domingo, 11 de julio de 2010

A Madrid, drapeaux espagnols et compte à rebours pour la finale du mondial

L'équipe de foot espagnole, la selección, est en finale de la coupe du monde... Dans quelques heures, la roja (la rouge) affrontera les Pays-Bas et, pour la première fois depuis que cette compétition existe, l'Espagne a une chance de devenir championne du monde de football.



Dans un pays où le football est un sujet de discussion aussi sérieux que la religion, où les fans de l'Atletico détestent cordialement ceux du Real Madrid, l'euphorie est palpable. Déjà il y a deux ans, lorsque la selección avait gagné la finale de la Eurocopa, la coupe d'Europe, ce fut une grande fête nationale qui me rappelait 1998, l'année où les bleus vainqueurs de la coupe du monde avaient fait que bien des Français avaient passé l'été le sourire aux lèvres.

La fontaine de Cibeles, depuis quelques jours, arbore le drapeau comme cape, tout comme son collègue Neptune, à quelques centaines de mètres de là...

Là, on prend les mêmes qu'en 2008 et on recommence... mais puissance 10, puissance 1000.
Où qu'on regarde à Madrid, quelque soit la rue, le quartier, l'immeuble, les taxis, les magasins : partout les drapeaux rouge et or ont fleuri. Dans la chaleur pesante de l'après-midi, un cri perce le silence de l'heure de la sieste "España, España", puis un pétard... il y a quelque chose dans l'air... une attente joyeuse, une tension...



Toutes les TV, les radios, les pages internet diffusent des images de tous les fans de tous les endroits du pays, tous habillés de rouge et jaune, aux couleurs de l'équipe nationale.
Et bien, même si ça me paraît éxagéré, même si je suis allergique au foot entre clubs en temps normal, où je vois un étalage de fric indécent et un catalyseur de toutes les batailles identitaires les plus rances, je dois dire que je me joins à la fête, j'attends le match de ce soir avec impatience et je croise les doigts pour que la roja gagne...

L'Espagne mérite de gagner le mondial
Pourquoi ? Dans mon cas, c'est bien plus pour le pays que pour des raisons sportives. Parce que cette équipe me paraît être à l'image de l'Espagne d'aujourd'hui : dotée de qualités indéniables, avec quelques éléments exceptionnels mais qui n'oublient pas d'être humbles, crispée et qui mérite mieux, qui mérite un peu (beaucoup) d'optimisme et de confiance en elle.

Marre de la crisis...
Cela fait deux ans que je vis ici, et la crise est en toile de fond d'une Espagne qui perd peu à peu toute perspective d'avenir et toute volonté d'aller de l'avant. 20% de chômage sans que les Espagnols sortent dans les rues, 5 à 10% de baisse de salaire des fonctionnaires, (parmi les mesures d'austérité budgétaire), les mauvaises nouvelles qui ne cessent de pleuvoir ont comme paralysé le pays. Persuadés à nouveau d'être vus comme un pays du tiers-monde par les autres Européens, les Espagnols font leur auto-critique ou se critiquent mutuellement, lorsqu'ils s'agit des politiques, et tous attendent confusément que la situation s'améliore...

Il me semble que pour tous les Espagnols, l'élan que peut donner une victoire serait mérité. Le foot parfois peut être plus qu'un sport, il peut galvaniser un pays, le faire rêver, indistinctement, sans que compte pour une fois l'origine sociale ou raciale. Une victoire, c'est de la joie, simple, une unité, une alchimie qui peut se créer autour d'une équipe.

Fier d'être espagnol?
Au-delà de la conjoncture économique morose actuelle, les Espagnols en ont besoin aussi, à mon avis, pour avoir pour une fois un symbole national et étatique qui les unissent au lieu de les diviser (je sais c'est très jacobin comme vision des choses, mais je ne me referai pas) : "La roja es de todos"... basques, catalans, galiciens, ou castillans, soutiendront la roja ce soir et beaucoup agiteront en cas de victoire le drapeau espagnol.


Or, je m'aperçois que les complexes que nous pouvons avoir, les français du centre et de gauche vis-à-vis d'une certaine fierté nationale, du drapeau, de la marseillaise, etc. sont peu de choses au regard du complexe qu'ont la majorité des Espagnols vis-à-vis des symboles de l'Etat espagnol. Il est mal vu d'être patriote... Pour beaucoup, le drapeau rouge et or est symbole de la droite, de la monarchie, d'une certaine Espagne qui regrette Franco, de l'imposition de l'Etat espagnol sur les autonomies et les minorités.

Là, si quelques uns de nos amis sont mal à l'aise de voir tant de drapeaux partout, la majorité est heureuse d'abandonner ses complexes et de pouvoir pour une fois, être fier d'être espagnol sans y penser, mettre un drapeau bicolore à leur balcon, et remiser pour un temps le drapeau rouge, jaune et violet, symbole de la république, sans se demander si c'est être fasciste, mais simplement participer à une fête générale...

"moment historique", "rêve"... enfin, fiesta comme il se doit...


Mais j'imagine que peu de gens pensent à tout cela en ce moment... alors place à l'ambiance justement : mettons nos T-shirt de la sélection (ou pas, parce que le rouge et le jaune ne me vont pas), et allons nous joindre à l'ambiance de feu!

"A por ellos" comme vient de crier un voisin...

Pour suivre la fête en direct sur internet, il y a eskup, le réseau social de El país, et pour lire un témoignage sur le rapport à la fierté nationale d'un Madrilène il y a es madrid no madriz (blog en espagnol d'où sont tirées les photos de cibeles et neptune)

mise à jour 18:07,
il y a aussi mdetaillac sur France Info pour suivre le match !

1 comentario:

Atapuerkiko dijo...

PODEMOS!!!! Además, como dice nuestra amiga Belguza, los holandeses son lo peor de Europa, que caen muy bien pero en el fondo son unos pesados, jaja. !!!GANAREMOS!!!