que je suis sur le point de profiter de la semana santa et du week-end de 4 jours qu'elle suppose, 4 jours que les pauvres autochtones appellent "vacances de Pâques".
Je profite de cette période de calme pour rattraper mon retard et vous raconter l'épisode 3 de mes aventures chez les spécialistes espagnols.
Le 1e décembre donc, on m'annonce un frottis pour le lendemain et une échographie pour le 5 février, en réponse à mes douleurs plutôt fortes. Attendre 2 mois un diagnostic, c'est au-dessus de mes forces, je décide de consulter un 2e gynéco dans le privé et de voir si il peut accélérer les choses.
Comment j'ai choisi un gynéco privé?
J'ai d'abord demandé à mes amies et collègues espagnoles si elles étaient satisfaites du leur. Mais pour commencer aucune n'a SON gynéco comme ça peut être le cas en France. Entre le fait que dans le public on t'attribue celui qui est disponible et le prix d'une consultation privé, il n'y a pas vraiment de relation "intime", si j'ose dire avec un médecin en particulier. Me suis alors tourné vers mes copines expat, qui étaient toutes mitigées et m'annonçaient des tarifs exhorbitants (80 à 120 € la consultation sans examen). J'ai fini par regarder sur internet: on trouve des adresses et des commentaires de patients (malheureusement peu détaillés) sur les médecins, sur un site qui s'appelle masquemedicos.
Finalement, une savante équation entre "pas trop désagréable"+"fourchette basse (90€)"+"possibilité d'avoir un rdv rapidement" m'a amené deux jours plus tard, chez un monsieur d'un certain âge, dans un sous-sol, avec une salle d'attente digne d'une "clinique privée", comme on se l'imagine à prononcer cette expression, à en juger par le nombre de patientes, mais pas au vu de la tapisserie, qui avait connu des jours meilleurs, ni de la décoration, d'un design plutôt du goût de ma grand-mère.
Lorsque mon tour arrive, pas très longtemps après être arrivée (ici non plus, ça traîne pas), j'entre dans un bureau, avec une salle d'examen attenante. Nous sommes seuls dans le bureau (si!). A part la déco, pire encore que dans la salle d'attente, et l'âge du capitaine, je n'ai rien à redire. Le docteur est gentil, il m'interroge sans me presser, écoute patiemment mes petites histoires et mes grandes inquiétudes.
Puis il m'ausculte (SI!), avant de formuler plusieurs diagnostics possibles, à voix haute et des hypothèses pas franchement rassurantes. Il répond à mes questions, puis me prescrit un frottis et une échographie, à faire le plus vite possible, de l'autre côté de la rue, dans la clinique "la milagrosa" (pour les non-hispanophones: "la miraculeuse"). Une fois que j'aurai les résultats, je peux revenir directement sans prendre rendez-vous et demander à sa secrétaire dans la salle d'attente de le voir entre deux patients.
Il conclue par un "Bon courage ma petite" (O_o)
"N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions."
"Pour régler c'est également en sortant, chez ma secrétaire".
Le tout aura duré 10-15 minutes tout au plus. On est pas chez mémé, mais c'est tout de même plus du double qu'une consultation dans le public (et un passage par la case départ où je ne touche pas 1000 francs, mais me fais délester de 90 €), même si je ressors bien angoissée, au moins je me suis sentie prise au sérieux et pas (trop) traitée comme du bétail.
Voilà, ceci fut ma consultation chez un spécialiste dans le privé !
Et c'est bientôt le jeudi de la passion, je vous laisse en attendant les épisodes 4 et 5!
martes, 22 de febrero de 2011
Voir un médecin en Espagne: visite chez un spécialiste à Madrid
suite du post Visite au centre de santé
... Quelques heures après mon rdv avec « mon » médecin traitant généraliste, je reçois, comme annoncé, un coup de téléphone d’une opératrice chargée de fixer les rendez-vous avec les spécialistes.
Presqu'un système de rendez-vous2.0!
La jeune fille au bout du fil me propose une consultation pour la semaine suivante dans un des hôpitaux publics de ma zone de Madrid. Pas celui en face de chez moi, car son un agenda est complet, mais je ne vais pas faire la fine bouche: j’accepte, trop heureuse d’avoir un rendez-vous rapidement! Je raccroche et reçois immédiatement un sms qui me confirme lieu et heure du rdv. Waouhou, on passe du 1/3 monde au 21e siècle en une matinée!
Le centro de especialidades, nouvelle mise à l'épreuve
Une semaine après, donc, je me présente à l’hôpital : l’extérieur est refait et la consultation où je dois me présenter indiquée clairement. Je monte plutôt tranquille par les escaliers jusqu'au 1e étage. J’ouvre la porte qui mène au consultations et là je déchante : c’est l’ambiance centro de salud mais en industriel. Dans le couloir qui s’ouvre devant moi, se serre une vingtaine de personnes grisonnantes, debout ou dans des chaises roulantes. Au bout de ce couloir un hall de gare : une salle d’attente, avec une dizaine de portes où sont indiquées les spécialités, et une longue file de gens qui prennent des tickets comme à la boucherie. Même si tous les spécialistes indiqués sur les portes semblent avoir trait à la gynécologie (dont le « tocotologue » dont le nom m'a paru rigolo jusqu'à ce que je sache ce qu'il fait) les sièges de la salle bondée sont occupés d’autant d’hommes que de femmes.
Bon bon bon, je ne vais pas refaire le coup de la franchute chiante, je respire profondément et cherche la salle 7, où consulte "mon" gynécologue". Voyant le nombre de personnes qui semblent attendre devant la porte, je décide d’aller aux toilettes « me repoudrer le nez ». J’en ressors 2 secondes plus tard, le nez effectivement recouvert, de ma main… "le bruit et l’odeur" de "l'inodore" m’ayant fait faire demi-tour avant même d’arriver à destination.
