miércoles, 16 de abril de 2014

Post-scriptum... Expat' à long terme


La migration ne s'est pas terminée encore,
et ce blog n'est pas totalement mort!

On aurait pu en douter, c'est vrai, à en juger par la fréquence des derniers posts et surtout par un silence de près de trois ans, à quelques jours près!

Pourtant je suis toujours à Madrid et avec des tas d'anecdotes accumulées pendant tout ce temps! Mais il est vrai que le format blog d'expat' quand on est installé depuis six ans dans un pays, n'est plus forcément le plus adapté pour raconter ses expériences.


L'expatriation, c'est un peu comme certaines relations amoureuses...
Au départ on se découvre, on s'émerveille,
et puis, passé l'attrait de la nouveauté, on s'installe.
On se connaît, on s'aime certes, ce n'est pas pour rien qu'on s'est engagés, mais on est moins "étonné et ravi". On fait partie du paysage, qui ne nous dépayse plus tellement. On s'agace, on s'exaspère, puis on se détend à nouveau, avant la prochaine contrariété, la prochaine crise...
Et l'écueil de l'habitude se profile.
Il faut parfois faire un effort pour ne pas figer l'autre dans l'idée qu'on s'en est faite, pour "se souvenir des belles choses"...  Il faut garder son oeil neuf, ce qui n'est pas toujours évident, et, parfois, réinventer des raisons d'aimer, des raisons de rester. 


Il s'est produit, pour la cigogne aussi, ce désamour.
Il y a eu les moments de doutes, provoqués par certaines réflexions dans le milieu du travail, par le manque de perspectives dans un pays que la crise a rendu plus dur 
Il y a eu le ras-le-bol devant les formalités administratives toujours plus compliquées pour rester en règle quand on vit entre deux pays, ou plus légèrement par une énième errance au supermarché du coin, fatiguée de ne toujours pas trouver les produits qui faisaient la base de mon alimentation de bobo parisienne!

Et puis, l'amour est revenu.
Il a été facile de retrouver le sourire au soleil des terrasses madrilènes, j'ai râlé à Paris quand le serveur m'a balancé sans un mot une addition aussi salée qu'un menu del día pour une malheureuse mousse... J'ai souri en arrivant à Barajas et en entendant les commentaires sur les joueurs de foot dont j'ai fini par connaître le nom(!) dans la radio du taxi qui me ramenait à la "maison"...  

Enfin, la question s'est posée et se pose toujours : faut-il "rentrer"? 
Mais "rentrer" où? 
Car au bout de 6 ans, apparaît un étrange sentiment, inconnu, inattendu...
On n'est plus totalement chez soi nulle part. Et on ne sera plus vraiment chez soi ailleurs, d'ailleurs...
On a beau râler contre certains travers de notre terre d'accueil, on est pas sûrs que l'endroit qu'on a quitté il y a longtemps sera(it) beaucoup mieux.   
Une fois "rentré", une fois réhabitué, le "Heimweh" que l'on ressent parfois sera remplacé par la nostalgie de la douceur de vivre madrilène.

Mais le "retour" n'est pas encore au programme, alors en attendant, il y a encore bien des choses à partager et à raconter sur la vie à Madrid, sous un nouvel angle...

A suivre! 

2 comentarios:

Amaury Bony dijo...

Bonjour !

J'ai 25 ans, je suis diplomée d'une licence d'espagnole, je fais des boulots à droite à gauche sans grande conviction et depuis quelque temps j'ai bien envie de tenter l'aventure " trouver un job et vivre à Madrid". Je suis tombée sur votre Blog par hasard, je le trouve top et super bien écrit, et je dois dire que je m'attendais pas à ce que la recherche d'un emploi soit aussi compliquée... bien sur j'ai eu connaissance de la crise en Espagne mais je pensais qu'elle était derrière. Du coup je n'irai pas jusqu'à dire que je suis un peu désespérée mais je dois avouer qu'il faut s'accrocher ! merci pour votre témoignage :)

carolina

Paquerette dijo...

Bonjour Carolina,

il est vrai que la crise est en train de s'éloigner de l'Espagne. La croissance reprend et il est très probablement plus facile aujourd'hui d'y trouver un job qu'il y a 2 ou 3 ans. Mais elle a laissé des traces: si les conditions de travail étaient moins bonnes qu'en France lorsque j'ai travaillé là-bas (je suis rentrée d'Espagne en mai dernier), les mesures anti-crise qui ont été prises par le gouvernement conservateur permettent aujourd'hui aux employeurs de proposer des salaires encore plus bas, avec des licenciements "facilités".
C'est la flexibilité, sans la sécurité!
Il n'empêche, si tu es motivée, je t'encourage à continuer à chercher: en qqes mois, j'ai vu plus d'offres pour francophones passer (sur Madrid en tout cas) qu'en qqes années! Sur FB et twitter il y a un groupe qui les recense. Moi je les ai vues par le biais de Mômadrid. https://www.facebook.com/M%C3%B4madrid-121732411270935/?fref=ts
Et puis la vie est tellement plus douce sous le soleil madrilène, que le jeu en vaut la chandelle ;)
Bon courage et merci d'être passée par ici!