Je retourne dans la salle d’attente un peu échaudée et m’installe sur un banc d’où je peux voir la porte : difficile de savoir exactement quand arrive son tour, et effectivement, à en juger par les grognements de la dame assise à côté de moi, il arrive que certains ne respectent pas trop l’ordre d’arrivée. La dame se plaint à voix haute de ce que la jeune femme qui vient d’entrer lui a grillé la politesse, mais le jeune homme assis sur le banc d’en face, lui répond agacé que la consultation de « sa » femme ne va pas durer, juste le temps de récupérer des résultats d’analyse. Bon, au moins à présent, je sais que les Espagnols mâles ne vont pas chez le gynécologue, mais que les hommes présents dans la salle sont là pour accompagner leurs épouses. Ça me fait une drôle d’impression tout de même… Une femme ressort du cabinet, assez vite effectivement. Elle est suivie d’une dame en blouse blanche, qui fait l’appel des prochaines patientes et établit le tour. Je suis 2e sur la liste. Un quart d’heure plus tard, j’entre dans le cabinet.
Une consultation ultra-light
La dame en blouse blanche est assise derrière un bureau, à côté d’un homme d’une soixantaine d’année en chemise et cravate. De l’autre côté du bureau, deux chaises aussi. Je m’avance et m’assois en face de la femme qui m’a fait signe d’avancer.
Perdu : la dame me dit de m’asseoir « en face du docteur ». Same player shoot again. Qu’à cela ne tienne, je change de chaise et m’assieds en face du docteur qui n’a toujours pas ouvert la bouche. Assise face à eux deux, je me sens comme à un exam’ que j’aurais oublié de réviser. On me demande d’expliquer la raison de ma présence. J’indique d’une voix peu assurée mes douleurs abdominales et le fait que la généraliste m'a indiqué qu'il faudrait faire une échographie. Le médecin n’écoute déjà plus : il marmonne un "on va voir ça".
Il prend mon dossier rempli par la généraliste et lit à voix haute : vous êtes sous anti-contraceptifs. Je l’interromps : euh, non, pardon Monsieur, je ne prends pas la pilule. Un sourcil se hausse just’avant que son regard ne me fusille par-dessus le dossier… Mon dossier contient-il une erreur ? Ah non, c’est lui qui a mal lu. On reprend. ça vire à l’interrogatoire : date des premières règles : euh… je sais plus moi ! date du dernier frottis… euh… plus d’un an ? Je m’apprête à me lancer dans une explication, quand un regard au médecin m’arrête au milieu de ma phrase : il a refermé mon dossier et le passe à l’infirmière. Je m’arrête au milieu de ma phrase. L’impression de gaspiller son précieux temps. Effectivement, il me demande "Autre chose?" euh… pour moi, c’est déjà pas mal, non ?
Abasourdie, je balbutie un « non, non… ». Je tente une question «et donc? Euhm... j’imagine que vous ne pouvez pas vous prononcer sur l’origine de ces douleurs… ? ... sans examens…», «Vous imaginez bien».
L’infirmière coche quelques cases sur des imprimés, pour une échographie et un frottis, reprend mes réponses aux questions d’avant pour remplir mon dossier et me tends les papiers. Je devrai les présenter au guichet où les gens font la queue pour obtenir un rendez-vous pour les examens et demander un nouveau rendez-vous avec le docteur pour qu’il m’informe des résultats.
Je ressors incrédule. La « consultation » a duré 3 minutes top chrono, dont 2 minutes pour remplir les formulaires. Je n’ai pas bougé de ma chaise, le gynéco a prononcé 4 phrases.
Délai d'attente pour une échographie : 2 mois
Dans la salle, je prends mon ticket de boucherie et attends sagement au guichet pour un rendez-vous. 15 minutes plus tard, la dame me propose un rendez-vous : le 23 décembre (on est le 1e décembre), mais en bonne expat, le 23/12, je serai en route vers les fêtes de Noël en famille. Autre possibilité : le 27/12. Je ne serai pas rentrée… Ah bon ben dans ce cas-là ce sera pour… le 5 février 2011. Dans plus de 2 mois. Ah, mais bonne nouvelle, le frottis peut se faire dès demain. Ah, mais le frottis sans l’échographie, n’aidera pas le gynéco à faire son diagnostic, non ? Il faudra donc attendre les résultats de l’écho pour revoir le gynéco, ou bien ?
Oui oui c’est ça, une fois que vous avez fait tous les examens, les résultats sont transmis directement au médecin et vous venez en consultation et il vous informe. Ok. Donc après le 5 février. Exactement, je peux vous proposer le 8 février.
J'ai beau m'être promis de pas faire la difficile, j'avoue que je ressors de l'hosto le coeur à l'envers. Malgré le soleil qui illumine le petit matin, j'ai tout à coup très envie de rentrer en France.
Dans l'épisode 3, je vous raconte la suite !
... Quelques heures après mon rdv avec « mon » médecin traitant généraliste, je reçois, comme annoncé, un coup de téléphone d’une opératrice chargée de fixer les rendez-vous avec les spécialistes.
Presqu'un système de rendez-vous2.0!
La jeune fille au bout du fil me propose une consultation pour la semaine suivante dans un des hôpitaux publics de ma zone de Madrid. Pas celui en face de chez moi, car son un agenda est complet, mais je ne vais pas faire la fine bouche: j’accepte, trop heureuse d’avoir un rendez-vous rapidement! Je raccroche et reçois immédiatement un sms qui me confirme lieu et heure du rdv. Waouhou, on passe du 1/3 monde au 21e siècle en une matinée!
Le centro de especialidades, nouvelle mise à l'épreuve
Une semaine après, donc, je me présente à l’hôpital : l’extérieur est refait et la consultation où je dois me présenter indiquée clairement. Je monte plutôt tranquille par les escaliers jusqu'au 1e étage. J’ouvre la porte qui mène au consultations et là je déchante : c’est l’ambiance centro de salud mais en industriel. Dans le couloir qui s’ouvre devant moi, se serre une vingtaine de personnes grisonnantes, debout ou dans des chaises roulantes. Au bout de ce couloir un hall de gare : une salle d’attente, avec une dizaine de portes où sont indiquées les spécialités, et une longue file de gens qui prennent des tickets comme à la boucherie. Même si tous les spécialistes indiqués sur les portes semblent avoir trait à la gynécologie (dont le « tocotologue » dont le nom m'a paru rigolo jusqu'à ce que je sache ce qu'il fait) les sièges de la salle bondée sont occupés d’autant d’hommes que de femmes.
Bon bon bon, je ne vais pas refaire le coup de la franchute chiante, je respire profondément et cherche la salle 7, où consulte "mon" gynécologue". Voyant le nombre de personnes qui semblent attendre devant la porte, je décide d’aller aux toilettes « me repoudrer le nez ». J’en ressors 2 secondes plus tard, le nez effectivement recouvert, de ma main… "le bruit et l’odeur" de "l'inodore" m’ayant fait faire demi-tour avant même d’arriver à destination.
Je retourne dans la salle d’attente un peu échaudée et m’installe sur un banc d’où je peux voir la porte : difficile de savoir exactement quand arrive son tour, et effectivement, à en juger par les grognements de la dame assise à côté de moi, il arrive que certains ne respectent pas trop l’ordre d’arrivée. La dame se plaint à voix haute de ce que la jeune femme qui vient d’entrer lui a grillé la politesse, mais le jeune homme assis sur le banc d’en face, lui répond agacé que la consultation de « sa » femme ne va pas durer, juste le temps de récupérer des résultats d’analyse. Bon, au moins à présent, je sais que les Espagnols mâles ne vont pas chez le gynécologue, mais que les hommes présents dans la salle sont là pour accompagner leurs épouses. Ça me fait une drôle d’impression tout de même… Une femme ressort du cabinet, assez vite effectivement. Elle est suivie d’une dame en blouse blanche, qui fait l’appel des prochaines patientes et établit le tour. Je suis 2e sur la liste. Un quart d’heure plus tard, j’entre dans le cabinet.
Une consultation ultra-light
La dame en blouse blanche est assise derrière un bureau, à côté d’un homme d’une soixantaine d’année en chemise et cravate. De l’autre côté du bureau, deux chaises aussi. Je m’avance et m’assois en face de la femme qui m’a fait signe d’avancer.
Perdu : la dame me dit de m’asseoir « en face du docteur ». Same player shoot again. Qu’à cela ne tienne, je change de chaise et m’assieds en face du docteur qui n’a toujours pas ouvert la bouche. Assise face à eux deux, je me sens comme à un exam’ que j’aurais oublié de réviser. On me demande d’expliquer la raison de ma présence. J’indique d’une voix peu assurée mes douleurs abdominales et le fait que la généraliste m'a indiqué qu'il faudrait faire une échographie. Le médecin n’écoute déjà plus : il marmonne un "on va voir ça".
Il prend mon dossier rempli par la généraliste et lit à voix haute : vous êtes sous anti-contraceptifs. Je l’interromps : euh, non, pardon Monsieur, je ne prends pas la pilule. Un sourcil se hausse just’avant que son regard ne me fusille par-dessus le dossier… Mon dossier contient-il une erreur ? Ah non, c’est lui qui a mal lu. On reprend. ça vire à l’interrogatoire : date des premières règles : euh… je sais plus moi ! date du dernier frottis… euh… plus d’un an ? Je m’apprête à me lancer dans une explication, quand un regard au médecin m’arrête au milieu de ma phrase : il a refermé mon dossier et le passe à l’infirmière. Je m’arrête au milieu de ma phrase. L’impression de gaspiller son précieux temps. Effectivement, il me demande "Autre chose?" euh… pour moi, c’est déjà pas mal, non ?
Abasourdie, je balbutie un « non, non… ». Je tente une question «et donc? Euhm... j’imagine que vous ne pouvez pas vous prononcer sur l’origine de ces douleurs… ? ... sans examens…», «Vous imaginez bien».
L’infirmière coche quelques cases sur des imprimés, pour une échographie et un frottis, reprend mes réponses aux questions d’avant pour remplir mon dossier et me tends les papiers. Je devrai les présenter au guichet où les gens font la queue pour obtenir un rendez-vous pour les examens et demander un nouveau rendez-vous avec le docteur pour qu’il m’informe des résultats.
Je ressors incrédule. La « consultation » a duré 3 minutes top chrono, dont 2 minutes pour remplir les formulaires. Je n’ai pas bougé de ma chaise, le gynéco a prononcé 4 phrases.
Délai d'attente pour une échographie : 2 mois
Dans la salle, je prends mon ticket de boucherie et attends sagement au guichet pour un rendez-vous. 15 minutes plus tard, la dame me propose un rendez-vous : le 23 décembre (on est le 1e décembre), mais en bonne expat, le 23/12, je serai en route vers les fêtes de Noël en famille. Autre possibilité : le 27/12. Je ne serai pas rentrée… Ah bon ben dans ce cas-là ce sera pour… le 5 février 2011. Dans plus de 2 mois. Ah, mais bonne nouvelle, le frottis peut se faire dès demain. Ah, mais le frottis sans l’échographie, n’aidera pas le gynéco à faire son diagnostic, non ? Il faudra donc attendre les résultats de l’écho pour revoir le gynéco, ou bien ?
Oui oui c’est ça, une fois que vous avez fait tous les examens, les résultats sont transmis directement au médecin et vous venez en consultation et il vous informe. Ok. Donc après le 5 février. Exactement, je peux vous proposer le 8 février.
J'ai beau m'être promis de pas faire la difficile, j'avoue que je ressors de l'hosto le coeur à l'envers. Malgré le soleil qui illumine le petit matin, j'ai tout à coup très envie de rentrer en France.
Dans l'épisode 3, je vous raconte la suite !
lunes, 7 de febrero de 2011
Voir un médecin en Espagne: visite au centre de santé à Madrid
...ou kafka chez les toros épisode quarante-douze. Un des aspects casse-pied de la vie quotidienne dans un autre pays d'Europe que le sien, c'est tout ce qui a trait à la santé.
En France :
J'en ai déjà parlé ici même, et les articles qui parlent du service public de santé versus médecine privée en Espagne abondaient déjà sur les blogs au temps où je me suis installée à Madrid (il y a 3 ans ans ces jours-ci!!) alors j'imagine que vous devez en savoir presqu'autant ou plus que moi ...
Mais comme ça fait longtemps et que c'est une des facettes tragi-comiques de la vie d'une franchute (lire "frantchouté", et non je ne suis pas tombée dans la drogue pour oublier combien la France me manque depuis 3 ans!) en Espagne, ben je vous sors ma dernière expérience en date.
En novembre, des douleurs abdominales récurrentes commençaient à m'inquiéter... Au bout de quelques semaines de douleurs quotidiennes plus ou moins fortes, je décide d'aller voir le médecin.
JE SUIS UNE WARRIOR
En principe, ce ne devrait plus être la même galère qu'à mon arrivée en Espagne. Je suis désormais aguerrie et en chat échaudé, après notre déménagement dans le quartier de Salamanca, et le vol simultané de mon portefeuille qui contenait ma tarjeta sanitaria, j'ai profité du mois d'août pour refaire toutes les démarches nécessaires pour avoir accès aux services de santé à Madrid :
J'ai refait faire mon empadronamiento (inscription au Padrón, registre de la mairie de quartier) et pas oublié cette fois que le certificat n'était valable que 3 mois. Munie de ce certif, d'une déclaration de vol au commissariat, de mon papier d'inscription à la sécu, prouvant que je cotise, de mon document NIE (numéro d'étranger en Espagne), de ma carte d'identité française et tout ça en photocopie et en original, je me suis inscrite dans le centre de santé dont dépend ma nouvelle adresse. Au cours de cette inscription j'ai bien précisé que ladite tarjeta sanitaria m'avait été volée et je me suis donc vue remettre un papier provisoire valable 3 mois, le temps de recevoir ma nouvelle carte.

VOIR UN MÉDECIN - et non pas ETRE VU(E) PAR UN MÉDECIN
Je suis donc assez confiante, même si cette visite dans un dispensaire où la moyenne d'âge chute brutalement quand j'entre dans la salle d'attente, n'est jamais très agréable. Mais le parcours du combattant paraît inévitable :
Epilogue
Depuis novembre, je n'ai plus de nouvelles de ma carte de santé dupliquée. ça fait de nouveau 3 mois, et le nouveau certificat va à nouveau expirer.
J'ai vu le gynéco mais je n'ai toujours pas eu d'échographie dans le service public...
Mais ça c'est une autre histoire...La suite de mes aventures au prochain épisode !
En France :
- Aller chez le médecin, c'est jamais un moment de plaisir, ne serait-ce que par définition, parce qu'on est malade.
- Mais on y va, il nous ausculte, nous parle, nous dit ce qu'on a, nous fait une ordonnance le cas échéant, puis on paie et on repart avec une idée de ce qu'on doit faire, prendre, ne pas faire pour guérir et aller mieux.
- Pour les filles, aller voir un(e) gynéco c'est une épreuve à laquelle on se soumet contrainte et forcée pour s'assurer que tout aille bien, avec plus ou moins de chance selon l'empathie du médecin,
- le système de santé public est certes gratuit et on ne paye absolument rien pour un diagnostic ou une opération,
- mais voir un médecin oscille entre le parcours du combattant et la plongée dans l'absurde,
- se faire ausculter relève d'un excés d'optimisme ou d'un simple mirage à mettre sur le compte de la fièvre,
- et l'épreuve du gynéco pourrait bien décider une anxieuse à reprendre dare-dare un aller simple direction l'Hexagone.
J'en ai déjà parlé ici même, et les articles qui parlent du service public de santé versus médecine privée en Espagne abondaient déjà sur les blogs au temps où je me suis installée à Madrid (il y a 3 ans ans ces jours-ci!!) alors j'imagine que vous devez en savoir presqu'autant ou plus que moi ...
Mais comme ça fait longtemps et que c'est une des facettes tragi-comiques de la vie d'une franchute (lire "frantchouté", et non je ne suis pas tombée dans la drogue pour oublier combien la France me manque depuis 3 ans!) en Espagne, ben je vous sors ma dernière expérience en date.
En novembre, des douleurs abdominales récurrentes commençaient à m'inquiéter... Au bout de quelques semaines de douleurs quotidiennes plus ou moins fortes, je décide d'aller voir le médecin.
JE SUIS UNE WARRIOR
En principe, ce ne devrait plus être la même galère qu'à mon arrivée en Espagne. Je suis désormais aguerrie et en chat échaudé, après notre déménagement dans le quartier de Salamanca, et le vol simultané de mon portefeuille qui contenait ma tarjeta sanitaria, j'ai profité du mois d'août pour refaire toutes les démarches nécessaires pour avoir accès aux services de santé à Madrid :
J'ai refait faire mon empadronamiento (inscription au Padrón, registre de la mairie de quartier) et pas oublié cette fois que le certificat n'était valable que 3 mois. Munie de ce certif, d'une déclaration de vol au commissariat, de mon papier d'inscription à la sécu, prouvant que je cotise, de mon document NIE (numéro d'étranger en Espagne), de ma carte d'identité française et tout ça en photocopie et en original, je me suis inscrite dans le centre de santé dont dépend ma nouvelle adresse. Au cours de cette inscription j'ai bien précisé que ladite tarjeta sanitaria m'avait été volée et je me suis donc vue remettre un papier provisoire valable 3 mois, le temps de recevoir ma nouvelle carte.

VOIR UN MÉDECIN - et non pas ETRE VU(E) PAR UN MÉDECIN
Je suis donc assez confiante, même si cette visite dans un dispensaire où la moyenne d'âge chute brutalement quand j'entre dans la salle d'attente, n'est jamais très agréable. Mais le parcours du combattant paraît inévitable :
- D'abord (mais ça fait partie du folklore), mon nouveau centre de santé est encore plus loin de chez moi que celui dont je dépendais quand j'habitais à Tirso de Moline. Il est à 15 minutes à pied, sans transports en commun pratiques. Ce qui est pas franchement pratique pour aller voir un médecin, quand on est malade (et l'un accompagne souvent l'autre curieusement, comme je le signalais plus haut).
- Mais passons. En principe donc, je dois simplement m'équiper de ma carte de santé et appeler le numéro indiqué aux horaires de bureau pour prendre rdv. Mais ma carte ne m'a toujours pas été expédiée.
- J'appelle donc le numéro d'assistance au patient indiqué sur le certificat papier qu'on m'a remis en août. J'ai de la chance, on décroche au bout de seulement 2 essais. J'explique à la dame en lui donnant mon numéro de sécu, que mon papelard provisoire est sur le point d'expirer, que je n'ai pas encore reçu la carte par courrier mais que je voudrais voir un gynécologue. Elle m'explique que pour voir un spécialiste il faut d'abord voir un généraliste, me donne un rdv avec le généraliste qui m'a été attribuée au cours de mon inscription, et quant à ma carte, elle me répond qu'apparemment elle m'a bien été envoyée, et qu'il suffira une fois au centre de santé que j'explique mon cas pour qu'ils refassent une demande.
- Même si voir un généraliste pour lui dire que tu veux voir un gynéco c'est une légère perte de temps, je raccroche agréablement surprise de son efficacité.
- Le jour du rdv arrive, je vais à mon centre de santé, et suivant les panneaux, me rends directement dans le couloir qui tient lieu de salle d'attente devant la salle, où, selon ce qu'on m'a indiqué par téléphone, reçoit "mon" médecin.
- Cette fois encore, j'ai beau être prévenue, les papis-mamis malades alignés sous les néons blaffards me rendent tout sauf joyeuse.
- Le docteur sort de son cabinet. Je me redresse, fausse alerte, c'est sa pause.
- Elle revient 15 minutes après, et fait l'appel des prochains patients en leur indiquant l'ordre dans lequel on devra rentrer.
- 3 patients plus tard, j'entre dans le cabinet, salue et m'assoie derrière le bureau. La femme n'a pas fait un geste vers moi et à peine levé la tête de son ordinateur. Je lui explique mes douleurs qui se sont fait plus fortes ces derniers jours. Je lui demande s'il serait possible de voir un gynéco rapidement, ou qu'elle-même me prescrive des examens pour aller plus vite.
- Elle m'explique que le médecin généraliste ne peut pas me prescrire l'échographie qui serait nécessaire,
- Seul le gynéco pourra me la prescrire.
- Et oui, ça peut durer et non, il n'y a pas de procédure rapide: soit les douleurs se font impossibles à supporter et c'est les urgences, où tous les examens seront fait gratuitement et instantanément, soit je reste dans l'état où je suis, qui ne représente pas une urgence, et je dois suivre la procédure normale.
- Elle rentre donc mon nom dans son intranet, pour qu'il apparaisse sur une liste d'attente pour obtenir un rdv chez le gynéco. On va m'appeler dans les 72h pour me proposer un rendez-vous as soon as possible.
- Elle me donne une ordonnance pour un rdv pour un frottis, ça elle peut me le prescrire directement et me donne même un numéro de téléphone d'une Matronne-dentiste (sic) pour le faire.
- 3 minutes après, la visite est finie. Je ressors avec mon sésame pour obtenir un rdv qui me donnera un autre sésame pour faire faire des examens.
- Je retourne dans le hall d'entrée pour passer au guichet régler ces histoires de tarjeta sanitaria. Je prends ma place dans la file d'attente et observe entre énervement et verguenza ajena, l'employé traiter avec mépris une jeune Sud-américaine qui est venue demander sa carte de santé.
- Lorsque l'employé l'a interrogée sur son statut, elle a indiqué qu'elle venait demander une carte de santé "parce qu'elle travaille en Espagne" mais selon les papiers de la sécu, elle n'a pas d'emploi déclaré. Ce qui visiblement autorise l'employé à lui faire une leçon de morale sur le fait qu'elle ne devrait pas raconter de mensonges. Comme en plus, elle n'a pas les photocopies des papiers, il la renvoit chez elle pour qu'elle revienne avec tous les papiers pour demander une carte, "en tant que sans-emploi" brâme le bon citoyen.
- C'est mon tour, je lui donne ma carte de santé provisoire que sa collègue m'a donné au mois d'août, périmée depuis la veille et lui demande de vérifier pourquoi ma carte ne m'a pas été adressée.
- Il m'explique que ma carte a été émise en 2008 et a été envoyée à mon ancienne adresse
- Je lui réponds que cette carte a été volée, raison pour laquelle lorsque je me suis inscrite auprès de leur centre de santé avec mon empadronamiento en août, je me suis fait remettre un papier provisoire... que je viens de lui donner.
- Il me jette d'un air fatigué que ce papier indique clairement qu'aucun duplicata n'a été demandé. Mais c'est ce que j'ai fait, lui dis-je, sinon pourquoi aurais-je ce certif provisoire, qui remplace la carte de santé, si j'avais encore la dite carte?
- Le système, me dit-il, indique que j'ai ma carte, elle n'a pas été annulée et ce papier n'a pour vocation que de me donner l'adresse du centre et le nom /horaires de mon médecin. Si ma carte a été volée, il a besoin de tous mes papiers (NIE, padron, sécu...) pour faire une demande de duplicata.
- Là, je perds mon calme et lui dis que non, je n'ai pas mon NIE avec moi, que j'ai déjà apporté tous ces papiers en août, raison pour laquelle on m'a remis ce papier portant le titre "Certificat provisoire valable en cas d'absence de tarjeta sanitaria" et que si eux ils font mal leur boulot je ne vois pas pourquoi je devrais moi en payer les conséquences... je travaille, je n'ai pas le temps de refaire la queue pour obtenir un nouveau padrón, et revenir au centre de santé, pour refaire une démarche QUE J'AI DEJA FAITE!!!! ce que je veux c'est une carte de santé! Le monsieur est outré par mes propos: que je les accuse eux d'avoir fait une boulette??! Mais de quel droit??? Pourtant, bien que scandalisé, il semble avoir repéré le problème et trouve un moyen de remplir les cases pour faire une demande de duplicata.
- Il me donne un nouveau papier provisoire, et me montre bien que sur ce papier là, il est indiqué qu'il s'agit d'une demande de nouvelle carte...
- Fin de la première partie de l'aventure! Je repars avec un nouveau papier et l'espoir que l'on m'appelle pour un autre rdv avec un gynécologue.
Epilogue
Depuis novembre, je n'ai plus de nouvelles de ma carte de santé dupliquée. ça fait de nouveau 3 mois, et le nouveau certificat va à nouveau expirer.
J'ai vu le gynéco mais je n'ai toujours pas eu d'échographie dans le service public...
Mais ça c'est une autre histoire...La suite de mes aventures au prochain épisode !
martes, 4 de agosto de 2009
Cette fois c'est la bonne : ma tarjeta sanitaria est là
Nan je radote pas.
Nan vous avez pas la berlue.
Je sais que j'ai déjà titré y a pas longtemps que j'avais obtenu ma tarjeta sanitaria mais pour ceux qui avaient pas bien lu les petits caractères, je rappelle que ce n'était qu'une carte provisoire, un pauvre papier de rien du tout, valable pour 3 mois...
Mais là c'est différent, cette fois-ci c'est la bonne et c'est suffisamment un événement pour que je vous en fasse part à nouveau : près d'un an après mon inscription à la sécurité sociale espagnole et ma première cotisation sociale en septembre 2008, j'ai ma carte de santé, ma tarjeta sanitaria, ma carte bleue à bande comme vous avez votre carte verte à puce... Il est jamais trop tard !
Contre toute attente (défiant même les pronostics de la madame du guichet de mon centre de santé), cette jolie carte plastifiée m'est parvenue en moins de 3 mois !! Et même en un mois en fait... j'ai fait ma demande le 30 juin et je l'ai reçue il y a quelques jours, fin juillet.
ET... elle est valable 4 ans, jusqu'en 2013 !!!
Alors moi qui suis toujours si prompte à dégainer mes critiques et dégommer l'admistration espagnole, pour une fois que les choses se passent plutôt mieux que prévu, je me devais de vous le rapporter. Je suis trop sympa, je sais. ça vous empêchait de dormir, cette histoire, autant que moi...
Ceci devrait donc être l'épilogue des aventures de Paquerette au centre de santé, au moins pour la partie "comment je fais pour pouvoir envisager d'être soignée éventuellement peut-être, svp-merci, en Espagne"...
PS : et maintenant, je m'attaque à mon inscription au consulat !
Motivée !
Vous voilà rassurés ? Il y en aura donc encore des aventures de Paquerette et l'administration !
Enfin... je m'y mets à mon retour de vacances hein, faut pas provoquer la chance, non plus...
Nan vous avez pas la berlue.
Je sais que j'ai déjà titré y a pas longtemps que j'avais obtenu ma tarjeta sanitaria mais pour ceux qui avaient pas bien lu les petits caractères, je rappelle que ce n'était qu'une carte provisoire, un pauvre papier de rien du tout, valable pour 3 mois...
Mais là c'est différent, cette fois-ci c'est la bonne et c'est suffisamment un événement pour que je vous en fasse part à nouveau : près d'un an après mon inscription à la sécurité sociale espagnole et ma première cotisation sociale en septembre 2008, j'ai ma carte de santé, ma tarjeta sanitaria, ma carte bleue à bande comme vous avez votre carte verte à puce... Il est jamais trop tard !
Contre toute attente (défiant même les pronostics de la madame du guichet de mon centre de santé), cette jolie carte plastifiée m'est parvenue en moins de 3 mois !! Et même en un mois en fait... j'ai fait ma demande le 30 juin et je l'ai reçue il y a quelques jours, fin juillet.
ET... elle est valable 4 ans, jusqu'en 2013 !!!
Alors moi qui suis toujours si prompte à dégainer mes critiques et dégommer l'admistration espagnole, pour une fois que les choses se passent plutôt mieux que prévu, je me devais de vous le rapporter. Je suis trop sympa, je sais. ça vous empêchait de dormir, cette histoire, autant que moi...
Ceci devrait donc être l'épilogue des aventures de Paquerette au centre de santé, au moins pour la partie "comment je fais pour pouvoir envisager d'être soignée éventuellement peut-être, svp-merci, en Espagne"...
PS : et maintenant, je m'attaque à mon inscription au consulat !
Motivée !
Vous voilà rassurés ? Il y en aura donc encore des aventures de Paquerette et l'administration !
Enfin... je m'y mets à mon retour de vacances hein, faut pas provoquer la chance, non plus...
martes, 30 de junio de 2009
J'ai ma tarjeta sanitaria ! La santé en Espagne épisode ...

enfin presque...
j'ai profité des horaires d'été de ma boîte (je travaille de 8h à 15h) pour me rendre à mon centre de santé, à la bonne adresse cette fois.
J'avais mon nouveau certificat de domiciliation (empadronamiento) bien valide (voir épisodes précédents : previously on la migration), mon NIE, mon certificat d'affiliation à la sécurité sociale et une bonne dose de pessimisme.
Le cœur battant, j'ai donné les papiers à la dame derrière le comptoir, le cœur battant je l'ai vue tourner et retourner chaque feuille dans tous les sens... et puis elle m'a demandé si j'étais plutôt du matin ou de l'après-midi... m'a demandé un numéro de téléphone et puis m'a tendu un papier.
Sur le papier, tous les renseignements me concernant et le nom du médecin traitant qu'on m'a attribué, que je peux venir voir de 8h à 12h en prenant rdv avant par téléphone.
Explications prises, il s'agit d'une "carte de santé" provisoire, un certificat valable 3 mois, mais d'emblée elle me dit que si dans 3 mois et demi je n'ai pas reçu la carte plastifiée, je ne dois pas m'affoler, c'est normal. Je devrai revenir et ils me referont une carte provisoire...
On ne rigole pas...
Mon intégration avance à grand pas !
domingo, 10 de mayo de 2009
Kafka chez les toros : la santé en Espagne
J'ai pas la grippe A mais quand même...
L'été a fait une première apparition cette semaine à Madrid : grand soleil, 29°, que du bonheur ! Enfin ç'aurait pû être que du bonheur, si ces changements de temps un peu brutaux ne m'avaient pas fait choper une crève carabinée... et plonger dans l'enfer administratif une nouvelle fois.
Mercredi impossible de me lever. J'appelle mon patron pour le prévenir, qui me dit gentiment qu'il faut que j'aille chez le médecin. Parce qu'il se préoccupe de ma santé, certes, mais aussi parce qu'il me faut un mot du médecin pour rater le boulot.
Direction le centre de santé
Qu'à cela ne tienne, un peu dans les vapes, je rassemble les papiers qu'il faut présenter pour m'inscrire au dispensaire dont je dépends et obtenir ma carte de santé (Pour ceux qui auraient lu mon article sur l'empadronamiento et la carte de santé de janvier, non, je ne l'avais pas fait jusqu'ici ! Que voulez-vous, mon deuxième prénom c'est "Procrastinación" : j'ai une fâcheuse à remettre au lendemain ce que je peux faire le jour même et depuis janvier, non, je n'ai toujours pas fait faire ma carte, mea culpa!). En théorie, je dois présenter mon certificat d'empadronamiento et un justificatif d'inscription à la sécurité sociale, contre quoi on m'attribuera une carte et un médecin traitant, qui me traitera sans frais.
Les papiers sous le bras, je me mets en route. Le trajet jusqu'au centre de santé en question dure 15 minutes à pied, d'habitude. Là, dans les rues encombrées d'un petit matin madrilène, il me paraît durer le double, mais la pensée qu'un médecin et le sésame pour aller se recoucher sont à la clé m'aide à avancer.
Acte 1, scène 1
... où l'on s'aperçoit de l'importance de rentrer dans les cases
J'arrive au centre de santé. J'ai bien fait de venir tôt, me dis-je : il n'y a que 3 personnes dans la file d'attente et 3 personnes derrière le guichet pour traiter les dossiers, mon tour arrive vite. J'explique à la dame ce qui m'arrive et lui demande, confiante, qu'elle m'inscrive pour qu'on puisse m'attribuer un médecin et qu'il puisse m'ausculter. Je lui tends mon certificat d'empadronamiento et un certificat de contrat de travail, qui prouve que je cotise bien à la sécurité sociale et porte mon numéro d'affiliation.
La tête de la personne derrière le guichet se fait dubitative puis sévère. Elle me demande en examinant le certificat de contrat de travail sous toutes les coutures, ce que c'est que ce papier. Je lui lis le titre du document... elle me regarde d'un air mi-ironique mi-sceptique et me demande si je travaille en Espagne. Même si la question paraît absurde vu qu'elle tient en main la preuve que oui, j'acquiesce docilement et lui dis depuis quand. Elle reprend le papier et me dit "Désolée, Señorita, ça ne va pas, ce n'est pas un papier officiel de la sécurité sociale, mais de l'INEM, et il ne porte pas votre numéro d'affiliation à la sécu..."
Je lui montre d'un doigt tremblant la case où c'est écrit, par dessus le guichet. Elle me répond Oui, mais l'INEM c'est pas la sécurité sociale : le numéro pourrait être éronné, puisqu'il a été tapé par une tierce personne, cette personne pourrait s'être trompée, donc ce n'est pas valable...
Et elle me rend la feuille, qui, soit dit en passant, porte le seing du ministère du travail, dont dépend la sécurité sociale ET l'INEM. Je me sentais déjà pas en forme mais là je sens que je vais pas avoir l'énergie de me battre... je suis fatiguée, j'ai de la fièvre, je veux juste voir un médecin s'il vous plaît... les larmes commencent à couler... La dame se radoucit et me dit qu'elle va me donner un rendez-vous avec un médecin, mais qu'ensuite il faudra que je revienne pour faire mes papiers.
Acte 1, scène 2
... où l'on s'imprègne des couloirs du dispensaire
Elle rentre donc mon nom dans sa machine, puis me donne un papier portant l'heure de mon rendez-vous (9h38) et m'indique le couloir où attendent déjà une dizaine de personnes. Je fais baisser la moyenne d'âge de 30 ans, en m'asseyant sur un des sièges de ce qui m'apparaît comme un mouroir.
Au bout de 20 minutes, un médecin passe la tête par la porte et j'entends mon nom. Je me lève. Mon bonheur est de courte durée : je dois retourner à l'accueil, car il y a une erreur.
Je retourne donc au guichet, attendant du regard que la petite dame veuille bien . On me tape sur l'épaule : c'est un petit vieux furibard, qui attend son tour et ne veut pas que je lui passe devant. Je baragouine comme je peux que je ne veux pas lui prendre sa place mais les autres patients s'en mèlent... je dois faire la queue comme tout le monde ! Je laisse passer ces gens en attendant que la dame de l'accueil me fasse un signe et me donne un autre papier, en m'indiquant cette fois la salle 7.
Je me dirige donc vers un second couloir, en sous-sol cette fois, et attends sous les néons blafards. Dix minutes passent, un autre médecin m'appelle et cette fois c'est la bonne !
Acte 2 - La consultation express
... où l'on comprend que les médecins madrilènes fassent grève pour plus de moyens.
Le médecin me demande mes symptômes, m'ausculte en 10 secondes et en 15 secondes supplémentaires m'imprime l'ordonnance et un justificatif d'absence. Lui arrive très bien à voir mon numéro de sécu sur le papier de l'INEM, comprend pas bien qu'on n'ait pas accepté ce papier officiel, mais il prend 10 secondes de plus pour me dire "Désolé, Señorita, sans carte de santé, je ne peux pas vous donner de "baja", vous mettre en arrêt maladie".
En moins de 5 minutes je suis sortie de la consultation avec un diagnostic : c'est un rhume, et une prescription : du paracétamol !
Acte 3, scène 1
... où l'on découvre que le padron a une date de validité
Je rentre chez moi, en marchant à deux à l'heure sous le soleil qui commence à taper. Une demi-heure plus tard je refais le chemin en sens inverse avec mon certificat portant mon NIE, celui de l'empadronamiento et de la sécurité sociale. Cette fois, il y a plus de queue et j'attends à nouveau 10 minutes debout pour qu'on me donne cette maudite carte de santé.
Une autre employée prend mes papiers, rentre mon NIE dans la machine, en butant sur mes nom (1 seul et pas 2) et prénom (3 au lieu de 2), avant de me regarder gênée pour me dire "... il y a un problème, Señorita, votre certificat d'empadronamiento est expiré". Incrédule, je lui demande comment c'est possible. Elle me dit qu'il date de janvier et que ce papier-là n'est valable que 3 mois. Mon certificat date du 26 janvier, on est le 5 mai... ça fait donc moins de 8 jours ouvrables que le papier n'est plus valable...
Là je me transforme en fontaine, les joues en feu, hoquetante, reniflante, je suis juste épuisée, je viens de faire deux allers-retours et plus de 45 minutes de queue alors que je voudrais être au fond de mon lit pour m'entendre dire ça ! Cette fois, on me prend en pitié. La dame se dit que pour 8 jours, au fond, elle peut bien faire une petite entorse au règlement. Elle entreprend donc de m'établir une carte de santé !
Acte 3, scène 2
... où l'on comprend qu'on n'est pas de taille à lutter contre la machine
Je me crois sauvée, me mouche et sèche mes larmes, qui commençaient à laisser des sillons sur mes joues, quand je vois son visage changer de couleur. Une ombre passe. Elle tourne la tête ennuyée vers sa collègue qui s'est occupé de mon cas ce matin et lui demande si elle a la liste des centres de santé.
Elle regarde 15 fois dans ses papiers, bredouille, elle est super emmerdée, puis lève la tête vers moi et m'annonce avec un ton endeuillé : Señorita, il y a un problème : vous ne dépendez pas de ce centre.
C'est presque à en rire : la rue où j'habite dépend bien de ce centre, mais seulement les numéros de 1 à 17. Le numéro 16, où j'habite, fait partie des numéros 4 à 22, les pairs donc, qui dépendent d'un autre centre, à l'autre bout du quartier. D'où l'erreur de la personne qui m'avait indiqué ce centre la 1e fois.
Acte 4
Cette fois, j'ai même plus la force de pleurer... je ramasse mes papiers, remercie ces dames pour leur patience (elles sont plus emmerdées que moi au final!!) et remonte les pentes du barrio de las letras sous un vrai cagnard, avec mon rhume ridicule et ma tête en chou-fleur.
Evidemment, 30 minutes plus tard, arrivée en sueurs à l'accueil de l'autre centre, la dame de l'accueil ne veut rien entendre : mon certificat est expiré, un point c'est tout. Je dois donc en refaire faire un et revenir et c'est tout.
Fin : Je suis rentrée me coucher, j'ai déclaré forfait.
Moralité : vive la simplicité
Je sais bien que c'est facile de râler en bonne franchute*, de faire mon expat' chiante qui tombe des nues et défaille devant les procédures absurdes d'un pays d'accueil qui porte mal son nom.
Je sais bien que quand on remet toujours au lendemain et qu'en plus on ne lit pas les petits caractères sur les imprimés, après faut pas venir se plaindre que l'administration espagnole est inhumaine, kafkaïenne et liguée contre moi !
Je sais que c'est en partie ma faute, mais tout de même, il y a des fois où on se sent tellement impuissant, pris dans les rouages de la machine, qu'on se prend à rêver d'un peu plus de simplicité et de clarté...
La suite au prochain numéro de Kafka chez les toros !
PS : Pour info, voulant aussi faire dans l'utile et pas seulement dans les lamentations, je viens de chercher sur le site de la mairie de Madrid, une liste ou un mode d'emploi des centres de santé que je pourrais publier, un lien pour faciliter la vie aux potentiels volontaires à l'immigration arrivés sur ce blog.
J'ai pas trouvé... et au bout de 5 minutes, j'ai déclaré forfait.
Encore.
Un peu plus de clarté, je disais !!
*nom dont nous affublent les Espagnols, lorsqu'ils parlent des Français et de leurs défauts : sempiternelles râleries ou complexe de supériorité...
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